HORLOGERIE SUISSE
CHAPELLERIE PARISIENNE. — Feutre en soie. Casquettes de fantaisie.
> Ahl les y voilà, au chapeau de soie el à la casquette de fantaisie! Donc, du turban, on a ôiê le châle; il ne restera que le fez, et aux fez on va met- Ire une visière I
PHARMACIEN. — Ettu de Vicht/.
QUINCAILLERIE. — Serrurerie de France.
» Allez donc à Constantinople pour y retrouver U rue Saint-Denis I
-*- Vous vous trompez, lui dis-je, tout cela n'est qu'un vernis^ et il y a encore des Turcs. Tenez, voici
un autre journal qui vous raconte que, c par raison d'Étal, » un petit-fils du Sultan vient d'être étranglé aussitôt sa naissance.
— Ah I ils en sont encore là ! Eh bien, je suis curieux de voir combien de temps le divan de la Sublime Porte survivra au divan de la rue Lepeletier ; c'en est fait, il n'y aura bientôt plus de Turcs que derrière le bœuf gras; eux seuls ont encore le turban et la veste de soie avec un soleil dans le dos; eux seuls conservent la tradition; eux seuls seront désormais protégés par la peinture; des autres, il ne sera plus question que pour les voir disparaître.
A PROPOS DD DIHIER DE SAINT PIïRRï.
Le denier de saint Pierre, c'est-à-dire une contribution volontaire pour le pape, pouvait être une idée grande et puissante; ce n'est qu'une conspiration puérile.
On envoie de l'argent au pape pour construire des
m DE LOIN ET DE PRÈS.
forteresses, acheter des Cânons et des fusils et payer des généraux sans conviction et sans ouvrage. On envoie de l'argent au pape pour qu'il puisse se mettre en mesure de mitrailler et écharper le plus grand nombre possible de ses sujets et de ses enfants. On envoie de l'argent au successeur de saint Pierre pour qu'il puisse faire émouler le glaive dont le Christ blâma si sévèrement l'usage.
Le glaive de saint Pierre, émoussé lors des dernières relations que le pape a eues avec ses enfants et sujets, a, du reste, besoin de se mettre à la hauteur des perfectionnements modernes. Le glaive de saint Pierre était bon pour couper Toreille droite de Malchus; — il ne s'agissait alors que de s'opposer au crucifiement du Christ; — mais, aujourd'hui qu'il s'agit du temporel, c'est-à-dire de l'argent et des revenus du pape, il serait tout à fait insuffisant. Le glaive de saint Pierre a subi les mômes changements et perfectionnements que fa feuille de figuier dont se contentait notre mère Eve. La feuille de figuier ne se peut plus porter décemment, à moins d'une largeur de dix-huit à vingt-deux mètres.— Le glaive de saint
Pierre se Compose aujourd'hui de canons Paixhans, Armstrong et rayés. '
Au lieu de couper mesquinement une oreille que le Christ guérit rien qu'en la touchant, ce glaive peut
aujourd'hui hacher en menus morceahx des milliers d'êtres humains dans un quart d'heure *- et faire couler des ruisseaux de leur sang.
Saint Pierre, d'ailleurs, ne pouvait faire mieux : l*art de la destruction était encore dans l'enfance, et puis il était gêné par la présence du Christ, qui, il faut le dire, avait, aU sujet du sang et du meurtre, des idée3 un peu vieilles et sentant le préjugé, tandis que ses successeurs peuvent profiter des inventions les plus meurtrières et surtout ne sont plus gênés par la présence du Christ, qui s'est complètement éloigné d'eux.
Donc, des chrétiens envoient en ce moment de l'argent au père des chrétiens, pour qu'il puisse mitrailler des chrétiens d'une façon certaine et efficace. •
Il me semble qu'il eût mieux valu que le denier de saint Pierre, c'est-à-dire cette aumône des chré-
tiens, eût pour but de mettre le pape à même de se passer de ce qu'on appelle sa puissance temporelle que de le mettre en état de la défendre par les armes, c'est-à-dire par le sang et le carnage.
Ce pape-là serait un grand pape, qui, le premier, renoncerait volontairement à cette fiction de la puissance temporelle; ce pape-là commencerait une nouvelle ère pour le trône de saint Pierre, et rélèverait de mille coudées en ne conservant que la puissance spirituelle. Mais on n'en peut dire autant de celui qui, s'opiniâtrant à faire cramponner la puissance temporelle, qui se noie, à la puissance spirituelle, qui surnage, les condamne à périr ensemble dans un même naufrage.