‹ De Montmartre à SévilleChapitre 10 sur 34 · JÉRÔME COTON · texte numérisé non relu

JÉRÔME COTON

plus ancien des Artifles de la cité lyonnaise. Grand ipieUeU extraiHinaire, eiaptiè de

CŒLINA

pu l'enfant du hybtère

Mélodrame en trois actes et en prose, par feu Guilbert de Pixerécourt, surnommé à Paris et en province le Voltaire du beau mélodrame»

Cet ouvrage fera orné de chanU, danse, panlomime, et d*aii d«noûnent qui surprendra agréablement le tpccMtenr. «> PtcHtn Acn: La Révélation. Arrivée de Truguelin; soupçon; préméditation d*un meurtre. Un Ange veille! La menace. — D^uxitMB actb: Les Fiançailles. Francisque Hnmbert; ea lettre ; terreur ; mariage rompu; séparation; douleurs. Le docteur . — Taoïsitva Aort : Fuite de Truguelin ; désespoir ; repentir. Le meunier d*Arpennaze. L*bospitalité; la cicatrice; effr.oi; arrestation de l*assftikln. Mystère dévoilé; joie générale. Tableau de aa* tisfaction.

M. JEROME COTON remplira le rôle de Francisque Humbort, qttMl a recréé au théâtre dos Célestins en 1817.

L'année suivante,, c'eft à Tarare que Jérôme Coton se transporte; îl y joue, le 5 maî i855, Napoléon à Sainte -^ Hélène^ ou la Mort 'du grand homme, par M* Dupeuty. Voici, selon

LYON Çî5

son habitude, comment il explique cette pièce : c Cet ouvrage a été créé sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin; trois cents représentations (incontefté) atteftent son prodigieux succès, ainsi qu'à Lyon où ce chef-d'œuvre poétique n'a cessé d'attirer la foule, & cela eft à la connaissance d'un grand nombre d'habitants de Tarare, qui ont fait le voyage pour aller admirer, sous les traits de Gobert & de Prudent, le grand homme qui, malgré les injuftices qu'on lui fit éprouver, son dernier soupir fut pour la gloire de nos armes &i la prospérité de la France, sa mère patrie, qui disait en quittant son beau rivage : Adieu, belle France, terre des braves! Moins de traîtres dans ton sein, & tu serais encore la reine du monde!,.. »

Il va sans dire que c'eft Jérôme Goton qui remplissait le rôle de Napoléon, ou plutôt qui le recréait, selon son ingénieuse expression. Il terminait le spedacle paf le Parleur éternel, & madame Jérôme Coton chantait (je copie toujours rafïiehe) les Souvenirs du jeune âge, du Pré aux Clercs, musique d'AuBER.— Dans cette même ville de Tarare, il annonçait un grand éclairage pyrotechnique & amphibologique. — Je n'irai pas plus loin, on croirait que je charge.

Lors d'une de ses dernières apparitions aux Célestins, il joua Robert chef de brigands. Nous

ne voulons pas nous répéter, mais imaginez tout ce qu'on peut accumuler sur une affiche de quatre pieds de haut : — La tour infernale. — Délivrance du vieillard; la nature a brisé ses liens. — Rosinski soupçonné. — Pai^don général pour Robert & ses compagnons, terminé par un grand tableau d'indulgetice.

Cette fois,xtrès au courant des habitudes de ses spedateurs & se méfiant de leur enthousiasme, il crut devoir imprimer cet avis : « Jérôme Coton prie avec inftance ses compatriotes & les étrangers qui embelliront par leur présence la jolie bonbonnière du théâtre des Célestins, de ne pas applaudir pendant le cours de cette représentation toute philanthropique qu'à la fin des aftes, si cela leur convient; il le répète pour la deuxième fois, cela entrave la marche des ouvrages & des artiftes qui se sont réunis à lui. S'en remettant aux bontés & connaissances des habitués de nos deux scènes, il ne doute pas d'un seul inftant qu'ils accueilleront favorablement sa demande. Il eft, d'un public éclairé, le très-dévoué & respeftueux serviteur. »

On avait raison de me recommander Jérôme Coton; c'eft le dernier chapitre d'une hiftoire oubliée & qui n'a jamais été faite : l'hiftoire du mélodrame. Après lui, il ne reftera plus' rien d'un genre si longtemps fameux.

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