CHAPITRE V
Diagnostic et pronostic.
Dracnosric
On est assez fréquemment exposé chez l'adolescent à prendre la maladie à son début pour une de ces affections fébriles telles que la fièvre typhoïde, la fièvre éruptive et la méningite, qui toutes débutent par un cortège bruyant de symptômes. On rencontre en effet souvent des cas où les phénomènes généraux, tels que perte d’appétit, céphalalgie, hyperthermie dominent complètement la scène. Et si l’on n’a pas soin d’examiner avec une grande attention le système osseux dans les régions pour lesquelles l’affection semble avoir à cet âge une prédilection marquée, c’est-à-dire dans les régions juxta-épiphysaires, une erreur de diagnostic est facile. Chez ladulte, on sera infiniment moins exposé au même danger, les
Eos
phénomènes généraux passant presque inaperçus, ou du moins acquérant exceptionnellement une intensité suffi” sante pour fixer sur eux toute l'attention du praticien. En effet, on sera beaucoup plus facilement et beaucoup plus rapidement amené à découvrir la localisation osseuse, la douleur apparaissant comme un des premiers symptômes et permettant ainsi de porter tout à fait au début de la maladie un diagnostic précis.
Il faudra aussi, étant donné la rareté de l'affection chez l'adulte, se garder de prendre pour une lésion tuberculeuse ce qui est en réalité de lostéomyélite. Mais dans le cas où il existerait quelque hésitation, en interrogeant avec soin les antécédents héréditaires du malade, en recherchant activement si lui-même n’a pas présenté antérieurement des lésions spécifiques du côté des voies respiratoires ou du système lymphatique, il sera facile d’écarter l’idée d’une lésion due au bacille de Kock, et de reconnaître la véritable origine et la nature de la maladie.
Mais lorsqu'on aura affaire à cette forme de la maladie que présente l’observation II. il sera alors beaucoup plus difficile d'affirmer l'existence d’un abcès central de l'os etde faire le diagnostic d'avec lostéite névralgique. Ces deux affections en effet présentent des signes à peu près identiques. Dans les deux cas, notre attention est d'abord attirée sur la douleur qui atteint un degré d’acuité tel qu’elle apparaît comme unique symptôme. A la palpation, nous n’observons rien de particulier etil nous est impossible de percevoir la moindre modification du côté du périoste et de l’os qui conservent absolument leur aspect physiologique, Aussi serait-on porté, surtout si l'on tient trop de compte de l’âge du malade, à penser à l’existence d’une
ostéite névralgique. Il est alors un symptôme qui nous permet de reconnaître la nature infectieuse de la maladie : c’est l'élévation de la température. Si à cela on ajoute la constatation d’une porte d’entrée pour les microorganismes, il sera alors aisé de faire le diagnostic d’ostéo-myélite.
ProNosSTIc
Il semble que chez ladulte le pronostic de l’ostéomyélite aiguë est beaucoup plus favorable que chez l’adolescent. En effet, dans le jeune âge on rencontre assez fréquemment des ostéomyélites à marche suraiguë contre lesquelles l'intervention est absolument illusoire ; d’ailleurs la maladie osseuse joue un rôle bien effacé et ce qui frappe surtout, c’est l'état général pour lequel la thérapeutique est d’ordre purement médical et d’effet à peu près impuissant.
Ce sont ces formes graves à marche rapide qui assombrissent alors considérablemeut le pronostic. Or, nous avons vu que chez l’adulte les phénomènes généraux sont
très amoindris, presque effacés. Le pronostic de la maladie doit donc être beaucoup moins grave lorsqu'il s’agit de sujets adultes chez lesquels une intervention opportune doit, dans la presque totalité des cas, aboutir à la guérison. Du reste, dans nos observations nous voyons que l'issue a toujours été favorable,