‹ De Lyon a la MéditerranéeChapitre 13 sur 14 · NARCISSE PLA CANDIS MAN1BUS · texte numérisé non relu

NARCISSE PLA CANDIS MAN1BUS

C'est là que reposent les restes de la fille chérie de l'auteur des Nuits.

Quand vint la Révolution , les passions politiques et religieuses se réveillèrent k Montpellier; cependant Trestaillon et les siens n'y purent commettre aucun excès , grâce au général Briche , dont l'attitude énergique effraya ces bandits.

Parmi les hommes célèbres nés à Montpellier, nous devons citer La Peyronnie, fondateur de l'académie de chirurgie de Paris ; le peintre Sébastien Bourdon et Vien Barthez , célèbre médecin du xvm e siècle; le chimiste Chaptal et le poète des Mois, Roucher.

Il n'y a pas de ruines romaines à Montpellier; d'un autre côté, la vengeance des protestants du xvi* siècle a détruit tout ce qui pourrait attester la grandeur ou la magnificence des églises qui existaient avant eux. La ville est d'ailleurs bifcn bâtie ; mais l'inégalité du terrain et l'espace resserré

qu'elle occupe font qu'on n'y trouve guère que des rues étroites , tortueuses , grimpant des côtes rapides , mais bordées souvent d'habitations d'une physionomie assez imposante; ces habitations, construites pour la plupart au commencement du xvur 9 siècle, rappellent les hôtels parlementaires de l'île Saint-Louis et du Marais.

Les places sont, comme les rues, fort resserrées ; on ne peut en citer aucune, à l'exception de la place du Peyrou, qui est la plus belle promenade de la ville , et dont les habitants se montrent fiers à juste titre. On la doit à Louis XIV. Elle est vaste, carrée, à deux étages bordés de balustrades, plantée de beaux arbres , terminée à son extrémité orientale par un arc de triomphe que la ville éleva au grand roi après sa mort, et à son extrémité occidentale par un château d'eau. L'arc de triomphe n'a qu'une seule arcade ; il est chargé d'ornements et de sculptures d'un style et d'un goût assez lourds, comme l'ensemble de l'édifice, qui ne manque pas d'ailleurs d'une certaine majesté propre à l'architecture du xvu e siècle. Le château d'eau a la forme d'une rotonde hexagonale à arcades, séparées par des massifs décojés de colonnes corinthiennes supportant un entablement orné de bas-reliefs. Un dôme couvre cet édifice d'un aspect élégant, élevé sur une esplanade au-dessus d'un bassin où l'eau tombe en cascades argentées. Le château d'eau termine dignement l'aqueduc de Pitot, cet ingénieur aujourd'hui peut-être trop peu connu.

Jusqu'en 4753, la seule eau potable de Montpellier fut celle des puits et de deux petites sources. Dès le xui* siècle on avait formé le projet d'amener à la ville les eaux de la fontaine de Saint-Clément. Ce projet fut réalisé par l'exécution d'un aqueduc qui coûta plus de six années de travaux et une somme d'un million. Sa longueur est de 13 904 mètres (plus de trois lieues) ; 880 mètres , depuis le réservoir dit Êtes Arcades jusqu'au Peyron, sont supportés par 53 arches de 8 mètres d'ouverture chacune, surmontées d'un

étage de 183 arches plus petites. L' aqueduc ne traverse pas cet.te étendue en ligne droite; il s'infléchit à gauche, à peu près au tiers de sa longueur.

Du Peyrou on jouit d'une vue admirable qui n'est pas le moins grand charme de cette belle promenade. A l'ouest, le regard franchit un espace immense borné par les Pyrénées, que dominent le Ganigou, s'arrête sur de vastes plaines semées d'abord de bastides et de jardins, puis de villages dont les maisons blanches et les toits rouges se détachent nets et distincts au milieu des plaines et des moissons, pour se confondre ensuite avec elles dans les derniers plans. L'aqueduc est jeté comme un pont immense h travers cette belle campagne

Dans la direction du nord-ouest, on peut, quand le ciel est pur, nettement distinguer, sur un rocher basaltique , à 6 kilomètres de Montpellier, le village de Montferrier, s'élevant au milieu d'un sol purement calcaire, et son château entouré d'ombrages et de terrasses.

Si maintenant vous portez vos regards du côté de la Provence, le spectacle n'est pas moins grandiose. Au lieu du Canigou, c'est le mont Ventoux qui se détache à l'horizon, au milieu de la chaîne des Alpes. Dans la direction du sudest, vous apercevez les étangs de Manquia et de Maguelone, dont les eaux semblent se confondre avec la plaine, et, près de là , la mer qui n'a de bornes que l'horizon.

Non loin de l'arc de triomphe se trouve le palais de justice , édifice moderne décoré de colonnes et d'un bon style.

Le jardin botanique, situé au pied de la terrasse septentrionale du Peyrou, est bien distribué, orné de beaux arbres et riche en végétaux rares.

De l'autre côté du boulevard, presque en face du jardin botanique, nous trouvons la cathédrale, édifice gothique construit sur d'assez vastes proportions , mais qui ne mériterait pas d'être signalé , n'était son porche étrange. Deux

énormes piliers , ou plutôt deux tourelles faisant office de piliers et d'une prodigieuse élévation, soutiennent une voûle ogivale surbaissée qui s'appuie de l'autre côté sur le mur de la façade. On ne s'explique guère les raisons qui ont pu motiver cette construction singulière et inutile, puisque la hauteur de la voûte ne lui permet- pas d'abriter les fidèles

Palais de justice de Montpellier.

contre le soleil ou la pluie. Quoiqu'il en soit, la grandeur des proportions produit toujours un certain effet , au moins sur les spectateurs d'un goût peu exercé ou peu difficile.

L'école de médecine, qui touche à l'église, occupe les bâtiments de l'ancien évêché (ceux de l'évêché actuel n'ont rien qui mérite notre attention). C'est une construction vaste et bien distribuée. On remarque dans la salle des actes un buste antique d'Hippocrate, et quelques bustes modernes; — dans celle du conseil les portraits des professeurs les plus célèbres, depuis le xiu e siècle jusqu'à nos jours; et dans l'amphithéâtre, une tribune antique en marbre provenant des arènes de ftîmes. L'école possède encore quelques marbres

romains, une bibliothèque composée de plus de 35 000 volumes et de manuscrits précieux des docteurs du moyen âge, un conservatoire anatomique, et d'autres collections. On compte plusieurs hôpitaux h Montpellier : Y hôpital

Cathédrale de Montpellier.

général, vaste établissement terminé en 1682, les hospices des Insensés et de la Maternité, près desquels on voit la fontaine de Jacques-Cœur, monument peu remarquable, mais qui reste le seul souvenir des bienfaits dont l'argentier de Charles VII avait comblé la ville; Y hospice Sainl-Êloi, un des plus beaux de France : on peut y prendre plus de cent bains par jour.

Si nous traversons dans la direction de l'ouest une série de voies étroites et mal alignées , nous arriverons sur la promenade de T Esplanade, d'où l'on jouit d'une très-belle vue, et qui est plantée en beaux arbres. En face est la citadelle, flanquée de quatre bastions ; elle est en bon état et isolée de la ville. Son esplanade aboutit k la place du théâtre, construit en 4 786; la Taçade assefc triste de ce monument n'annonce pas la belle salle qu'il renferme, et qui , pouvant tenir près de 2000 spectateurs, n'est pas toujours remplie.

Outre la bibliothèque de l'école de médecine, la ville en possède deux autres, la bibliothèque communale (iO 000 volumes) et la bibliothèque Fabre. M. F abre, peintre de l'école de David , qui vécut longtemps en Italie , la légua k Montpellier, sa patrie, avec une collection de tableaux formant aujourd'hui un musée auquel on a donné le nom du donataire. Le Musée Fabre est le plus beau de tous les établissements de ce genre dans les départements. Il contient tant de richesses que l'espace nous manque pour les énumérer et que nous aimons mieux renvoyer le lecteur au catalogue, où il trouvera les noms des plus grands maîtres de l'Italie, des Raphaël, des Andréa del Sarto, des Titien, des Tintoret, des Carrache, des Dominiquin et d'autreà encore presque aussi illustres.

La bibliothèque se compose en grande partie de celle d'Alfieri, que le célèbre Italien avait léguée à M. Fabre, et que ce dernier a enrichie d'une collection rares de classiques français et italiens , et de livres relatifs aux beaux-arts. Elle contient environ 45 000 volumes.

Les autres édifices de Montpellier, Yévéché, la préfecture, les halles, etc., ne méritent pas de mention particulière.

A une lieue à peu près de Montpellier, sur la route de Lodève , se trouve le village de Celle-Neuve , localité sans importance , mais qui possède une église de l'époque carlovingienne. L'appareil de cet édifice est eomposé de grosses

pierres bien taillées. Une porte aujourd'hui bouchée, qui s'ouvrait à gauche au bas de la nef, est cintrée, avec une archivolte dont les moulures font retour sur les impostes. L'intérieur se compose d'une seule nef, avec des arcs-doubleaux portés sur des colonnes dont les chapiteaux sont une imitation grossière et libre de l'ordre corinthien.

Substantion {sextant io, sextatio ou serratio), occupait, selon toute vraisemblance, une des petites hauteurs qui bordent la Lez, où l'on trouve des restes de murailles antiques, beaucoup de fragments de poteries grossières , et où l'on a recueilli quelques inscriptions. Les murs, qui ont conservé en quelques endroits une hauteur de i mètre et demi à 2 mètres,' sont fort épais, revêtus d'un parement de pierres brutes derrière lequel se trouve un blocage de moellons et de petites pierres noyées dans un ciment peu solide. Tout porte à croire que ces murs ont une origine gauloise. Quelques inscriptions et la découverte de quelques fragments de murs de maisons romaines démontrent qu'après avoir été un oppidum gaulois, Substantion est devenue une ville romaine d'une certaine importance.

Nous ne quitterons pas les ruines de Substantion sans vous raconter une légende qui se rattache à la colline sur laquelle la ville était bâtie.

Tous les ans, le jour de la Toussaint, ou celui des Morts. — les opinions varient sur ce point, — *le diable apparaît à minuit sur le rocher qui s'élève à pic au bord de la rivière. Il invite tous ceux qui se sentent le cœur assez ferme à venir prendre possession d'un trésor enfermé dans les flancs du rocher. La falaise s'ouvre en effet, et laisse .voir l'entrée béante d'une caverne. Au commencement sont déposés des sacs de liards ; plus loin des piles de pièces de cinq francs adossées aux parois de la caverne forment des colonnettes ; plus loin encore, dans une espèce de sanctuaire, des monceaux de louis d'or brillent d'un fauve éclat.

Satan prévient obligeamment celui qui a répondu à son appel qu'il ne lui est accordé qu'un certain nombre de minutes pour remplir ses poches et s'en retourner. A peine notre homme fait-il attention à cet avertissement que le diable accompagne d'un air narquois. Il se précipite dans la caverne , passe avec dégoût devant les liards , accorde à peine aux piles d'écus un regard de dédain , court au tas de l'or, en bourre ses poches , son chapeau , ses chaussures , en emplit ses vêtements. Mais le terme fatal approche, notre homme n'en tient nul compte. Tout k coup le roc se ferme avec un fracas retentissant sur l'avare et son trésor.

Jardin des Plantes de Montpellier.

Église à Fronlignan.

Nous sortons de Montpellier, comme nous y sommes entrés , par une tranchée au bout de laquelle'le chemin de fer traverse une vaste plaine- Bien que nous n'apercevions pas la commune de Villeneuve, nous n'en descendrons pas moins à la station.

Villeneuve est un bourg d'environ 1200 habitants, dont l'origine est contemporaine de la destruction de Maguelone. Il fut bâti sur le continent, en face de l'île de ce nom.

Les chanoines de Maguelone, redoutant l'air malsain des marais salants, vinrent s'y établir. Son église date évidemment du xu e siècle. Elle a la forme d'une croix latine termi-

née par une abside qu'éclaire une seule fenêtre cintrée. Audessous du toit de l'abside règne à Pextérieur une petite arcature tenant lieu de modillons, et un peu plus bas une frise à dents de scie.

Les murailles sont élevées et solides, munies de contreforts peu saillants. La porte s'ouvre sur le côté droit de l'église , disposition qu'on trouve dans plusieurs édifices carlovingiens.

A l'intérieur, la voûte est cintrée, renforcée de trois arcsdoubleaux. Deux chapelles, bâties selon toute probabilité au x e ou au xi e siècle, se trouvent entre la porte et le bras droit du transept. Le clocher a la forme d'une tour carrée, à toit bas et obtus. Il est percé de fenêtres cintrées, sortes de meurtrières très-étroites à l'extérieur, mais qui s'élargissent à l'intérieur.

Une masse grise qu'on voit très-bien depuis Villeneuve marque l'emplacement de la cathédrale de Maguelone, qui fut jadis une cité importante, ainsi que nous l'avons déjà vu.

L'île de Maguelone est, selon quelques écrivains du pays, la même que celle de Messine, dont parle Pomponius Mêla. Mais, selon une légende languedocienne, Madeleine la pécheresse , fuyant la persécution des païens avec Simon le lépreux, sainte Marthe et son frère Lazare, s'embarquèrent (la légende ne dit pas dans quel port) sur un esquif sans voiles ni rames. Le souffle de Dieu les poussa vers l'embouchure du Rhône, puis vers l'île qui prit le nom de Magdalona (Madeleine) ou Maguelone, et dont Simon fut le premier évêque. Nous avons déjà vu qu'elle avait été détruite par Charles Martel. Sous François I ,r , on essaya d'y transporter de nouveau le siège d'un évêché; mais la ville, désertée de ses habitants qui craignaient le voisinage des marais, depuis longtemps abandonnée des chanoines, ne fut bientôt plus qu'une solitude où continuèrent à végéter

quelque temps une garnison de six hommes commandée par un capitaine, un chapitre composé d'un chanoine et de six prêtres. Elle resta un lieu de sépulture préféré, où se faisaient porter de loin les gentilshommes après leur mort. Pourtant, comme elle était fortifiée, on se la disputa pendant les guerres de religion, et Richelieu la fit démanteler.

La cathédrale , commencée en 1048 par l'évêque Arnaux et terminée seulement vers la fin du xn* siècle, a l'aspect d'une forteresse, ce qui n'est pas rare dans les églises romanes, et ce qu'explique d'ailleurs le voisinage de3 pirates musulmans et des îles Baléares. Les murs sans ornements extérieurs, sauf du côté de la façade, sont couronnés, comme ceux du château des Papes à Avignon, de mâchicoulis, qui semblent avoir été ajoutés au xiv* siècle.

Il faut remarquer les fenêtres supérieures de la façade, décorées d'archivoltes formées de pierres alternativement blanches et noires. Le même système d'ornementation se remarque dans la porte surmontée d'une archivolte à claveaux de marbre également noirs et blancs. C'est évidemment un emprunt fait au goût mauresque, et qui s'explique par le séjour des Sarrasins dans ces contrées.

Un bas -relief représentant Dieu le père avec les attributs ■ des quatre Évangè listes , décore le tympan, au-dessus d'un bandeau couvert de rameaux byzantins.

L'intérieur de l'église présente des voûtes plus élevées que ne le sont ordinairement celles des églises romanes, avec une courbe décrivant une ogive presque inappréciable. Les fenêtres de l'abside sont flanquées de colonnettes. L'édifice n'a qu'une seule nef avec des fenêtres cintrées très-étroites, et d'autres ogivales et plus larges.

Gomme dans beaucoup d'églises espagnoles, on trouve en face de l'abside une vaste tribune ou salle haute, dont la destination semble avoir été de séparer les religieux de la foule des assistants.

L'abbaye est presque entièrement détruite ; ce qui en reste peut faire croire qu'elle a été bâtie à une époque postérieure à celle de la cathédrale.

Après Villeneuve, l'étang de Maguelone se montre à gauche. La plaine s'étend à droite, si basse qu'elle paraît se confondre avec les eaux. Nous passons devant Mireval sans nous y arrêter , et nous voilà lancés au milieu d'une vaste étendue marécageuse, coupée çà et là de vignobles qui semblent par moments tremper leurs ceps verts dans les flots laiteux du lac. Ce paysage a un aspect plus monotone encore que mélancolique. Des monceaux de sels marins, de formes géométriques, surgissent de distance en distance au milieu des étangs. L'œil ne rencontre pas autre chose pour se reposer sur cette plaine sans accidents et sans arbres, sur ces lagunes qu'anime à peine le vol d'un oiseau marin , rasant la surface de l'onde d'une aile agile.

La petite ville de Frontignan semble surgir à droite du fond des eaux. Autrefois elle possédait un château fort et un port dont Louis XIII fit le siège principal de l'amirauté en 4 629; ce port était le centre de tout le commerce maritime du Languedoc, aujourd'hui transporté à Cette.

Frontignan n'a pas d'autres titres à la célébrité que le vin muscat qui se récolte dans ses environs. Ce serait pousser trop loin la flatterie que de la traiter de jolie ville; mais elle possède une église assez curieuse, dont le clocher fortifié produit un bon effet dans le paysage.

Au sortir de Frontignan, le chemin traverse l'étang sur une chaussée. L'eau nous environne de toutes parts. A peine avons-nous gagné la' terre ferme que la mer vient, à gauche, mourir à nos pieds. Le regard va se porter bientôt sur une haute colline qui produit un tel effet dans cette région de terres basses, qu'on en a fait une montagne. A ses pieds et sur ses flancs s'étale une ville dont les maisons, éparpillées sur les hauteurs, se resserrent au bord de la mer. Les mâts

pressés des navires se montrent au-dessus des bâtiments de la gare, marquant le lieu de notre arrivée. A gauche de la gare, une longue jetée s'allonge dans la mer et ferme de ce côté le port de Cette.

Les anciens avaient remarqué la montagne de Cette, qui, s'élevant à plus de 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, s'offrait à la vue des navigateurs. Ils l'avaient appelée Si'ytov ou 2î'xtov opo;, mont Si g ius ou Setius. Paterculus mentionne une colonie romaine, colonia Setia, établie dans ce lieu 1 75 ans

Cette.

avant notre ère. Plus tard, la presqu'île de Cette passa successivement aux moines de l'abbaye d'Aniane(ix e siècle), à ceux de Saint-Rust et à l'évêque d'Agde (xn e siècle). Au xvi% le fils du connétable de Montmorency fit construire des fortifications au sommet de la montagne.

Jusqu'à saint Louis , Cette ne fut qu'un port de pêcheurs sans importance. Henri IV eut bien l'idée d'y créer un établissement maritime considérable; mais cette conception ne

fut réalisée que sous l'administration de Colbert , après que le plan du canal de Languedoc eut été adopté. L'ingénieur du canal de Languedoc, l'illustre Riquet, fut aussi celui du nouveau port. Un canal peu profond faisait communiquer l'étang et la mer; Riquet en fit l'embouchure du canal du Languedoc, continué à travers l'étang lui-même, et commença le port. Autour du port naquit une petite ville, mais le port était défectueux : il s'ensablait rapidement par suite du mouvement de la mer. Vauban vint et n'apporta pas de grandes améliorations à l'état des choses. Plus tard , au xvm e siècle, on éleva une jetée. Malgré ses inconvénients, le port de Cette prenait une importance qui fit de grands progrès depuis la Restauration jusqu'à nos jours. La Restauration y fit construire un brise-lame. Louis-Philippe fit établir un nouveau bassin et creuser un canal par lequel l'étang communique avec la mer. Aujourd'hui le port se compose d'un bassin fermé par un môle, a l'extrémité duquel s'élève une batterie de canons et la tour du phare , une jetée et un brise-lame. La jetée de Frontignan s'avance à rencontre du môle, et l'espace ménagé entre ces constructions et des quais vastes et commodes forme le bassin , protégé par deux forts, celui de Saint-Pierre et la citadelle de Richelieu.

La première industrie de Cette fut la salaison de la sardine et du maquereau ; mais, depuis, son commerce maritime s'est considérablement accru, et donne beaucoup d'animation à cette localité , dont le port est classé le septième parmi les ports de commerce français.

De la ville même, nous n'avons pas grand' chose à dire. Elle s'embellit tous les jours, et elle en a besoin. Ses bains de mer et de sable y attirent chaque année un assez grand nombre d'étrangers , ce qui contribuera sans doute à lui inspirer le désir d'une certaine parure. * Aujourd'hui elle eemble tout absorbée par les intérêts de son commerce, et se soucie plutôt de bâtir de vastes magasins que dé planter

des promenades ou d'élever des monuments. Elle possède pourtant une bibliothèque et des constructions particulières assez élégantes.

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