L. xciv
2. Nous ne rappelons que pour mémoire les jolis vers sur elle du vieux La Fare, partout cités; — le mémoire sur Vurbanilé du docte Gédoyn, et le post-scriptum; —le portrait de Rémond, cité par Sérieys et par M. Raunié, — etc. (Voir le jugement de Sainte-Beuve, ouvr. cité.)
3. Les lettres antérieures à 1115 sont datées de Marly, de Versailles, de Paris, de Fontainebleau, suivant les voyages de la cour. Après sa rentrée en grâce, Mme de Caylus eut le logement à Versailles. Son lils en reçut un au grand commun (1. XI), qu'il conserva sous Louis XV. (Voir Concourt, Portraits intimes du XYlll^ siècle, p. 26.) Enfin, en 1714, Mme de Caylus était pourvue par brevet d'un logement au Luxembourg. C'est de là qu'elle s'échappe pour se réfugier au couvent, à Sens, après la mort de Louis XIV. C'est là que la ramène l'arrivée de ses fils, rappelés l'un d'Italie, l'autre de Malte.
ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS
SA JEUNESSE
daiipliin, ce qui serait important pour lui, « soit qu'elle le marie ou ne le marie pas si tôt ». Il faut bien avouer qu'un peu de né-ligence, l'irré-ularité de sa situation, et un goiit prononcé pour le jeu n'étaient pas étrangers à ces difticultés ^ Elle tAche pourtant d'en sortir; elle lutte à l'occasion contre elle-même. Elle a de belles résolutions. — Quelque argent est-il arrivé : « Je ne le mettrai point sur une carte, je vous le promets; il payera le voyage de mon fils, et me fera payer les avances de M. Tbibaut *. » Mais bientôt les imprudences recommencent et les inquiétudes avec elles.
Grâce au ciel, le comte a des besoins modestes. Entre la mère et le fils, c'est une lutte de délicatesse. « Vous faites bien le glorieux sur l'argent », lui écrit-elle. Ailleurs : « Le marquis dllarcourl m'a conté le misérable état où vous étiez; vous allez manquer de tout, de Ibumeur dont je vous connais.... Quoique le marécbal de Bervvick m'ait fait toutes sortes d'ofTres, je ne veux pas en abuser, ni que vous soyez comme un gredin \ » Le spectacle d'une telle femme aux prises avec la plus terrible des misères, celle des grands jadis en place, inspire tristesse et respect. Tantôt c'est une lettre qu'on fait remettre timidement au roi par M. Blouin *; tantôt c'est Mme de Maintenon qui aide de sa bourse privée : « J'ai trente louis à vous : à quel pauvre voulez-vous que je les donne? car, si vous êtes lasse des liommes, vous ne l'êtes pas encore des malbeu- La mort du roi complique encore les affaires.
reux
1. « hlle caimait le jou sans avoir de (luoi le soutenir, encore mieux la table, ou elle était charmante. » (Saint-Simon.) -Il en parait bien quelque chose dans ses jolies lettres, quand elle parle avec conviction du « beau lansquenet ,>qu on trouve chez Mme la Dauphine, ou d'un dîner où elle irait « plutôt a quatre pattes »....