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De Lyon à Trévoux par la Croix-Rousse et Sathonay

e toutes les voies ferrées qui partent de Lyon pour aller dans différentes directions, aucune assurément ne présente, dans un aussi faible parcours, plus de beautés naturelles que la ligne désignée sous le nom de chemin de fer du Rhône de la Croix-Rousse à Trévoux, par Sathonay.

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En outre, ce nouveau railway, à l'inauguration duquel nous avons assisté le 28 mai 1882, traverse les localités les plus riches sous le rapport de l'industrie aussi bien qu'au point de vue de l'agriculture.

Où peut-on voir, en effet, une population plus laborieuse ? Où trouver de plus beaux ombrages et des sources plus fraîches ; des champs plus fertiles et mieux cultivés ? Où rencontrer des châteaux plus luxueux et des villas plus riantes ? Les rives de la Saône, par leurs sinuosités, semblent encore elles-mêmes augmenter les charmes et la magnificence du paysage !

N'est-ce pas là un rare ensemble d'éléments de plaisir, de promenades et d'études offert à la curiosité du public, à l'investigation de nos artistes et de nos nombreux touristes, impatients, le dimanche matin, de prendre leur volée et leurs ébats de tous côtés ?

Aux voies ferrées de la Brévenne, du

Danphiné, des Bombes (i) et du Bugey, il faut joindre dès à présent celle de Trévoux, en attendant le raiiway de Givors à Parayle-Monialqui facilitera bientôt l'exploration des magnifiques vallées et des agrestes collines du Garon, de l'Yzeron et de l'Azergues. Populariser le goût des excursions pédestres ; révéler à nos compatriotes les beautés pittoresques des environs de Lyon et celles des provinces limitrophes; animer nos descriptions par des récits relatifs

( i ) On met aujourd'hui l'article pluriel avant le mot Dombes ; c'est un tort. Aucun acte ancien n'autotorise cette orthographe, qui ne date que de quelques années à peine. On doit dire la Dombes, la province de Dombes.

Jamais on n'a écrit les Athènes, mais Athènes tout seul, sans article, quoique ce nom soit au pluriel, en latin ; de même les villes d'Aix et non les villes des Aix, qui toutes dérivent du pluriel aquœ, de même aussi une infinité d'autres localités qu'il est inutile d'énumérer ici.

Cependant chaque fois que nous parlerons des chemins de fer des Dombes, nous maintiendrons cette orthographe, qui, bien que vicieuse, est devenue officielle.

à l'histoire locale; donner enfin tous les renseignements, légendes et traditions qui peuvent aider à la connaissance de notre pays-, n'est-ce point faire là acte de vrai patriotisme ?

Si les siècles qui nous ont précédés, dit M. Clair Tisseur, dans le compte-rendu qu'il a fait d'un de nos derniers volumes, eussent connu ce genre de littérature, nous posséderions des données inestimables, que Ton s'efforce en vain de remplacer à l'aide de recherches considérables dans les documents enfouis dans les archives publiques ou privées.

Mais, dit à son tour M. Emmanuel Vingtrinier, dans une étude consacrée à quelques-uns de nos ouvrages, il faut voir plus loin qu'un livre et un succès. Ce qui importe, et ce qui fait que nous nous plairons toujours à signaler et à encourager des œuvres de ce genre, c'est qu'elles contiennent de précieux matériaux pour la géographie historique de nos provinces, dont le ministre

de l'Instruction publique recommandait la rédaction aux délégués des sociétés savantes, réunis dernièrement à la Sorbonne.

Cette histoire locale, continue notre auteur, il faudrait la vulgariser de plus en plus, au moyen de livres à bon marché, composés par des écrivains impartiaux, qui raconteraient tout simplement ce qui s'est passé autrefois çà et là. Ce serait faire aimer davantage la grande patrie, que de faire, mieux connaître la petite à la jeune génération. Et si nos collégiens, parvenus à l'âge d'homme et mal barbouillés d'histoire grecque et romaine, avaient quelques notions de celle de leur pays, ils ne seraient peut-être pas d'aussi grands sots.

Lyon, le i«f août 1882.

Baron RAVERAT.

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