LA RUE RAVIGNAN
« Imporluner mon Fils à l'heure où tout repose Pour contempler un mal dont loi-même souris ? L’incendie est comme une rose
Ouverte sur la queue d'un paon gris.
Je vous dois bout, mes douleurs el mes joies. J'ai tant pleuré pour être pardonné !
Cassez le tourniquel où Je suis mis en cage ! Adieux, barreaux, nous partons vers le Nil ; Nous profitons d'un Sultan en voyage
Et des villas bâties avec du fil
L’orange et le citron tapisseraient la trame Elles galériens ont des turbans au front.
Je suis mourant, mon souffle est sur les cîmes ! Des émigrants j'écoute les chansons
Port de Marseille, ohbé, la jolie ville,
Les Jolies filles et beaux amoureux ?
Chacun ici esl chausoé d'espadrilles :
La Tour de Pise et les marchands d'oignons.
Je le regrette, 6 ma rue Ravignan !
De tes hauteurs qu'on appelle antipodes
Sur les pipeaux n'ont enseigné l'amour
Douces bergères el leurs riches atours
V’enues ici pour nous montrer les modes.
L'une élait Jolle ; ; elle avail une bigue
Avec des fleurs à ses cornes de Pan ;
L'autre pour les refrains de nos fêtes bachiques La vague et pure voix qu'eûl rêvé Malibran, L’impasse de Guelma à ses corrégidors
Et la rue Caulaincourt ses marchands de tableaux Mais la rue Ravignan est celle que j'adore
Pour les cours enlacés de mes Ho le-drapeaux,
La, taillant des dessins dans les perles que j'aime Mes défauts les plus grands furent ceux de mes poèmes.»
. » e f , £ . 0 É Je crois n'avoir pas ex ne et la citation
complète, plus que tout commentaire, laisse deviner
‘éclat d'une telle poésie. Aï-e b . pour les amateurs de souligner les vers subtils où chaque idée appelle une idée, où l'ironie savante devient de l'émotion :
Cassez le lourniquet où je suts mis en cage.
Ce même esprit nous le retrouvons dans l'impromptu suivant :