RUBANS BLANCS
Un nuage qui suit son ombre sur la rive EE an plafond Une ligne blanche
Et le profil
Le large
Sur l'horizon
Le ciel se ride Tout le long de l’eau Au bord humide de la plage Des pas Un chemin découvert qui ne finira pas. »
Guillaume Apollinaire fut un des esprits les plus originaux, les plus libres, les plus féconds du temps. Plusieurs de ceux qui l’ont connu m'ont dit son esprit, sa gaieté. Toussaint Lucas, Rouveyre ont retracé sa vie. Il y avait, chez Apollinaire, en plus du charmant compagnon, un lettré presque classique,
’érudition bénédictine et qui aimait d’un amour savant le passé. Son œuvre, pleine de trous, est coupée ‘éclairs. Un des premiers, Apollinaire vit qu'il fallait
et qu’on pouvait aller plus loin que Mallarmé. Les subtilités symbolistes ne sont rien à côté de ses trouvailles personnelles.
L’Enchanteur Pourissant, l'Hérésiarque, et C', Alcools, Les Mamelles de Tirésias, contiennent de ces nouveautés qui ont pu un instant nous ravir mais dont l'abus nous les fait paraître surannées et fastidieuses. On sait d’ailleurs qu'Apollinaire lui-même avait peu à peu récusé cette forme ; il revenait, dans son dernier volume de vers, les Calligrammes, au mètre classique, l’hexamètre, qu'il maniait si bien; ses livres de prose, #édilations Esthétiques, le Fläneur des Deux Rives, la Femme assise, sont écrits dans une langue sobre, claire, musclée que n’embarrassent pas les subtilités du modernisme.
Ce qui caractérise la poésie d’Apollinaire, c'est la floraison naturelle de pensées neuves, de de comparaisons cocasses, de plaisants paradoxes. On devine, il est vrai, derrière le drame qu'il nous joue, le sourire un peu pincé du mystificateur. Voici, à l’appui, un poème d’Apollinaire qui témoigne en faveur des qualités précitées