‹ De Ll'hémicraniectomie TemporaireChapitre 43 sur 58 · END · texte numérisé non relu

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Au bout de deux jours. on constaia dans le pansement une petite quantité de pus, probablement due à l’évacuation d’un foyer cérébral profond. La suppuration n'avait pas, en effet, envahi la plaie et se limitait au point où ce liquide purulent s’était écoulé. Le malade avait commencé à dire quelques mots dans l'après-midi qui suivit l’opération. Il put dès lors s’alimenter. La jambe fit bientôt quelques mouvements ; le bras demeurait complètement paralysé. En juin,se produisirent quelques attaques épileptiformes légères qui se renouvelèrent de plus en plus fréquemment. Le. malade très inquiet, d'autant plus que, docteur en médecine lui-même, il s'était de plus spécialisé pour les maladies nerveuses, réclama à la suite de deux attaques survenues dans la même journée, une nouvelle intervention.

Le 4 juillet 4896, le lambeau ostéo-cutané qui restait soulevé de 4 à 5 milliimètres environ, et présentait un œdème dur très manifeste, ainsi qu'un léger écoulement de pus en un point de sa périphérie et au niveau de la perforation centrale, fut de nouveau soulevé sans difficultés. La dure-mère ne lui adhérait pas sensiblement, bien qu’elle se trouvât enflammée et épaissie au voisinage de l’orifice cérébral.

Cette membrane fut largement réséquée, et le tissu cérébral déprimé et atteint de ramollissement rouge par suite d’une régression évidente des phénomènes inflammatoires qui avaient nécessité la première intervention, fut également réséqué sur une étendue de à 4 à 5 centimètres. Aucune hémorrhagie appréciable. Suture de la peau, après application d'une mèche de gaze stérilisée dans l'orifice, dont les bords furent grattés à la curette. Guérison apyrétique. Le malade fut, quinze jours après, mené de Nice à Reims.

Actuellement(lernovembre 96) la jambese meut d’une manière satisfaisante, le membre supérieur reprend de la force et le malade commence à s'asseoir sur son lit et à poser les pieds à terre, ce qu’il fait, d’ailleurs, avec une grande prudence. La suppléance nerveuse paraît progressive. L’électrisa- . tion n’est pas faite, le malade craignant qu’elle ne provoque de nouvelles. crises. Il existe du côté gauche, surtout pour le pied et le tendon rotulien une légère exagération des réflexes, peut-être due à la persistance d’un petit foyer d’irritation au niveau de l’orifice de la mèche, où existe un

petit drain. Peut-être sera-t-il nécessaire, pour tarir la suppuration, d’exciser l’os à ce niveau.

Nous croyons intéressant de rapprocher de ce cas, une opération datant déjà de plusieurs années, et appartenant également à la pratique de Doyen et qui démontre l’importance, même en présence d'un coma très accentué, de la décompression cérébrale.

CAES SE

Chezune fillette opérée à deux reprises de trois semaines en trois semaines d’une mastoïdite caséeuse diffuse, l'apparition de symptômes cérébraux graves, aboutissant rapidement au coma et à des contractures généralisées, nécessita, en l’absence de tout diagnostic précis autre que des phénomènes compressifs intra-cràniens aigus, et, peut-être, un abcès péri-pétreux, une double trépanation.

Il existait, en effet, à la fois, une douleur vive au niveau de la face antérieure du rocher, et en arrière, au voisinage de la protubérance occipitale interne, s'était produite une petite tumeur œdémateuse manifeste, avec douleur lancinante plus vive, peut-être, que celle perçue au niveau du lolie temporal. La fillette âgée de 12 ans, s’était vivement plainte pendant les premiers jours. Elle fut trépanée presque ?n extremis, avec l’ancienne instrumentation, frois semaines après l’évidement complet de l’'apophvyse mastoïde. Une brèche osseuse de 5 centimètres de diamètre est pratiquée au niveau de la région temporale, après application d’une couronne de trépan, à Ja pince-gouge. La dure-mère est incisée. Aucune lésion apparente.

La ponction du cerveau avec le bistouri, à plusieurs centimètres de profondeur, ne donne lieu à aucun écoulement de pus. Doyen trépane alors l’écaille de l’occipitalau voisinage immédiat du pressoir d'Hérophile. La brèche agrandie d’un diamètre de à centimètres environ comme à la région temporale, l'incision de la dure-mère permet d'aborder une sorte de tumeur grisàtre et mollasse qui paraît substituée aux circonvolutions occipitales, et fait immédiatement hernie au travers de la brèche osseuse. Cette masse est incisée profondément, de manière à ce que la pointe du bistouri vienne rejoindre une autre lame introduite par l'orifice temporal. Il ne s'écoule de pus par aucun des deux orifices. Au niveau de chacun d’eux, une mèche de gaz est introduite dans l’intérieur du cerveau, et la fillette, sans connaissance et contracturée dans l’opistothonos, est alimentée par le nez à l’aide d’une sonde œsophagienne. Le père étant mort d’une tumeur cérébrale de natureindéterminée, des accidents spécifiques héréditaires étaient à craindre ; on administra donc chaque jour, en lavement, 12 ‘grammes d’iodure de potassium et quelques centigrammes de salicylate de mercure dissimulé de Lajoux. Le salicylate fut continué quelques semaines, l’iodure, 4 mois jusqu’à la dose totale de près de 1.500 grammes. Les phénomènes post opératoires furent très curieux.

La contracture persista plus de 2 mois, mais il se produisit ure décompression manifeste du cerveau qui vint immédiatement faire hernie, surtout au niveau de l’orfice postérieur. L'opération fut suivie d’une amélioration sensible de l’état général, amélioration qui mit Doyen sur la voie de l'importance de la seule décompression en pareil cas. La convalescence ne présenta, au point de vue du rétablissement du mouvement,

aucun phénomène digne d'être noté. Les hernies cérébrales se réduisirent lorsque la tension intra-crânienne fut diminuée.et les plaies cutanées se refermèrent, mais l’aphasie persista, les contractures aussi.

L'enfant se mit à prononcer des syllabes incohérentes, telles que :« Le tan ma, yen do sieur mon, chant mé, le quil tran ser lais me vous lez vous.» La malade, qui commençait à reprendre des forces et à remuer quelque peu les bras, manifestait une colère très évidente parce que son entourage ne la comprenait pas, et répélait des phrases analogues avec une volubilité croissante. On eut alors l’idée d'écrire ces syllabes incohérentes et on s'aperçut que la malade débitait tout simplement en inversant les syllabes, de la dernière à la première, des phrases de 8, 10 ou 15 mots, et cela sans la moindre erreur. Il s’agissait d’un trouble du langage absolument particulier. Ce n'est qu’au bout de 4 à 5 semaines qu’elle commença à dire: « Monsieur Doyen méchant,voulez-vous me laisser tranquille, etc.» phrases qu’elle avait d’abord inversées lorsque, commençant à s'exprimer, elle manifestait sa colère au moment des apprêts de l’alimentation artificielle par le nez. La motilité revint d’abord dans les membres supérieurs, puis dans les membres inférieurs; actuellement l’opérée est une grande jeune fille d’une santé parfaite et dont l’état actuel ne peut faire supposer cette atteinte terrible et presque mortelle qu’elle a subie, il y a quelques années. Elle n’éprouve aucune gène des deux pertes de substance osseuse qui, d’ailleurs, n'étaient pas considérables.

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