‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 206 sur 236 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

comparaison \ » L'auteur, qui note d'une manière si délicate et si juste la première apparition du goût, ne marque pas avec moins de profondeur la prépondérance de plus en plus absolue de cet élément nouveau. S'il n'y a point de place pour le goût dans l'enfance de l'art, en revanche, quand le goût est né, la destinée entière de l'art est liée à la sienne. Il en règle le développement, il en explique la bonne et la mauvaise fortune. Cause de progrès, il est canse de corruption. Car le goût, chose arbitraire, « est fondé sur le prétexte et les erreurs de la nouveauté, sa plus grande ennemie ^ ». Par là se justifient toutes les révolutions de l'art, les décadences et les renaissances, en vertu du plus simple et du plus naturel des principes, et l'histoire de l'art offre, comme toute histoire humaine, une succession de phases logiques et bien ordonnées.

Winckelmann devait tirer un heureux parti de ces indications, courtes, il est vrai, mais fort nettes. Il étend le sujet; il l'enrichit de tout ce que la vue d'œuvres moins humbles a pu lui suggérer. Moins préoccupé d'abaisser l'orgueil des modernes en leur montrant dans l'art un vieil héritage de pratiques lentement apprises et péniblement conservées, il préfère Thistoire de sa marche à celle de ses tâtonnements, et son âge viril à son enfance. Si Caylus a surtout marqué l'uniformité des débuts, il sera plus préoccupé, lui, d'accuser les différences suivant les latitudes. Le génie propre à chaque race, rintluence du climat, seront tour à tour expliqués, exposés avec cette abondance et ce tact que peut seule fournir l'érudition mûrie par la réflexion. Caylus ne lui en frayait pas moins la route lorsqu'il poursuivait h travers ses manipulations le fantôme de Fart préhistorique. Il parle volontiers, selon le

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