‹ De Ll'hémicraniectomie TemporaireChapitre 10 sur 58 · TRANSPLANTATION HÉTÉROGÈNE · texte numérisé non relu

TRANSPLANTATION HÉTÉROGÈNE

L'hétéroplastie offre sur l’autoplastie l’avantage de permettre la restauration de brèches osseuses beaucoup plus étendues. L'idée n'en est pas nouvelle, puisque les naturels des îles Pomotou et de la mer du Sud employaient des fragments de noix de coco {1) et que les anciens chirurgiens plaçaient une pièce d'or sous la peau du crâne : ce quia fait dire à Ambroise Paré : « Je crois que bien plus tost ils la mettaient en leur poche.»

Si ancienne soit-elle, la question est encore à l'étude. Les plaques métalliques primitives étaient trop bonnes conductrices de la chaleur. Employées au commencement du siècle, elles ont été

abandonnées à la suite de cas de mort, attribués par Larrey à l'insolation.

(4) Terrier et Péraire. — L'opération du trépan. 1895.

Là

Les propriétés spéciales de l'aluminium ont désigné ce métal pour de nouvelles tentatives. Les résultats ont élé médiocres, et ces corps étrangers ont dû être enlevés (Booth et Farguhar Curtis), afin d'éviter des accidents inflammatoires locaux.

L'emploi des plaques de celluloïd a été particulièrement discuté à Berlin. Fraenkel, qui les applique depuis 4890, leur reconnaît les avantages suivants : elles évitent les adhérences de la cicatrice, diminuent les chances de hernie du cerveau, protègent ce dernier contre les traumatismes extérieurs. Tout serait pour le mieux si la plaque n'était pas déplacée par les battements du cerveau, ou par l’accumulation du liquide céphalo-rachidien, ainsi qu'en témoignent les cas de Berger, Postempski, Cerné, etc.

La suppuration est également à craindre, et l'élimination se produit le plus souvent, comme le fait observer Von Eiselsherg, au bout d’un temps même très long, alors que la plaie parait étre cicatrisée, et que le succès opératoire semble assuré.

Ces accidents ne sont pas toujours évités en n’obturant le crâne que secondairement et tardivement, comme le fait von Winiwarter, ni même en perçant quelques trous dans Ja Jame de celluloïd (Billroth).

Le professeur Berger (1), qui avait suivi cette pratique, a dû, en présence d'accidents graves, enlever la plaque le cinquième jour. Il a vu ainsi cesser tout symptôme inquiétant.

Hinterstoïsser (2) emploie une variété de celluloïd si transparente que toute accumulation de pus ou de sang sons la plaque est facile à reconnaître, à condition, bien entendu, de ne réunir la peau que secondairement ; ce qui expose encore plus à l’infection de cette plaie demeurée ouverte et aux accidents consécutifs.

La conclusion de toutes ces méthodes est que le seul procédé sûr de réparer une perte de substance est de réimplanter l'os vivant et non séparé des parties molles, c’est à dire de pratiquer la résection temporaire de Wagner.

(4) Berger. — Sociélé de Chirurgie, 1890, p. 602. (2) Hinterstoïsser. — Wien. Klin. Woch, 1891, p. 302

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