‹ De l’Ostéoclasie comme méthode de redressement des courbures rachitiques des membres inférieursChapitre 6 sur 34 · SERRE · texte numérisé non relu

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trinés. C’est Jules Guérin qui, le premier, en 1845, eut l’idée de briser les os rachitiques dans un but orthopédique. En réalité, quinze ans auparavant, la première ostéoclasie instrumentale appliquée au traitement des courbures rachitiques des os avait été pratiquée dans des conditions pour le moins curieuses. Œsterlen (1), rapporte ainsi le fait : « Je connais un cas où un menuisier, âgé de trente ans, rachitique dans sa jeunesse, eut le tibia qui présentait une courbure énorme. Pour donner peu à peu une direction droite à son pied, il le fit passer dans son établi et le ferma à vis. Mais le tibia et la fibula se fracturèrent tout à coup contre son attente. Un chirurgien habile guérit si bien le pied que celui-ci reprit sa rectitude natu-

relle. »

Malgré les brillants résultats obtenus par Guérin, l’ostéoclasie ne trouva pas d’adeptes en France, alors qu’en Allemagne, sous l’impulsion de Volkmann et de Billroth, elle prenait une extension considérable. Elle ne fut érigée chez nous en véritable méthode que lorsque Delore, de Lyon, eut fait, en 1861, sur le genu valgum et les déviations rachitiques, une communication capitale où il exposait les excellents résultats qu'il avait obtenus, dans plus de 200 cas, par le redressement manuel des membres inférieurs. |

Dès ce moment, le sujet fut à l’ordre du jour : Tillaux modifie le procédé de Delore ; Collin substitue au redressement manuel le redressement par un ap-

(1) Traduction du livre de Œsterlen par Maurer (Strasbourg 1828, p. 144).

pareil excellent qui régularise les efforts du chirurgien ; enfin, en 1882, V. Robin, de Lyon, met au point un appareil extrêmement ingénieux qui, par sa précision, permet d'éviter la plupart des accidents imputés aux procédés anciens.

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