CHAPITRE VI
Traitément.
Nous venons de voir que chez l’adulte l’état général est beaucoup moins atteint que dans le jeune âge. Aussi, pourra -t-il être négligé d’une façon à peu près complète dans le traitement. Il faudra recourir d’emblée à l’intervention chirurgicale qui seule sera capable de combattre avec efficacité les accidents.
La première indication en pareil cas, quand il s’agit de jeunes sujets, consiste à donner issue au pus aussitôt après sa formation. Il en sera de même pour l’adulte. Il faudra tout d’abord débrider largement le périoste et alors, si l’on constate le décollement de cette membrane sur une grande étendue, l’infiltration du tissu spongieux et l'aspect grisâtre, mat, non vascularisé du tissu compact, si de plus il existe entre l'os et le périoste une quantité de pus suffisante pour penser que le canal médullaire est lui
aussi envahi par la masse purulente, on devra alors appliquer à ce niveau une ou deux couronnes de trépan.
On tombera alors dans le foyer purulent et cette seule trépanation agissant comme un débridement médullaire sera suffisante pour arrêter la douleur. IL faudra tout d’abord s’inquiéter de favoriser lécoulement du pus et de faire de la plaie une désinfection aussi complète que possible. En effet, comme le dit M. le professeur Ollier dans son Traité des résections,un osainsi trépané et drainé peut non pas reprendre vie, mais être toléré par l’économie, surtout si l'écoulement du pus est rendu facile par la large brèche qu'on aura dû faire dans le canal médullaire. Il faudra éviter chez l’adulte dont la moelle osseuse est grasse d'introduire profondément des instruments dans le tissu médullaire, les broiements, les contusions et déchirures de ce tissu favorisant le passage dans le sang de la graisse liquide d’autant plus dangereuse dans ces cas d’ostéomyélite qu’elle agira non seulement comme obstacle mécanique à la circulation médullaire, mais comme agent septique. Aussi devra-t-on procéder avec de minutieuses précautions à la désinfection du canal médullaire et du tissu central. En général ces débridements périostiques et médullaires. suivis des précautions antiseptiques les plus rigoureuses suffiront pour supprimer la douleur et arrêter les accidents. Mais si le malade se présente avec des lésions avancées et si l'os dénudé sur une certaine longueur baigne dans le pus du côté du périoste et du côté du canal médullaire, s’il est nécrosé en grande partie, on devra alors examiner s’il n’est pas nécessaire de pratiquer l’ablation ou la résection de l'os,