‹ De Montréal à Jérusalem [microforme]Chapitre 51 sur 119 · EN ALLANT AUX PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

EN ALLANT AUX PYRÉNÉES

Homme grave, tu me demandes Comment je veille sans ennui

Dans les grandes heures, plus grandes Quand le wagon fuit dans la nuit.

Tu m'attendris, mais je t'invite

A mieux adresser ta pitié.

Vois, entends.— Non, plutôt évite D’être en rien pour moi de moitié.

La nuit chuchotte sous son voile, Le monde obscur est bien disant ; Je cause en haut avec l'étoile,

En bas avec le ver luisant,

Avec la lumière lointaine

Du village qu’on ne voit pas, Avec la figure incertaine

Du bois qui tord ses mille bras.

Quant aux arbres, ils prophétisent, Et des avis mystérieux

Sortent de leurs branches que frisent Les vents, démons harmonieux.

Maintenant j’arrête en sa course Arcturus pour l’interroger

Sur sa voisine la grande Ourse Que le Dragon va déloger.

Allons, allons, ronfle, bonhomme, Sur le rhythme sourd du lion ;

Je n'interromprai pas ton somme, Ton somme de tabellion.,

Juin 1868.

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