LE VALLON DE SATHONAY
A la gare de Sathonay, le train laisse sur la droite la ligne de Bourg, traverse à niveau l'avenue du camp à Rillieux, et, par une tranchée creusée dans le poudingue et une pente insensible, arrive sur le viaduc de la Ronzière, jeté sur le vallon des Combes, partie supérieure du vallon de Sathonay.
Ce viaduc, construit en maçonnerie, décrit une courbe très gracieuse ; il se compose de huit arches à cintre surélevé de 12 mètres d'ouverture et d'une hauteur de 23 m. 17, audessus du fond du ravin -, sa longueur est de 135 mètres. Il est couronné d'une corniche qui soutient une élégante balustrade en fer. La
cime des arbres ne saurait atteindre jusque-là.
Au sortir du viaduc, on file à mi-hauteur sur le flanc du vallon; on voit à droite une énorme falaise de poudingue, et à gauche la déclivité qui va finir au fond du vallon lui-même. On a au-dessus de soi le village, le fortin et le château de Sathonay; au-dessous, la machine qui envoie des eaux potables pour le service du camp, le lavoir dit des Soldats et quelques petites fermes disposées çà et là. Un joli effet à signaler : les pantalons rouges et les guêtres blanches que les soldats étendent dans la prairie ou sur les haies pour les faire sécher, vus de loin, font penser à autant de marguerites et de coquelicots. Un ruisselet, la Laiche, parcourt le vallon dans toute sa longueur. On croise quelques petits sentiers et le grand chemin de Fontaines à Sathonay, soit à niveau, soit suides ponceaux ou sous des ponts. Les falaises sont sillonnées d'étroites et profondes ravines, dont la traversée a nécessité des travaux d'art plus ou moins importants.
Tantôt enfoncé dans des tranchées, tantôt élevé sur des remblais, le train arrive sur le viaduc de Sathonay-Fontaines.
Ce
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viaduc est aussi en
maçonnerie et
comprend sept arches de 12 mètres de portée, et de 17 m. 2 5 de hauteur. Sa longueur est de 120 mètres, et sa direction parfaitement droite.
Un troisième viaduc, celui des Côtes, succède immédiatement à celui-là. Construit également tout en pierre, il n'a que trois arches de 12 mètres d'ouverture, sur 22 m.
79 de haut. Il affecte une courbe assez prononcée, et se développe sur une longueur de 60 mètres.
Jusque-là, le tracé de la voie a traversé des terrains vagues, des falaises arides ou couvertes de broussailles. En approchant du village de Fontaines, les flancs de la colline se sont adoucis ; on a rencontré :des habitations de plaisance, des jardins, des clos et un sol d'une grande valeur. On a morcelé de riches domaines, éventré des maisons d'une certaine importance, ménagé des passages sous la voie et élevé des passerelles pour le service particulier de ces propriétés coupées en deux ; les expropriations ont été longues et coûteuses.
Du convoi qui file à toute vitesse, l'oeil du touriste plonge dans le village lui-même et
24 — dans ces jardins, où le propriétaire n'est plus complètement 'chez lui. Il se porte sur les rives de la Saône et sur le massif du Montd'Qr, embelli de villas, de châteaux et de magnifiques ombrages; Les horizons sont devenus plus vastes, plus intéressants ; le paysage a revêtu ce caractère de grâce qui a valu à la contrée une si juste réputation parmi nos citadins et les étrangers qui viennent la visiter.
De plus, il est animé par les embarcations qui naviguent sur la Saône ; par les voitures qui circulent sur la rive gauche, et sur la rive droite par la ligne du P. L. M. où les vagons paraissent et disparaissent selon les reliefs du sol, mais en laissant derrière eux un ondoyant panache de fumée.