OBSERVATION XI
F., 40 ans. — Crises d’épilepsie essentielle depuis l’âge de 20 ans. Les crises, dans les premières années survenaient seulement deux ou trois
fois par mois, le jour. Dans les derniers temps, on observait des attaques journalières. Etat général grave. Affaiblissement intellectuel rapide, hébétement.
OPÉRATION. — Le 9 décembre 4895, crâniectomie temporaire très étendue, à l’aide de l’instrumentation électrique. Large débridement dela dure-mère. Suites normales, malgré la difficulté qu’on éprouve à faire garder à la malade son pansement.
L'opération n’est suivie d’aucune amélioration. La malade meurt au bout d’un mois, le 7 janvier 1896.
OBsERvATION XII.
G., 9 ans. — Idiotie. Facies hébété. Saillie des bosses frontales.
OPÉRATION. — Le 18 janvier 4896, hémicräniectomie très étendue en avant, jusque près de la ligne médiane, afin de vérifier s’il n’y a pas là une lésion probable de compression. (Instrumentation électrique).
Le pariétal offre une épaisseur normale ; le frontal, au contraire, s’épaissit à partir du bregma, au point d'offrir une épaisseur de 30 millimètres au niveau de la bosse frontale, si bien que si lopérateur n'avait pas eu à sa disposition l’instrumentation électrique, et le moteur puissant que nous avons décrit, la mobilisation de la périphérie antérieure du lambeau aurait exigé l'emploi du ciseau et une percussion trés violente exposant à des accidents immédiats.
La libération de la dure-mère permit de constater que les circonvolutions, au niveau de la zone motrice et du pied des frontales, étaient abso-. lument anormales, et présentaient, au fond d’une dépression correspondant à l'hyperostose crànienne, de petites saillies hémisphériques, grosses comme des petits pois, et irrégulièrement distribuées, témoignant d’une malformation originelle du cerveau. L'enfant, probablement affaibli par l’opération, qui avait été plus laborieuse que de coutume, étant donnés l’épaisseur et l’éburnement du frontal, succomba le 20 janvier. L’issue fatale n’est peut-être pas uniquement imputable au shock opératvire, car on a constaté les lésions d’une broncho-peumonie double suffocante, qui avait évolué rapidement, le jour même de l'opération, etavait dû être contractée pendant le voyage fait la veille seulement pour venir à la clinique de Reims.