L. LXXXIV
SA JEUNESSE
que vous n'écriviez pas plus souvent, et je trouve que l'écritoire de la blanchisseuse n'avait pas laissé de produire de bonnes choses \ » On peut regretter la perte de ces « bonnes choses ». Et pourtant, elles ne gagneraient pas sans doute au voisinage de ces admirables lettres de mère où Mme de Caylus s'est peinte au naturel. La femme que nous y voyons aux environs de 171 o n'est plus cet ornement de la cour, célébré à l'envi par tous les contemporains, depuis le galant Choisy jusqu'au diflicile Saint- Simon -, ni cette actrice accomplie, rivale mondaine de la Champmeslé, dont le seul défaut était de « n'être pas tout à fait assez simple et innocente »; ce n'est même plus la veuve rentrée en grâce non sans éclat, qui est de tous les Marlvs et de tous les Fontainebleaux ^ : c'est la mère sur la fin de son crédit et de ses ressources, inquiète pour ses enfants, industrieuse et même quêteuse à leur intention, s'exposant pour eux à des affronts doucement supportés, quelque chose enfin comme une Sévigné pauvre et résignée. Au début, Mme de Maintenon peut encore l'aider; sa nièce emploie à charmer Néron tout l'art de ses « coquetteries ». Elle lui rappelle certaine conversation à Fontainebleau : son mari était menin de Monseigneur; ne pourrait-elle obtenir une charge semblable pour son fils?. Car elle a « une extrême passion » d'attacher son fils au