L INTRODUCTION
La lutte du mal contre le bien, si sensible dans la vie de Jésus- Christ et dans l'histoire de TEglise, est figurée, dès le commencement, dans la lutte de Gain contre Abel. La mort sanglante de l'innocent Abel est . en ell'et , considérée comme le premier type de la mort de Jésus , Finnocent par excellence. Détail frappant : Gain entraîne Abel dans la campagne pour l'immoler, comme les Juifs entraînent Jésus hors de Jérusalem. Le sang d'Abel, et mieux encore celui de Jésus, crient de la terre vers Dieu, selon le mot énergique de saint Paul'. Le sort de Caïn errant sur la terre en punition de son homicide est considéré par les Pères comme limage de celui du peuple juif, errant, sans pairie, en punition de son déicide. La terre deviendra stérile pour Gaï'n, et l'antique synagogue, à la mort du Ghrisl , perdra sa fécondité.
Noé, dont le nom signifie consolation et repos, comme celui de Jésus signifie salut, sauve l'humanité par l'arche, qui surnage sur les eaux de la destruction universelle. Il est considéré par les Pères comme un type de Jésus sauveur du monde. Ge qu'il place avec lui dans l'arche est préservé des eaux; ce que Jésus -Ghrist garde avec lui dans l'Eglise y échappe à la perversité et à la mort éternelle. Les Pères vont plus loin encore : Vterque [Noe et Christus) facit homines per lignum inco-
' Ilebr. XII, 24
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lûmes. L'arche est signalée partout comme la figure de FEglise : on sait combien les peintres des catacombes ont aimé à la reproduire. En dehors de Farche sacrée du Christ, point de salut éternel; en dehors de l'arche de Noé , point de salut temporel. Il y aurait un chapitre entier à introduire ici , si l'on voulait suivre saint Augustin expliquant les sens typiques de l'arche ^ .
L'humanité doit son salut à Noé : le monothéisme et les promesses messianiques sont gardées comme d'un autre déluge universel , celui de l'erreur, par Abraham et sa famille. Abraham quitte son pays, ses parents, sort de Chaldée el va au lieu que le Seigneur lui a montré. Dieu veut que l'alliance qu'il contracte avec lui soit scellée par un sacrifice ; et quel sacrifice ? Celui d'Isaac , son fils unique. En réalité , Dieu ne voudra point accepter l'effusion d'un autre sang que celui de Jésus au Calvaire; mais Abraham et Isaac n'en figureront pas moins Dieu le Père acceptant le sacrifice de son Fils bien-aimé, et le bois du sacrifice, porté par Isaac , figurera le bois de la croix que porta Jésus.
Nous avons étudié ailleurs l'histoire typique de Melchisédech-, et nous ne pouvons que la rappeler.
' Auyusl. C Faust, xiv et seqq. \ V. notre volume précédent, de l'Eden à Moïse, Noé, le Déluge.)
- V. notre volume de l'Eden ù Moïse.