‹ De Lyon à Trévoux par la Croix-Rousse et SathonayChapitre 22 sur 26 · KO · texte numérisé non relu

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la Révolution, sous une épaisse couche de mortier. Le hasard la fit découvrir il y a fort

peu de temps.

A la réunion formée par trois rues s'élève la

tour du Beffroi ou la tour de l'Horloge ; elle

donne l'heure aux habitants de la ville.

L'église occupe une position ravissante, sur

une terrasse qui domine les voltes gracieuses

de la Saône, et d'où la vue embrasse le massif

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du Mont-d'Or, la plaine verdoyante d'où émerge le clocher de Quincieux, et la longue

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chaîne du Beaujolais qui fuit dans la direction

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du nord. Elle date du XIV e siècle ; à l'exception d'agréables nervures et des fenêtres géminées à jolis vitraux coloriés, le reste est insignifiant.

En fait d'objets d'art, Trévoux peut montrer avec un certain orgueil les peintures à la fresque qui décorent la salle de l'ancien parlement. Elles sortent du pinceau de P. Sevin. Au milieu de nombreuses fleurs de lis et des emblèmes de la royauté, un buste en plâtre de la République, placé vis-à-vis du portrait du duc du Maine, paraît laire assez bon ménage avec tout ce qui l'entoure. Heureuse tolérance de l'autorité départementale !

Dans la salle de la mairie, existe un fort beau portrait de la Grande-Mademoiselle.

Cette princesse est aussi représentée, mais dans un âge plus avancé, sur un autre tableau qui orne la salle du conseil de l'Hôpital.

Cet trois portraits sont peints à l'huile ; celui du duc du Maine est attribué à Rigaud, ceux de la princesse à Mignard.

La ville de Trévoux possédait, avons-nous dit, la plupart des privilèges de la souveraineté ; elle battait monnaie, avait un parlement, une

cour des Comptes, une cour des Aides, etc. Un grand mouvement industriel et commercial était dû aux négociants juifs, qui avaient à Trévoux, outre un affinage et une tréfilerie d'or et d'argent, divers ateliers où se fabriquaient de fort belles pièces d'orfèvrerie. De sa célèbre imprimerie, sortirent de beaux et bons ouvrages, notamment le Journal de Trévoux et les premières éditions du Dictionnaire universel, auquel travaillèrent les plus savants jésuites de l'époque, et qui servit de modèle à la grande Encyclopédie du XVIII e siècle.

La science, d'ailleurs, n'a pas dégénéré à Trévoux, car cette ville a donné le jour à M. le conseiller Valentin-Smith, à M. Mantellier, conseiller à la cour de Cassation, et à M. Guigue, archiviste du Rhône, tous les trois si connus par leur nombreux travaux historiques et archéologiques sur nos provinces.

^Citons encore trois hommes qui, bien que n'étant pas nés dans cette ville, y ont néanmoins résidé pendant quelques années ; leurs noms peuvent trouver place à côté de ceux rappelés plus haut : l'abbé Jolibois, qui s'est fait une certaine réputation dans la géographie et dans

la philologie; Georges Debombourg,vérificateur des poids et mesures, auteur de plusieurs publications historiques, dont les plus importantes sontVAtlas de l'Ain et Y Atlas du Rhône; Maurice Simonet, avoué près le tribunal civil, dont le talent, bien différent, n'en est pas moins apprécié par les amateurs de bons vers et de bonnes chansons, où Ton aime à retrouver la franche gaieté de nos pères, assaisonnée d'une pincée de sel de ce vieil esprit gaulois, un des traits distinctifs de notre caractère national.

Trévoux fut la patrie des frères Bacheville, dont le nom acquit une certaine célébrité, lors de cette réaction royaliste de 1816, dite la Terreur blanche. Ces deux officiers de l'Empire, forcés de s'expatrier, parcoururent la Turquie, l'Egypte et diverses autres contrées de l'Orient.

L'aîné mourut à Mascate, en 1820; le cadet, rentré en France après la révolution de Juillet, et appelé au commandement de la citadelle de Montpellier, s'éteignit dans cette ville, peu de temps après son installation.

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