CONCLUSION
j'ai eu l'audace de revendiquer un droit égalitaire, qui, avec les lois logiques et fatales de l'évolution sociale s'affirmera et se réalisera inéluctablement, dans un avenir très prochain, c'est, qu'ils le saclient bien, plutôt en leur propre nom, que * pour la gloire illusoire de me parer de l'habit vert et de ceindre Tépée qui ne vit point le sang...
Il me reste un espoir : c'est que ceux-là qui s'aviseront après moi de répéter mon geste de candidature plébéienne devant la docte assemblée, sauront retourner et ensemencer plus aisément le sillon que j'ai ouvert, où j'ai enfoui le germe de ridée, et aussi que par un nouvel et définitif effort ils arriveront enfin à la faire porter ses fruits.
Car cette initiative, toute de raison et de justice
— initiative dont je suis fier d'être le promoteur
— fera son chemin, n'en doutez pas. Elle le fera en dépit des préjugés aveugles et sourds d^une certaine catégorie d'esprits immobiles et réfractaires à tout progrès humain, en dépit aussi des ironistes et des sarcastiques de boulevard, vifs amuseurs et endormeurs des foules. Elle fructifiera, dis-je, parce qu'elle est neuve, moderne et correspond logiquement aux aspirations généreuses dune époque qu'enfièvre magnifiquement et qu'exalte vers un plus vaste idéal, un souci plus impérieux de progrès sans cesse et de progrès toujours !
Dans l'état actuel de la société contemporaine, riionnête succès littéraire comme la fortune bien acquise tendront de plus en plus à n'appartenir
qu'k ceux qui par des moyens audacieux mais loyaux, auront œuvre pour conquérir Tune ou Tautre. Trop de triomphes factices, trop de richesses usurpées ont mis en vedette des individualités qui ont dérobé aux véritables travailleurs leur juste part de laurier. Le temps n'est pas encore venu, où, au jardin de la notoriété, seront seuls couronnés ceux dont le labeur fut sincère, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur probité d'ouvrier de la pensée. Mais ce temps approche. Je Tentends venir. Et si j'ai échoué au seuil que gardent les lions accroupis, je conserve du moins pour moi la fierté d'avoir posé ma main rude au heurtoir et d'avoir vers l'amphithéUtre d'où quarante immortels nous contemplent, crié, hérault des petits et des oubliés ; « Ouvrez, c'est le Peuple qui frappe et réclame son fauteuil. » Cette fLerté-làje l'emporterai dans la tombe. Elle m'accompagne dans la vie future. Et c'est ainsi qu'elle, au moins, sera immortelle l...
Atant-Propos '
.a petite patrie, — Ceux qui la chantent. — Langues latines. — Mon village. — La maison paternelle.— Mon grand-père. ...... 13
Mon enfance. — Mon frère. — La lutte pour la vie. — Mon père et ma mère malades. — Jours de misère. — Le bon docteur 20
Me voilà petit berger. — Chez M. le Marquis. — Au mas de Guiraud-Grézan. — Le cours d'adultes. — Nîmes-la-Romaine 25
Tous les métiers sont bons. — Mes premières œuvres. — Langue d'oc et langue française. — Poésie et agriculture. — La mort de mes pauvres parents. — Le bon ami Jayet 32
Chez Francisque Sarcey
L'influence des Anna/es sur mes goûts poétiques.
— Ma sympathie pour l'Oncle. — Jayet m'accompagne. — Audition improvisée. — Bonnes paroles du maître. — La cousine Yvonne . . 38
Gomment je fonde une Revue. — De Nîmes à Paris. — Mes premièresrelations dans la capitale.
— Félibres et Félibrige. — L'homme qu'était Paul Arène. — Une scission chez les félibres. 45
Le prosateur provençal Baptiste Bonnet. — L'ami d'Alphonse Daudet. — Ernest Chebroux. — La bonne chanson française. — Au Chat Noir,
— Rodolphe Salis 51
Hommage à François Goppée. — Un album d'autographes. — Chez l'auteur du Passant. — Lettres de Goppée et de Mistral. — Un banquet littéraire. — Jules Troubat fait l'éloge de la poésie 57
V A propos d'une préface. — Au Café Cardinal.
— Autour d'une aventure. — Un ami d'enfance de Goppée. — La lettre sanglante. — Le coup d'un éditeur 64
En Angleterre
Mon voyage à Londres. — Sur le bateau. — A ^ table avec Glovis Huges. — A travers la ville.
— Eglises et monuments. — Arts et littérature. 71
En Belgique
De Paris à Bruxelles. — Griserie de voyage. — Sur la Colonne duCongrès. — Sensations de poète. — Devant la foule. — Notes et observations 78
En Suisse
Devant le lac Léman. — Promenadedans Genève.
— La perle de la Suisse. — Notes poétiques.
— Excursions dans les environs 84
En Italie
Terre de poésie et d'art. — Réflexions d'un passant. — Quelques villes d'Italie. — Turin, Pise et Gênes. — Tableau triste. — Eglises et palais. 90
A Rome
Sur la route de Rome. — Décors et paysages. — En terre promise. — La ville aux sept collines.
— L'art et la beauté. — Improvisation poétique. — Rêves et contemplations ..... 96
Chez Frédéric Mistral
La terre latine. — D'Avignon à Maillane. — Auprès du maître. — Promenade avec lui. — Causerie familière. — Ses figues et son vin. — Doux souvenirs 103
Chez Henry Fouquier
Le rôle d'un critique. — Ses débuts littéraires. — A l'hôtel du Figaro, — Conversation avec le maître. — L'éloge de la poésie 112
Chez Jean Aicard
Le poète populaire. — Détracteurs et médisants. Le pa,psi des jeunes auteurs. — Bons conseils.
— Autour du 7iic/ d'un poète 118
Chez Armand Silvestre
L'écrivain latin. — Une lettre du maître. — Ses appréciations sur les jeunes. — Salut à Mistral.
— L'influence de la femme sur l'homme . . 124
Chez Edouard Drumont
^e lettré et l'observateur. — A la Libre Parole, , — L'éloge de l'œuvre de son ami Alphonse Daudet. — L'avenir de la littérature. . . . 129
Chez Henry Houssaye
.ettre d'un ami. — Alfred Migrenne et Henry Houssaye. — Souvenirs d'enfance. — Illusions et misères des jeunes auteurs. — Hommage à Daudet 134
Chez Jules Troubat.
-'ancien secrétaire de Sainte-Beuve — Confession d'un lettré. — Curieuses étapes de sa vie.
— Amour et reconnaissance pour son maître.
— Intéressants souvenirs 140
Chez Alphonse Daudet
fn fils de la race latine. — Le pur artiste des lettres.— Son esprit et sa bonté. — Une recommandation pas inutile. — Hommage de sa ville natale 146
Chez le prince de Lusignan
le prince de Jérusalem, de Chypre et d'Arménie.
— La villa magique. — Son Altesse Royale me décore. — Douce promenade. — Paroles royales. — Gigantesque mystification 152
Chez Alphonse Allais
Le poète Auguste Marin. — Gomment il me fit connaître Allais. — Un entretien au Journal.
— L'esprit du prince des humoristes. — L'acclimatation des cigales. — Ses débuts au Chat Noir 157
Chez Emile Zola
^ola et les Décadents. — Un article du Figaro. L'offre d'un banquet. — Conversation avec le chef du naturalisme. — Une lettre du maître. 163
Chez Catulle Mendès
Illustre poète et illustre fat. — Émotion et névrose. — L'insolence du génie. — Causerie avec le maître. — Les suites d'un bon accueil.
Chez Adolphe Pieyre
Ami et protecteur. — Un lettré oublié. — L'évolution de l'art. — Du romantisme au naturalisme. — Les bons auteurs 176
Hommage à Alphonse Daudet. — Quelques pages d'un album d'autographes. — Les maîtres contemporains y collaborent. — La mort du grand écrivain anéantit mon projet. — Don à la ville de Nîmes 182
Le complot de 1899. — Ma citation à comparaître. — Rochefort, Drumont et Gyp. — Quelques autres témoins. — Les gaîtés de l'attente . . 190
Mon voyage à Orange. — Notes rétrospectives. — La ville et ses monuments. — Le Théâtre antique et sa restauration. — Ses représentations triomphales 197
La fondation de V Audace et Adolphe Pieyre. — Lettres d'Emile OUivier, dHaussonville, Paul Hervieu, Edmond Rostand et Jules Lemaître, de l'Académie française. — Lettres de Jules Verne, Léon Daudet, Jules Lermina, Glovis Hugues et Jules Troubat '203
|ila candidature à l'Académie française. — Lettre aux Immortels. — Premiers encouragements. Lettre de M. Gabriel Hanotaux 212
<Hî/f
Ma candidature et la Presse. — Paul Ginisly, Sergines, Gustave Kahn et Jean Bernard approuvent mon Geste. — Fantaisistes et humoristes 218 ^
Chez Maurice Barrés
Autour de la beauté. — L'homme et l'œuvre. —
Doctrinaire et poète. — En attendant le mai- S
tre. — Une lettre de Barrés. — Il me promet "
sa voix.'— Réflexions d'un grand penseur. . 224
Chez Jean Richepin
Le Titan de notre langue. — Ses peintures ^énidi' «. les. — Auprès du maître. — L'éloge du peu- H pie. — Paroles d'encouragement 232
Chez Gabriel Hanotaux
Notes et croquis. — Une réception charmante.
— Travail et Patrie. — Provence et Languedoc.
— Impressions d'un philologue. — Hanolaux
et Barrés 238
Chez René Bazin
Doux accueil. — Autour d'un bon feu. — Causerie avec le maître. — Le travail c'est la vie.
— L'effort d'un écrivain. — L'ami des humbles. — Mots d*espoir 244
Chez Alfred Mézières
Le fils de la Lorraine. — Le patriarche du quartier Latin. — Souvenirs du pays du soleil. — Mistral et la langue provençale. — Une anecdote du doyen des Quarante. . , . . . . 248
Chez Etienne Lamy
Une visite tardive. — Sa voix est engagée. — L'éducation de la démocratie.— A propos d'un fauteuil. — La grâce d'un ironiste 253
Chez le comte d'Haussonville
L'ami de la classe ouvrière. — Un écrivain social.— L'apôtre de la démocratie. — Un homme sympathique. — Paroles réconfortantes . . . 257
Chez le marquis de Vogué
lA travers un palais. — En plein rêve. —Deux lettres pour un rendez-vous. — Une conversation intéressante.— Souvenirs et bons mots du maître '^^^
Chez Paul Deschanel
L^homme politique et le littérateur. — La sim-
plicité d'un immortel. — Les amis du peuple. m — Les grands écrivains sont des éducateurs. —
Son amour pour la poésie. 268:
Chez M. de Freycinet
La carrière d'un homme politique. — Une visite inutile. — Le maître est là sans y être. — Une fâcheuse grippe. — Vaine attente. — Solution prévue 27*
Chez Emile Faguet
Le vieil étudiant. — Une demeure modeste. —
L'académicien et son poêle. — Ses apprécia- ^ lions sur les candidats. — Propos d'un facétieux. 2»!
Chez Henri Barboux
Le chapeau de M. de Pomairols. — Notes d'intérieur. — Les étapes d'un ancien bâtonnier. — ^ilL V^ Lois et usages académiques. — Un ennemi de ^^ '^ la langue de Mistral 283
Chez Albert Vandal
Un grand historien. — Lettre du maître. — La Provence vaut la Grèce. — Une loi antifran- ^ çaise. — Les professions libérales 288
Chez Thureau-Dangin
En attendant le maître. — Méditations et recueillement. — L'Institut et les génies nouveaux. — Rayons d'espoir. — L'éloge de la famille . . 293
Chez le vicomte de Vogué
Le parfait gentilhomme. — Retour de voyage. — Hommage aux humbles. — A propos du Roman Russe. — L'horreur du naturalisme . . 298
Chez Francis Gharmes
vJn illustre Auvergnat. — Silhouette d'un sage.
— Première rencontre. — Une visite tardive.
— A la Revue des Deux Mondes. — L'Auvergne et ses enfants 303
Chez Paul Bourget
*sychologue et analyste. — Barrés et Bourget.
— Un regard sur son œuvre. — Paroles sincères. — Une lettre du maître 3 10
L'élection académique. — Mon pessimisme. — ^ A qui le bulletin de vote ? — Ma lettre à Barrés.— Propositions américaines 316
LU
L'épilog-ue d'un beau geste, — Le médaillon de Barrés. — Une visite du maître. — Autour d'une petite fête. — Toasts et congratulations. 32^/-
Conclusion 328
Index des noms cités 343
INDEX DES NOMS GITES
Adam (M'^^ Juliette), 179* Adrien (empereur), 98.
Aicard (Jean), 118 à 123,
Allais (Alphonse), 55,157
à 162. Allemand (Léon), 326.
Amy, 48, 108.
Amouretti, 48.
ViUin (d'), 222.
.\ntonin (empereur), 30,
Arc (Jeanne d'). 73, 119.
Arène (Paul), 48, 49, 61,
Aubanel, 111, 250, 319.
Augier (Emile), 123, 220,
Aurèle (Marc), 98.
Auriol (Georg-es), 55.
Autraii (Joseph), 220.
lialincourt (Marquis de),
Ballesdent, 221.
Balzac (Honoré de), 177,
Baragnon (Louis-Numa),
Barboux(Henri),283 à 287.
Bard (Louis), 33.
Baric (Dessinateur), 15.
Barrés (Maurice), 15, 179,
242,243,290,310, 3ig^