GUIGNOL
Un de mes étonnements, en arrivant à Paris, il y a une quinzaine d'années, fut de voir, dans les Champs-Elysées, la plupart des baraques de Polichinelle décorées du nom de Guignol. Je n'avais pas été préparé à cette confusion ou à cette transformation de type, & j'en conçus beaucoup d'inquiétude. Machinalement je prenais' la route de l'Arsenal pour me renseigner auprès de Nodier, lorsque je me rappelai que Nodier était mort. On me dira peut-être qu'il était facile de m'adresser aux montreurs de marionnettes eux-mêmes ; mais cela était trop facile, en effet. Les moyens naturels répugnent aux curieux.
Il s'écoula donc quelque temps avant que je susse ce que c'était que Guignol; j'avais fini par croire que c'était le nom du propriétaire de ces baraques. Combien de Parisiens encore plongés dans la même ignorance à ce sujet ! Enfin un
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hasard, je ne sais plus lequel, m'amena à cette découverte : que Guignol était une marionnette originaire de Lyon, moderne, ne ressemblant à aucune autre, ni par le langage, ni par lecoftume, Tincarnation grotesque de l'ouvrier en soieries appelé canut.
Ce premier point obtenu, le refté allait tout seol. Mon plan d'enquête fut circonscrit aux Lyonnais de ma connaissance, près desquels ma curiosité trouva amplement à se* satisfaire. Et mon voyage à Lyon, entrepris avec cette préoccupation, m'a définitivement mis en mesure de me conftituer l'hiftorien & le poëte de Guignol.
L'homme qui, dans un temps aussi troublé que le nôtre & aussi dévoré de soucis industriels, a la puissance de créer une marionnette & de l'imposer à son époque, cet homme-là me paraît aussi fort que Prométhée. Songez-y donc : une marionnette, une marionnette nouvelle! au dix-neuvième siècle! Je ne sais pas d'audace comparable à celle-ci. Vous trouverez vingt types de comédie avant de trouver une formule de marionnette. Puis, une fois la marionnette inventée, la faire admettre, la faire ' connaître, la faire entrer dans nos habitudes &
dans nos mœurs; mieux que cela, lui assigner son rang parmi les autres marionnettes, les grandes, les consacrées, les classiques ! Voilà le surprenant, Fincroyable, l'impossible! Après le génie, le tour de force !
Cet homme s'eft trouvé cependant, & Téternelle gloire de Lyon sera de lui avoir donné naissance. Il s'appelait Mourguet; il était enfant du peuple, colporteur, marchand de chansons; mais, avant tout & surtout, il avait la marionnette infuse. Tout petit, — je parle de quelques années ayant la Révolution de 1 789, -i-il s'amusait à organiser des représentations à une fenêtre.du quatrième étage de la rue des Prêtres. On se tromperait si l'on allait s'imaginer qu'il inventa tout d'un coup la figure de Guignol. Il n'en était alors qu'au simple Polichinelle. Lorsqu'il eut âge d'homme, il fonda une baraque sur le cours Morand, &, plustard, au jardin Chinois. Mais le jardin ChinoiSj^ où étaient inftallés aussi des chevaux de bois & des petits speftacles de danse, ne travaillait que pendant la belle ^aison. Les hivers, Mourguet les passait à Vienne & aux environs; il y donnait des soirées de Polichinelle. Son théâtre était vite dressé dans l'arrière-boutique ou le salon : quatre piquets & la traditionnelle toile à carreaux rouge en faisaient tous les frais.
A cette époque, Mourguet sentait déjà vaguement s'agiter quelque chose dans son cerveau; il éprouvait ces maux de tête qui précèdent toujours Tenfantement des Pallas. Un caprice du public le Jeta dans sa voie. Le public, injufte envers les marionnettes comme envers les hommes, se lassa un jour de Polichinelle & manifefta son ingratitude parce mot local : ^,Ce/l guignolant! » Mourguet demeura calme sous TafFront. Il avait son projet. Peu de jours ensuite on vit apparaître une singulière petite marionnette, couverte simplement d'une vefte & paf lant comme on parle dans les faubourgs de Lyon. Il l'avait baptisée du nom de Guignolant. Les speftateurs auraient pu prendre fort mal cette plaisanterie , qui était tournée à peu près comme une épigramme ; ils furent ravis. A un certain moment, Guignolant, armé d'un bâton, s'approcha de Polichinelle, &, du premier coup, il le fit voler en éclats. Un mouvement de ftupeur courut parmi la foule, qui comprit aussitôt que le grand Pan était mort. Polichinelle, en effet, était bien & dûm.ent assommé ; &, à partir de ce jour-là, il ne reparut plus sur la scène.
Ce drame avait lieu en 1818.
Le nouveau fantoche, que l'on appela Guignol par abréviation, devint bientôt l'idole du peuple yonnais, dont il reproduisait l'accent & les ges-
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tes. Mourguet avait de la verve, &, sans avoir lu Ariftophane, il s'en appropriait heureusement certaines audaces. Ce n'était pas assez d'avoir créé Guignol, il fallait encore lui donner des compères, un entourage qui ne fût pas celui de Polichinelle; la révolution devait être complète jusqu'au bout. Alors furent trouvés Gniafron & la Madelon, dont je parlerai tout à l'heure.
Aucuns genres de succès ne manquèrent à Mourguet. Passant à Lyon, Talma voulut le voir, Talma voulut le féliciter. Mourguet ne fut point ingrat envers la gloire; depuis longtemps il songeait à assurer le sort de sa création ; toute sa famille avait été élevée dans le respeél & l'amour de Guignol; il fit souche àHmpresariiy formant & désignant comme ses successeurs son fils d'abord, & ensuite son gendre Josserand. Le café du Caveau sur la place des Céleftins, — où un transparent éclaire encore aujourd'hui le nom de Guignol, — a été le théâtre de leurs représentations fameuses.
Je ne veux pas chercher comriient l'esprit de concurrence se mit un jour au sein de ce trio. Lyon apparemment n'était plus assez grand pour contenir Guignol, car Josserand , donnant l'essor à son ambition, prit en i832 la route de Paris. Il se montra au boulevard du Temple & aux Champs-Elysées; il alla même à la cour de
Louis- Philippe, où on le demanda. Ce fut ainsi que s'accomplit à Paris, comme elle s'était accomplie à Lyon, l'usurpation du royaume de Polichinelle par Guignol, Usurpation qui, plus tard, devait tant m'étonner. Voilà donc un point d'hiftoire fixé.
Aujourd'hui Mourguet eft mort, Josserand eft mort, mais Guignol vit toujours ; on le retrouve dans tous les quartiers de Lyon. Là où la tradition s'eft conservée le plus fidèlement & le plus complètement, c'eft dans l'ancienne rue Ecorche- Bœuf (les Lyonnais prononcent Corche- Bœuf), à présent rue du Port-du-Temple. Entrez vers huit heures du soir, au numéro i6, à l'hôtel du Cheval noir; suivez une assez longue allée & tournez à droite : vous vous trouverez dans un café, au fond duquel se dresse un petit théâtre. L'orcheftre eft figuré par un piano, que tient un aveugle.
Le speftacle commence, mais Guignol ne paraît pas tout d'abord. Ce sont des scènes d'ombres chinoises , des féeries ambitieuses. On boit & on fume dans la salle. A dix heures, il se fait un certain mouvement parmi le public, tout composé d'éléments populaires. La toile se re-
lève pour Guignol ; Guignol eft en scène ; le voilà avec son petit serre-tête noir, terminé par une queue ou sarsifis en demi-cercle, avec sa vefte marron à boutons blancs. Il salue par hauts-lecorps brusques & courts; son visage eft absolument dépourvu de nez, particularité étrange ! On doit supposer qu'il Ta usé à force d'en taper le rebord du théâtre pour scander son débit.
Guignol parle canut, & Ton rit. Il n'eft pas aisé de donner une idée de l'accent canut, accent traînard, plein d'inflexions doucereuses, caressantes, hypocrites même; avec des o & des a démesurément circonflexes : une sâlle^ une table; puis, des terminaisons vives, dans le goût bordelais. Quant au vocabulaire canut, une jnosaïque d'argot, de patois, de néologismes à dérouter Francisque Michel. *
Guignol bambane (il flâne) , en attendant son ami & compère Gniafron ; on entend celuici chanter un refrain bachique dans la coulisse; on le voit : il a d'épais favoris, un vafte chapeau tromblon presque blanc. C'eft un savetier, comme l'indique son nom, un savetier toujours en proie au soif entent. Point de bonnes parties, point de bonnes /r/pes pour Guignol sans Gniafron, & réciproquement. Je ne répondrais point de la parfaite moralité de ces deux amis; ils se prêtent assez volontiers un coup de main à l'occasion,
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comme dans le Déménagement, une des pièces classiques de leur répertoire.
J'ai dit : leur répertoire. Il y a répertoire, en effet; grandes & petites pièces, en un, deux & trois aftes. Les plus fameuses sont :
Guignol avocat. La tête de cochon.
Guignol dentiste. Le marchand de picarlats .
Guignol revenant. Le marchand d'anguilles.
Guignol magicien, La botte de paille.
Guignol dans la lune. Tape sur moi.
Guignol en Chine, Turlupiton,
Le marchand de veaux. Les frères Kock,
Tu chanteras. La racine merveilleuse,
La moutarde de Dijon. Les couverts volés.
La théière. L'alchimiste.
La redingote. Le pot de confitures, etc.
Ces petites pièces sont fort gaies ; une d'elles , qui passait la permission, la Redingote, a dû être défendue. Tous les Lyonnais vous la diront, — entre, autres Berthelier, Pierre Dupont, Pailleron. Il s'agit d'un quiproquo roulant sur une redingote & une fille. Guignol avocat a dû également être rayé du tableau.
D'autres scènes, telles que le Marchand de picarlats (les picarlats sont des fagots), ont une saveur de terroir; on voit Guignol amenant son ai:e chez un perruquier, pour que celui-ci lui accommode la miijiache & la muche. Naturellement le perruquier refuse, a Ah ! tu ne veux pas
le raser à bâbord; eh bien, tu le raseras à tribord! » s'écrie Guignol en retournant Tanimal,
J'ai retrouvé l Habitant de la Guadeloupe, ce beau & naïf drame de Mercier, dans les Frères Kock, du répertoire de Guignol. Jérôme Kock, parti tout jeune pour /es ^rawrfes Indes, revient à Lyon avec uiie fortune colossale ; il n'a rien de plus pressé, comme un bon cœur qu'il eft, que de s'informer de ses deux frères. Ils s'adresse juftement à Gniafron , toujours entre deux vins, selon son habitude; il apprend de lui que Kock l'aîné eft devenu notaire ou gribouillon, mais que c'eft un homme dur & avare, un caradère vaniteux. « Et le cadet ? demande Jérôme avec appréhension, le connaissez-vous aussi? — Si je le connais ! répond Gniafron, nous avons fait nos étîtves ensemble. — Quelle profession exercet-il? — Il eft bijoutier sur le genou. — Dites-moi où il demeure, s'écrie Jérôme. — Là, monsieur. — Comment, dans une maison d'aussi chétive apparence? — Pas d'apparence! dit Gniafron; une maison de six étages ! — Je n'en vois que deux. — C'eft qu'il y en a quatre d'enterrés. »
Jérôme Kock, plein d'émotion, veut aller frapper à la porte de son frère ; Gniafron l'arrête
pour le prévenir que Kock cadet a été forcé par la misère de changer de nom, & qu'il s'appelle Guignol aujourd'hui. C'eft Kock le notaire qui, choqué du voisinage d'un savetier, lui à donné cent écus en échange de ce sacrifice. Jérôme remercie Gniafron de ses renseignements & l'engage avenir le voir à l'hôtel de l'Europe, « L'hôtel de l'Europe! s'écrie Gniafron, j'y suis reçu à bras ouverts; j'y ai-t-un de mes amis qui rince la vaisselle; je peux vous présenter à lui. — Merci, réplique Jérôme en souriant, j'ai mon valet de chambre. — Il a-t-un valet, murmure Gniafron; moi, j'en ai quatre dans mon jeu de cartes. »
Refté seul, Jérôme le millionnaire recommence la double scène de V Habitant de la Guadeloupe & se présente tour à tour incognito chez ses deux frères. Le notaire reconduit brutalement. Guignol, au contraire, manifefte le plus cordial empressement. « Vous venez m'apporter des nouvelles de Jérôme, dit-il; ah! le bon garçon; quand il n'avait que trente sous, il m'en donnait toujours quarante ! > Cédant à son attendrissement, Jérôme se fait alors connaître ; la surprise & la joie éclatent chez Guignol de la façon la plus comique : « Ah! mon Dieu! c'eft vous...
c'eft toi, grande bête... que je t'embrasse, mon pauvre vieux. . . Louison ! Louison ! . . . Comfnent,
c"'efl: toi, avéqiie des manchettes & un bugne à trois lampions! (un chapeau à trois cornes).
Que veux- tu que Je te fasse? Fumes- tu? Veuxtu que je t'envoie chercher du tabac? Non?... Louison, jette-toi dans les bras de ton oncle! Vois comme il est Jloupé (bien mis)!... Mais tu dois avoir faim? Qu'eft-ce que tu veux pour la chiquaiso7i?... Je me rappelle qu'autrefois tu aimais les gras-doubles... . Embrasse-moi donc ! Il faut que je te fasse un ressemelage soigné... Louison, apporte la forme numéro huit... tu seras canant (très-beau). »
Voilà la note de la nature; on ne peut qu'admirer & s'incliner.
Une autre parade non moins réjouissante eft Guignol dentijîe. Au lever du rideau, Guignol & Gniafron s'abordent avec triftesse; ils sont sans pécuniaiix, c'eft-à-dire sans argent, & ils avisent au moyen de déjeuner.
Guignol. — Vois-tu, Gniafron, la tailleuserte & la savaterie^ ça ne va plus; nous devrions changer de métier.
Gniafron. — Quel métierpourrions-nous bien faire, mon ami Chignol?
Guignol* — Mettons-nous marchands de vin.
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Gniafron, indigné, — Marchands de vin!
Eft-ce que ça se vend le vin? Si t'en avais, tu le vendrais donc?
Guignol. — Et qu'en ferais-tu, toi?
Gniafron. — Je le boirais; mais le vendre, jamais!
On discute sur le choix de plusieurs professions.
— Fais-toi dentifte ! s'écrie Gniafrpn, comme inspiré.
— Je ne connais pas la dentisserie, répond Guignol; mais toi qui connais tout, pourquoi que tu ne te fais pas dentifte?
— Pourquoi ? parce que pour être un bon dentifte il faut avoir beaucoup de toupet, & que tu as une dose de menterie qtio se porte bien.
— Oh ! par exemple ! réplique Guignol.
— Alors pourquoi donc que tu m'as dit l'autre jour qu'étant allé te promener au bois de la Roche-Cardon tu avais trouvé un nid de lièvre où il y avait dix œufs dedans?
Suit un assaut de bourdes plus énormes les unes que les autres, à la façon de M. de Crac & du baron de Munchausen. Guignol consent à passer pour dentifte auprès d'un vieux bonhomme dont la mâchoire a dérouté l'art de tous les praticiens.
— Je lui ferai croire que tu es un docquctcur qui vient de très-loin, dit Gniafron.
— C'est ça; fais-moi venir de la Gouape-.quiloupe (la Guadeloupe} ; tu m'appelleras Chigna- Chilus, né à Saint-Symphorien-d'Ozon, département du Haut- Rhin, canton du Cantal, & lef Puy-de-Dôme par dessus.
— Bravo! dit Gniafron, & tu parleras latin.
— Mais s'iL le connaît, objecte Guignol, il verra que je ne le sais pas.
— Je lui dirai que c'eft un latin étranger.
Le vieux arrive, le menton enveloppé dans un mouchoir, poussant des hélas! à chaque parole. Guignol veut être seul avec lui pendant Vopérance. Voici l'interrogatoire auquel il commence par le soumettre :
Guignol. — Ouvre le portail, vieux. Il retend sur le rebord du théâtre^ & lut ouvre la bouche.)
Le Vieux. — Oh! là! là! que vous me faites mal !
Guignol. — Ce n'ell rien; si je ne vous dégrabole pas cette dent-là, je veux que le diable vous emporte. Quel âge avez- vous?
Lé Vieux. — Soixante-trois ans.
Guignol. — Avez-vous été marié?
Le Vieux. — Trois fois.
Guignol. — Avez-vous des enfants?
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Le Vieux. — Trois.
Guignol. —Combien faites-vous de repas par jour?
Le Vieux. — Trois.
Guignol. — Êtes-vous riche?
Le Vieux. — Trois cent mille francs.
Guignol. — Où demeurez-vous?
Le Vieux. — Rue des Trois-Carreaux.
Guignol. — A quel étage?
Le Vieux. — Au troisième.
Guignol. — Tout par trois ! Eh bien , je vais vous guérir en trois coups. Attendez. [Il sort & revient avec un bâton,' D'abord, une légère friction le long de la colonne vertébroqiie. Vous cracherez quand je dirai : Trois. Y êtes-vous?
Le Vieux. — Oui.
Guignol. — ^ Une! \Il lui donne un coup de bâton.) Deux! {Même jeu,) Trois! Crachez. (Le vieux tombe.) Eit-elle tombée ?
Le Vieux. — C'eft ma tête qui eft tombée; mais la dent n'a pas bougé de place.
Guignol. — Nous allons recommencer.
Le Vieux. — Non pas, non pas ; vous finiriez par m'assommer. Le derrière de la tête me fait à présent plus de mal que le devant.
Guignol. — ; J'ai votre affaire. Jlva chercher un pijtolet.)
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Le Vieux. — Ne plaisantez pas avep cet instrument.
^GuiGNOL. — Voyons, tenez- vous tranquille.
(// le place contre- une cotilisse & va se mettre à l'autre extrémité.]
Le Vieux. — Mais vous allez me tuer!
Guignol. — N'aie pas peur, ganache. (// pise^ le coup part & le vieux tombe. Guignol lui extirpe une immense dent de chevaL) Je crois bien que vous deviez souffrir; c'eft* un vrai nid de sauterelles. Faites-m'en cadeau, elle servira de girouette à mon château.
Tout le monde eft accouru au bruit de l'explosion ; on félicite Guignol, & le vieux lui demande ce qu'il réclame pdur une aussi belle cure.
— Cent francs, dit hardiment Guignol.
— Ce n'eft pas assez, en voilà trois cents, répond l'opéré.
— Trois cents francs ! Venez que je vous en arrache une autre !
Je m'arrête; j'en ai dit assez, je crois ^ pour taire attribuer désormais à Guignol sa part d'importance dans l'hiftoire des marionnettes; c'eft tout ce que je voulais.