‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 188 sur 236 · Id.f t. I, xij · texte numérisé non relu

Id.f t. I, xij

IilSSAl SUR LE COMTE DE CAYLUS.

résolument le parti de rejeter des secours de rencontre, ou de chercher par lui-même. Le placage est mal fait; il ne tient pas. Nous croyons, quant à nous, que si Caylus l'avait osé, il aurait retranché l'érudition d'un livre destiné à former l'œil et la main des antiquaires. Mais, outre la difficulté de parler d'antifjuités sans parler d'auteurs anciens, Caylus voulut faire hoimeur à son titre d'académicien. La méthode et la doctrine ont souffert de cette double nécessité.

11 tire d'ailleurs de ce savoir étranger le parti le plus imprévu. Il en use avec de Boze ou Barthélémy comme avec ses amis de l'Académie des sciences, Clairaut, Jussieu, Mairan. Les érudits fournissent les textes, comme naguère les savants fournissaient les (h>nnées du problème ; mais le problème lui-même, la discussion, la solution, sont à Caylus tout seul. Il est seul capable de mener à terme l'enquête qui reste souvent lettre close pour ses compagnons de travail. L'instrument de découverte est dans sa main et dans son œil : la matière sur laquelle il opère, on la lui a livrée sans toujours savoir ce qu'il veut en faire. Il a donc des préparateurs de laboratoire, mais l'expérience est à lui; des aides, mais la découverte lui appartient. Ce n'est j)as sa moindre originalité d'avoir réduit des hommes d'un savoir supérieur au sien, au rôle de simples fournisseurs de données. Mais c'est bien ainsi qu'il en est. Tant de j)récieux renseignements, dont Caylus n'a jamais dégi^isé l'importance, ne furent jamais pour lui que la pierre et le bois dont se sert l'architecte, — des matériaux, souvent livrés sur mesure. Tant il est vrai qu'il cherche des idées, qu'il en poursuit la vérification par tous les moyens; tant la pensée dépasse chez lui l'explication pure et simple des monuments, tire d'elle-même le principal, et ne demande au dehors que points d'appui. On ne saurait comprendre, sans cela, comment (]aylus emprunte le savoir d'autrui sans être « un voleur de poche »; comment il se procure

L'QbUVRE ARCHÉOLOGIQUE DE CAYLUS. 305

des explications aussi bien que des objets, sans être un plagiaire. Il est nécessaire enfin de ne voir qu'un n.ouvement d humeur dans certain passage où Caylus regrette de ne pas trouver un savant pauvre auquel il achèterait ^^omptant, son érudition '. Ce qui serait cynisme chez un autre est ici l'expression crue, mais naïve et même amusante, du dépit d'un impatient chercheur. Rien ne l'irritait plus que de n'avoir pas constamment sous la main, à commandement, tous les éléments nécessaires à ses opérations Ce n était pas une raison d'ailleurs, parce que \i, Recueil ne visait pas avant tout à l'érudition, pour traiter celle-ci SI légèrement. La ])outade, nous le confessons, est donc un peu vive. Mais il s'agit d'une lettre, et Caylus n'était pas homme à surveiller ses mots.

Les diverses inconséquences que nous avons signalées en altérant parfois la netteté de l'œuvre, n'empêchent pourtant point qu'on n'en saisisse sur le vif l'originalité. Cette originalité consiste, il est temps de le montrer, dans Vêtude rujouremement scientifique des petits monuments ^ C'est là et non pas ailleurs, qu'il faut chercher le secret de la supé' norité de Caylus, et la source de toutes les idées hardies ou neuves qu'il a su répandre. Non peut-être que Cavlus ait eu conscience au début de tout ce qui se cachait s'ous <3ette étude. Mais il avait une méthode qu'il appliqua dès le premier jour rigoureusement. C'est elle qui le conduisit de surprise en surprise, de découverte en découverte. D'un volume à laulre nous voyons le jour se faire dans cet

1. Voici le passage, bien qu'il y ait (pielque danger à le sénarer H., contexte : « Dans tout autre pays, je pourrais trouver quelqT^van

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i»ur le ioc.ll, sur la tradition, et miî renverrait aux auteurs anriens p» modernes qui en ont fait mention. J'en prendrais ce qurje Jouirai s^ étant libre, puisque j'aurais payé. L'abbé S.hiavo me ficlV donc nu s qu'il m'oie celte espérance. » (L. GXXXIII.) ' ^

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