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ENTENDUE À TRAVERS LE MUR D'UN COUVENT

Soleils anciens, soleils des rois et des prophètes

Qui voyaient passer Dieu sur de sublimes faites

Ou dans leur cœur qu’un feu sacré venait emplir, Soit que du Sinaï sa loi vint à jaillir

Dans un embrasement d’éclairs et de tonnerres, Soit que dans l’ombre ou sous les sacrés luminaires Il se manifestât, visible seulement

À leur âme, et parlât dans leur entendement : Soleils des anciens temps et des cités antiques,

Qui vîtes sur Sion s’élever les cantiques

De David châtié; cris de douleur poussés

Du fond d’un cœur royal vers des cieux courroucés; Images qui jamais, quand tombent les royaumes, Ne variez d’un mot dans les versets des psaumes;

Je vous invoque, ainsi que les cœurs et les yeux

Et les bouches l’ont fait dans les siècles pieux ;

Je vous invoque, élans, paroles inspirées,

Clartés qui descendiez des splendeurs azurées

Sur le roi du kinnor et du glaive, déjà

Conquérant de Sion, maître de Morija,

Et méditant l’honneur du Liban dans l'enceinte Qui, mille ans, a gardé le temple et la loi sainte.

0 soleils, revenez avec vos purs éclats!

Elans, rejaillissez du fond de nos cœurs las! Images, enfermez nos douleurs repenties,

Nos prières souvent par le mal ralenties,

Nos craintes, nos espoirs, et qu'à travers les temps, Comme l’encens qui monte en nuages flottants, Dans les clartés, les feux et dans les harmonies, Nos âmes, cherchant Dieu, montent des agonies.

22 septembre 1868.

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LE MARCIIÉ

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