CHAPITRE IT
Lambotte [17] n'avait pas été sans remarquer la raideur du genou, avec limitation plus ou moins grande dans la flexion, à la suite des ostéosynthèses de la diaphyse fémorale, le genou en extension.
Croyant que cette raideur était imputable à la rétraction des fibres basses du vaste externe, il avait pensé qu’on pourrait éviter cet inconvénient en mettant dès le début le genou en flexion forcée.
Il préconisait la fixation de la jambe en flexion complète sur la cuisse, avec des mouvements d'extension quotidiens. Il estimait qu'ainsi le vaste externe distendu ne pourrait se rétracter et qu'à la consolidation il n’y aurait ni ankylose du genou, ni atrophie du quadriceps.
Cette ostéosynthèse ne pouvait être tenue pour satisfaisante que si, une fois terminée, le membre pouvait être mobilisé sans que rien ne bouge au niveau du foyer de fracture, ce qui implique une absolue solidité de la synthèse.
Pour cette immobilisation parfaite, deux moyens sont à retenir : 1° le fixateur externe; 2° le matériel à prothèse perdue. :
L — Le FIXATEUR EXTERNE (Type LAMBOTTE ou JuwARA).
Le fixateur présente à la cuisse un certain nombre d’inconvénients.
FN t jiquta
Quand les fiches sont en place depuis trente à trente-cinq jours, il n’est pas rare, quelques soins que l’on ait pris au cours des pansements, qu’un peu d’ostéite se produise autour de leur point d'implantation dans l'os. L'appareil ne présente plus, dès lors, la fixité absolue qu'il avait jusque-là, et cela au moment même où la solidité du cal est encore insuffisante pour contre-balancer l’action de la puissante musculature de la cuisse.
D'autre part, les sutures musculaires et cutanées bloquent en quelque sorte les parties molles dans l’espace compris entre les fiches et rendent difficiles et douloureux leur relachement ou leur tension alternatifs au cours des mouvements d’extension et de flexion imprimés au genou.
Il faut ajouter aussi combien il est difficile de mobiliser le membre lorsque la plaie est recouverte par un pansement assez large qui dépasse les fiches.
De plus, il est possible d'observer, au niveau des points d’implantation des fiches, de petites fistulisations par le trajet desquelles sort un liquide séro-purulent ou purulent.
Pour ces raisons, nous pouvons conclure que le fixateur externe n’est pas l’appareil de choix pour l’ostéosynthèse du fémur. ; À
D'ailleurs, Charbonnel, qui en avait été le défenseur en 1909, ne l’admet plus pour le fémur, ainsi qu’en fait foi son rapport à la Société de chirurgie de Paris Le 10 avril 1929.
En 1928, Verbrugge [32], élève de Lambotte, déclare que les infections secondaires auxquelles expose cet appareil l’a fait abandonner par son auteur lui-même, en ce qui concerne les fractures de cuisse. Ce que l’on pouvait déjà pressentir lorsque, en 1913, Lambotte [17] disait : « La prothèse perdue prend, dans ma pratique au moins, une importance de plus en plus grande. Je considère le fixateur comme un appareil idéal pour les fractures transversales des jambes, mais, par contre, pour les fractures transversales du fémur, je crois la prothèse perdue préférable. »