‹ De Ll'hémicraniectomie TemporaireChapitre 34 sur 58 · JO ES · texte numérisé non relu

JO ES

côté gauche. Perte de connaissance. Ecume. A l'examen ophtalmoscopique; double papillite avec hémorrhagie rétinienne, surtout à gauche. Le 14 août, attaque violente de 10 minutes. Les crises deviennent plus fréquentes et sont presque toujours générales. Le malade, qui est depuis le mois de janvier dans le service du professeur Cornil, est alors conduit par le Dr Toupet chez le Dr Doyen. Le diagnostic de tumeur cérébrale au niveau de la zone motrice droite est aussi précis que possible. Il s’agit probablement d’un tubercule cérébral, car l’arthrite du genou ést nettement tuberculeuse de même que l’abcès péricostal. Le malade, qui souffre de violents maux de tête, réclame l'intervention.

OPÉRATION. —— Le 23 octobre 1895, hémicräniectomie droite avec l’instrumentation à main. La dure-mère, largement incisée au niveau de la zone motrice, est rabattue sous forme de lambeau, pour découvrir cette zone ; l’écorce apparaît absolument saine. Le palper permet alors de découvrir une induration profonde et assez étendue, sous-jacente au centre moteur du bras. Le cerveau incisé sur une profondeur de 15 millimètres environ, le bistouri tombe sur une masse dure, de la consistance d’une pomme de terre, et dont une parcelle, du volume d’une noisette, est enlevée à la curette. L'opérateur reconnaît alors que le volume de la tumeur est beaucoup plus considérable qu’on ne le supposait ; il la contourne à l’aide d'une rugine courbe, la détache du tissu cérébral avec lequel elle fait corps et bientôt extrait au dehors toute la masse, qui offre le volume d'un œuf de dinde. Le malade présente à ce moment un shock non douteux. On-pratique une injection de sérum, la dure-mére est recousue en partie, le lambeau réappliqué et la peau suturée sans drainage.

Guérison apyrétique,.

L'inoculation de la tumeur détermine chez le cobaye une tuberculose bacillaire typique La masse est assez homogène ; le tissu cérébral enlevé avec elle sur une épaisseur de quelques millimètres est absolument sain, et séparé par une ligne de démarcation très nette de la masse morbide qui est un gros tubercule cérébral. Le docteur Toupet a réussi à Eee les bacilles sur des coupes microscopiques.

L'inégalité pupillaire disparait. Il en est de même des douleurs de tête. La paralysie du bras gauche persiste ; la parole est lente ; l'intelligence demeure obtuse ; mais le malade est satisfait d’être débarrassé des maux de tête et des crises épileptiques. Il est pris en décembre d’une pleurésie gauche. Les lésions tuberculeuses dèjà signalées s’aggravent, et la mort survient par suite des progrès de la cachexie tuberculeuse au milieu de janvier 1896.

L'examen des pièces est pratiqué par le professeur Cornil, il constate une pleurésie tuberculeuse double, avec épaississement de la séreuse qui

atteint. 1 centimètre 1/2 des deux côtés. Carie costale droite. Tuberculose des deux capsules surrénales, qui ont le volume d'un œuf de poule, Aucun signe de maladie bronzée.

Le cerveau est enlevé en masse par un trait de scie horizontal passant au niveau de la base du crâne, et durci dans le formol à 4 0/,. Le lambeau osseux était cicatrisé avec un soulèvement de 2 à 3 millimètres. On constatait aisément, le jour où la pièce a été recueillie, que l’emplacement de la tumeur était occupé par un kyste séreux.

Une coupe pratiquée après durcissement montre un vaste kyste Séreux dont le contenu, durci par le formol, offre une consistance gélatiniforme et se montre transparent dans la partie inférieure, opaque dans la partie supérieure, où s'est rétracté, sans doute, le caillot fibrineux. L'examen , histologique des parois du kyste, pratiqué par le professeur Cornil et le docteur Toupet, démontre qu’il était limité par une enveloppe fibreuse de 2 à 3 millimètres d'épaisseur, et qu’en dehors le tissu cérébral était absolument sain. Cette particularité est très intéressante, puisqu'elle démontre l'absence de toute réaction cellulaire de quelque intensité, à la suite d’une opération aussi étendue et aussi grave. La seule amélioration, qui pouvait être obtenue, la disparition des crises et des maux de tête, a été réalisée. La paralysie et la contracture post hémiplégiques n’avaient pu être évitées, puisqu'il s'agissait ici d’une dégénérescence tuberculeuse du cerveau lui-même, et par suite, de l’ablation d’une étendue considérable de substance cérébrale dégénérée et envahie par la tuberculose.

Il n’en eût pas été de même si l’on avait eu la bonne fortune de rencontrer une tumeur enkystée comprimant le cerveau.

La moelle, examinée au microscope, était atteinte à gauche d’une-dégénérescence complète du faisceau pyramidal, s'étendant jusqu’à la partie inférieure du renflement lombaire, c'est à dire d’une destruction complète de son faisceau moteur descendant. Il est à noter que les crises d’épilepsie jacksonienne étaient en relation ici, non pas avec une tumeur de l'écorce, mais bien avec une tumeur cérébrale profonde. La dégénérescence des nerfs optiques était due à une compression de voisinage.

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