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OBSERVATION XVIII

Sarcôme du crâne et des méninges

. G., 23 ans, — Ce malade présentait dépuis plusieurs mois des symptômes de compression cérébrale avec augmentation de volume et déforma--

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tion de la calotte crànienne. La bosse frontale du côté droit est très saillante, et plus élevée que celle du côté gauche. Le globe de l'œil est fortement déjeté en bas, l’asymétrie faciale est extrême.

L'état général étant demeuré néanmoins assez satisfaisant, une intervention semble indiquée. Arrivé à la clinique de Reims le 10 février, le malade est atteint le lendemain d’une attaque épileptiforme plus forte que: d'habitude, suivie de coma. Le jour suivant l’état général s'améliore, mais une hémiplégie persiste. La situation semblait désespérée. La nature de la tumeur étant incertaine, et l’état général s’étant un peu relevé, l’intervention est décidée et pratiquée.

OPÉRATION.— Le 15 février 1896, hémicrâniectomie temporaire avec l'instrumentation électrique. Malgré la bande élastique, la couche sous-cutanée saigne abondamment. Il existe des sinus veineux volumineux à la surface du crâne, et l’hémorrhagie vient de l'os lui-même. La perforation du crâne à la fraise démontre que son épaisseur varie entre 2 et 8 centimètres. L'os Saignant beaucoup, l'opération est conduite aussi rapidement que possible: et découvre une masse sarcomateuse empiétant sur le cerveau et d'origine crànienne, puisqu'elle est infiltrée de lamelles osseuses. Le lobe cérébral est presque complètement détruit. Le lambeau osseux est réappliqué, la peau recousue, et on applique un pansement compressif.

Le malade à perdu une assez grande quantité de sang, les sinus communiquant largement avec les veines du néoplasme. Son état est, comme nous l’avons signalé, désespéré, puisque on n’a pas eu la bonne fortune de trouver un néoplasme extirpable. Il succombe le 17 février.

OBSERvATION XIX.

, 12 ans. — Epilepsie essentielle. Cet enfant bien développé a un crâne assez volumineux, la bosse pariétale droite est légèrement saillante. Il est atteint d’épilepsie essentielle depuis plusieurs années. Trois fois de suite, dans ces derniers temps, il aété pris d’une attaque beaucoup plus grave durant deux ou trois jours, et caractérisée par une perte de connaissance complète, et la production toutes les 5 ou 10 minutes de contractures débutant, en général, dans le côté gauche de la face et du tronc, et se généralisant souvent à l’autre côté. La tête s'incline lentement, mais avec énergie vers la gauche, la face se convulse du même côté, le bras se raidit, puis la jambe et tous les muscles du tronc.

Cette convulsion clonique dure.une ou plusieurs minutes et cesse assez rapidement, ou bien se reproduit avec une intensité généralement moindre sur l’autre côté, rarement la contracture survient du côté droit.

L'enfant épuisé, particulièrement à la suite de la dernière crise, ressentait une douleur assez vive au niveau de la bosse pariétale droite et demeurait hébêté ; la jambe gauche resta paralysée pendant une quinzaine de’ jours, le bras gauche, d’abord complétement paralysé, récupéra peu à pêu ses mouvements, et au bout d’un mois, l'enfant pouvait marcher, mais il lui était impossible de lever encore le bras pour le placer derrière la tête. Dans l'intervalle de ces grandes crises, attaques typiques d’épilepsie. En promenade, par exemple, il tombait brusquement la tête en avant, écumait, avait la face violacée et le côté gauche contracturé, pendant quelques instants. On le mettait au repos, et la crise, en général, ne se reproduisait qu’au bout de 24 heures ou de deux ou trois jours. Après les trois grandes crises mentionnées, une période de calme de deux ou trois semaines. La dernière attaque grave, notamment, ayant été presque mortelle, l'enfant se trouvant à chaque instant menacé d’une syncope finale, détermina le père à réclamer opération. -

OPÉRATION. — Le 4 mars 1896, hémicrâniectomie temporaire (Instrumentation électrique) avec large libération du cerveau par des incisions en croissant de la dure-mèêre, au niveau des limites antérieure et postérieure du lambeau.

Réunion immédiate. Suites normales. L'intelligence qui avait été gravement affaiblie par de fortes doses de bromure sans action très marquée sur les crises épileptiques, se rétablit en quelques semaines. Les attaques deviennent très rares et peu marquées bien qu’il y ait encore chute et perte de connaissance, mais l’enfant, remis sur ses pieds dès que la facea cessé d’être congestionnée, ouvre les yeux, semble sortir d’un profond sommeil et un instant après se met à se promener en donnant le bras par instinct de sécurité. Il y a des périodes de trois semaines sans crise. Parfois la crise se réduit à une absence ; l'enfant est, d’ailleurs, gros mangeur et les excès alimentaires paraissent déterminer une tendance aux congestions de l'oreille et des téguments de la tête, ces congestions sont souvent prémonitoires d’une absence ou d’une attaque complète.

Actuellement, depuis près de 8 mois, il n'y a eu aucune attaque grave, cependant le lambeau osseux s’est assez étroitement réappliqué, et l'enfant étant dans la période de croissance, une seconde intervention sera peut-être nécessaire, et devra être complétée par l’ablation d’un segment osseux.

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