‹ De Mallarmé à 391Chapitre 16 sur 28 · MADAME X · texte numérisé non relu

MADAME X

Tant bayadères sont tes hanches El tes manches Tant peu sages

Tes crabotages de corsage

Sur le nu Ton dentellier tant fendu Que si ton chapeau fleuri Ne dit oui Au moins rien jusqu'au chignon

N'a dit non.

Avec, en plus, une métrique désarticulée comme le corps d’un pantin qui fait voir quel ouvrier du vers sait être, lorsqu'il le veut, Max Jacob.

On sait la dilection de Max Jacob pour le calembour, la déformation et les tics des mots et quelle symphonie cohérente et cocasse il en tire. On sait que ses détracteurs lui en font un grand grief car ils ne comprennent pas la part de poésie qui peut entrer dans ces coq-à-l’âne, lassants, en vérité, à la longue, mais souvent ahurissants et drôles. Tout n’est pas appréciable et lorque Max Jacob écrit :

La belle-mère amère du maire.

le jeu est trop facile, partant sans agrément. Plaisanterie de calicot ou d’employé de banque. Mais lorsque avec de simples mots, il compose une chanson délicieuse, nous le bénissons d’avoir de l'esprit :

Madame la Dauphine

Fine, fine, fine, fine, fine, fine,

Fine, fine, fine, fine

Ne verra pas, ne verra pas le beau film Qu'on y a fait tirer

— Les vers du nez —

Car on l'a menée en lerre avec son premier né En terre etàa Nanterre Où elle est enterrée

Quand un paysan de la Chine Shin, sbin, shin, sbin, shin, shin Peut avoir des primeurs

— Fruits mûrs —

Il va chez l’imprimeur

Ou bien chez sa voisine

Shin, shin, shin, shin.

Tous les paysans de la Chine Les avaient épiés

Pour leur mettre des bottines Tine ! tine!

Ils leur coupent Les pieds.

M. le comte d'Artois

Est monté sur le toit

Faire un compte d'ardoises HOPeloirr at, Los

EL voir par la lunelle

Netle, nette ! pour voir si la lune est Plus grosse que le doigt.

Un vapeur el sa cargaison Son, d0h, 401, 90h, 40, d0N.

Ont échoué contre la maison.

Son, 401, 0h, 501,

Chipons de la graisse d'oie Doye, doye, doye

Pour en faire des canons.

Max Jacob appartient au mouvement moderne. Il y a plusieurs années, son amitié avec les cubistes qui exposaient leurs premières toiles, ses poèmes désaxés, sa verve souvent abstruse; sa réputation de magicien, tout cela contribuait à faire de Max Jacob un poète énigmatique. On chuchotait sur l’étrangeté de son œuvre. Ce mystère, comme toutes les mystifications, cachait tout simplement un original ef bon talent. Rien de plus. Parce qu'on laissait trop attendre de lui, la déconvenue suscitait de l'injustice. il écrit pourtant d’agréables choses :

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