‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 211 sur 236 · CAYLUS ET WINCKELMANN · texte numérisé non relu

CAYLUS ET WINCKELMANN

il se parera de grâce et do noblesse en passant en Grèce pour s'altérer ensuite par la manière, et tomber d'autant j)lus bas qu'il s'était élevé plus haut. Son développement organique présente ainsi non pas plusieurs histoires à peu près semblables, mais une seule histoire générale ayant en quelque sorte autant de phases que de théâtres différents, nettement définie dans ses grandes lignes, illimitée, et susceptible d'accroissements sans bornes dans ses développements accessoires et dans ses preuves. Autant le système de Winckelmann est fermé, exclusif, absolu, autant celui de Caylus est large, ouvert, élastique. Rien de plus opposé que ces deux thèses.

Chacun soutient la sienne avec chaleur. C'est que la vérité importe à connaître : l'enjeu du débat n'est pas moins que la question de l'art grec. Selon qu'on envisagera la marche de l'art, les Grecs auront tout créé, fond et forme, ou ils seront simplement les derniers et les plus privilégiés héritiers d'un ensemble de traditions que leur goût naturel porta à sa perfection dernière. Winckelmann, enthousiaste et i)assionné pour la Grèce, semble avoir justement conçu sa théorie pour la glorification de ce peuple. Il s'attache à réfuter la thèse de Caylus. Il la combat par tous les moyens, soit directement, soit par voie d'allusion ou de prétérilion : à cluKpie instant, on peut lire entre les lignes la crainte qu'il a de voir prévaloir la théorie de son adversaire '. Il discute, il veut prouver à son tour, sans s'apercevoir qu'il ouvre la porte aux objections et aux contradictions. C'est un tort, dit-il, que de s'arrêter à des parties isolées qui ont entre elles de la ressemblance et d'en tirer des conséquences générales -. Fort bien. Mais le témoignage non équivoque des auteurs est déjà une forte })résomption : « Cette opinion sur la prétendue communica-

1. Liv. I, chap. i, S 6, 13, 14, 15; — liv.II, chap. iii,SG,22., etc., et prmîw.

Page 1