‹ De Ll'hémicraniectomie TemporaireChapitre 42 sur 58 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

,; 90 ans. — Ce malade, qui présente au coude droit et à la hanche droite, des cicatrices de lésions tuberculeuses des os, est pris tout à coup,

SE er

le 10 mars 1896, de faiblesse de la jambe gauche, puis de mouvements convulsifs dans les doigts et le bras du même côté. Perte de connaissance. Le lendemain et le surlendemain, crises semblables avec contracture tonique de la main et du bras. Parésie et paresthésie du côté gauche. Trois jours après, coma. Etant donné la présence de cicatrices d'anciennes lésions tuberculeuses, au niveau du coude et de la hanche, le Dr Brissaud, appelé auprès du malade, porte le diagnostic de tubercule cérébral. La marche rapide des lésions, la contracture paralytique du côté gauche, particulièrement de la main et de l’avant-bras, démontrent peu de temps après qu’il s'agit d’une lésion à marche rapide, et ayant déterminé une compression cérébrale intense. La température oscille entre ‘88° 9 et 38° 4. L'état général s'aggrave. La dilatation de la pupille droite témoigne, comme le ralentissement du pouls et l’état comateux, d'une compression générale progressive et très accentuée. L'opération est décidée dans le plus bref délai. Le lendemain matin; le 20 mars 1896, coma plus prononcé, stertor, 46 pulsations seulement. On pratique en toute hâte, avec l’instrumentation à main, Phémicràniectomie temporaire droite. L'opération a lieu à Nice, dans la chambre du malade. On s’abstient de donner le chloroforme, qui est d’ailleurs inutile, le patient étant insensible. Le lambeau osseux relevé, la dure-mère présente une tension extraordinaire. A l’incision, le cerveau fait hernie de près de 3 centimètres, à ce point qu’il est nécessairé de prolonger en haut et en bas la section de la dure-mère, puis de lPinciser en croix, afin d’éviter l'étranglement du tissu cérébral hernié.

La surface du cerveau ne présentait aucune trace de méningite, mais seulement une congestion très vive. Le palper ne dénotait aucune induration profonde, plusieurs ponctions aspiratrices et une incision de 4 centimèêtres de profondeur au point culminant de la région enflammée ne donnêrent issue qu’à un peu de matière jaunâtre qui ne put être recueillie, l'opération étant faite dans de très mauvaises conditions, au point de vue du local et de l'installation, de telle sorte que la compresse stérilisée, sur laquelle avait été recueillie cette matière,s’est trouvé égarée. Le point enflammé repéré à la surface de la peau, vers le centre du lambeau ostéo-cutané, les téguments furent incisés verticalement en ce point, et l’os perforé complètement à l’aide d’une fraise de 12 millimètres. Cet orifice était destiné à contenir l’extrémité d’une mèche de gaze stérilisée, qui pénétrait de près de 4 centimètres dans le cerveau, et devait permettre, s’il y avait lieu, l'écoulement d’un liquide séreux, ou d’un foyer purulent voisin. Aussitôt, après l’opération, le pouls remonta à 85, et la respiration devint satisfaisante: Cette amélioration immédiate témoigne de l’importance capitale en pareil cas d’une décompression cérébrale considérable. Il est certain qu’une ou même plusieurs couronnes de trépan auraient été, chez ce malade, absolument inefficaces.

T. Marc. 6

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