CHAPITRE II
Différentes méthodes d’Ostéoclasie.
A. — OSTEOCLASIE MANUELLE. — La rupture de l’os peut être produite par traction, torsion manuelle, pression verticale et flexion. Les procédés par pression verticale et flexion sont les plus communément employés (Delore, Tillaux).
1° PROCÉDÉ DE DELORE. — Le procédé de Delore, le premier en date (1861), consiste à opérer le redressement du membre par une pression exercée verticalement sur le point culminant de la courbe osseuse. Le malade, après anesthésie générale, est étendu sur le bord de la table d'opération, le membre placé dans une position telle qu’il prenne appui sur la table par ses deux extrémités. Tandis qu’un aide le maintient dans cette position, le chirurgien appuie fortement sur le sommet de l’angle de courbure, en lui imprimant de petites secousses. Après des efforts plus ou moins prolongés, on entend quelques craquements qui annoncent que la fracture s’est produite et le redressement est immédiat. La force à employer est
le —
variable : chez les enfants de deux à trois ans, qui sont en pleine puissance rachitique (observation XIV), il faut une pression modérée, tandis que chez les sujets dont les os sont éburnés. il faut user d’une grande force ; mieux vaut alors utiliser l’ostéoclaste.
2° PROCÉDÉ DE TiLLAUx. — Ce procédé, préconisé surtout dans le traitement du genu valgum rachitique, consiste, au lieu d’agir sur le genou pour ramener la jambe dans l’axe de la cuisse, à se servir de la jambe comme bras de levier, tandis qu’un aide vigoureux immobilise la cuisse.
B. — OSTEOCLASIE INSTRUMENTALE. — Le seul appareil utilisé actuellement est l’ostéoclaste de V. Robin.
1° DESCRIPTION DE L'APPAREIL DE ROBIN. — Il se compose d’une planche, de deux embrasses d’acier, d’une gouttière d’acier et d’un levier.
La planche A est destinée à recevoir la cuisse et doit être fixée sur la table d’opération dans une position inclinée légèrement en avant et en bas, de façon que le fémur, plus élevé à son extrémité pelvienne, s’applique bien dans toute sa longueur. On évite ainsi la rotation de la cuisse en dehors au moment de l’opération, ainsi que l’obliquité du trait de fracture. Cette précaution est inutile lorsque l’ostéoclasie porte sur la jambe; il suffit, si la gouttière d’acier est trop large, de combler avec des compresses les vides qu’elle
laisse.
La partie postérieure. de la planche présente une