AU MUSFE DES CONSERVATEURS
le ne veux pas savoir quelle est l'histoire peinte. Mais du sombre tableau sort une immense plainte, La désolation du beau qui crut au jour
Et que la nuit saisit, et le deuil de l'amour
Qui croit à l'éternel et que le moment trompe ; C’est la destruction qui s'affirme en sa pompe.
0 jeunesse, à beauté, triomphes de la chair
Et de l'âme, et si vite, hélas ! en proie au ver! Quel gouttre ! le moment qui des rêves se joue, L'étincelle qui lutte au-dessus de la boue
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Et résiste, invoquant pour le pardon des cieux
La forme qu'elle anime, extase, orgueil des yeux ! Dans l'ombre, qui déjà de toutes parts la borde, Comment ! cette beauté criant miséricorde N'obtiendra ni pitié, ni clémence ! La loi
Inflexible n’admet ni délai ni pourvoi
Et cette jeune femme en fleurs, une guirlande Encore au front, descend dans la fosse gourmande ! Fut-elle sainte, ou bien a-t-elle en vingt succès Passé Magdalena ? Qu'importe? je ne sais.
Si flamboyante qu'’ait été l'effervescence,
La jeunesse emportée est une autre innocence, Et, dans les cheveux noirs et dans les cheveux d’or, Sous les pampres foncés le divin court encor,
Et la beauté s'absout parce qu’elle rayonne.
La jeune femme morte a des fleurs pour couronne, Et, plus belles de vie encore et de couleurs,
Autour du pâle front sont poignantes ces fleurs.
Décembre 1865.