ENVIRONS DE TARBES
Près de Tarbes un champ m’agrée, Champ petit dans l’horizon grand; Au loin, chaine demesurée, Blanchissent les monts de Roland,
De Roland et de Charlemagne, Où Roncevaux gémit encor D'un bris de glaive qu'accompagne
L’agonie errante d’un cor.
Mais oublions l'horizon vaste Pour le petit champ retréci
Et l'épopée enthousiaste
Pour l’humble idylle que voici :
Rien qu’un arpent ou moins peut-être, Du mais et, derrière, un plant
De cerisiers où s’enchevètre
Une treille au feston tremblant.
Débarrassés des rouges guignes, Les cerisiers prètent leurs bras
Aux bonnes grand'mères les vignes Que les raisins courberont bas ;
‘t l'églogue charmante étonne Nos yeux du nord, et Pan sourit De voir s'enrichir de l'automne Le printemps qui tôt défleurit.
20 Juin 1868.