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dent dans les montagnes et les femmes, tout en s'occupant des devoirs domestiques, préparaient les peaux d'ours et de chevreuil selon les procédés les plus primitifs. On nous a dit beaucoup de bien dé ces indiens qui sont honnêtes, travailleurs et paisibles, ce que l'on ne saurait dire de tous les sauvages du Nord- Ouest. Un cadeau de quelques livres de tabac au vieux chef qui était le seul homme présent au camp, lors de notre visite, nous mit immédiatement dans ses bonnes grâces et il nous fit lui-même les honneurs de tous les wigwams de la tribu. Bien que la neige couvrit le sol et qu'il fit une température plutôt froide que tropicale, les enfants couverts de quelques haillons galopaient pieds nus à travers les arbres, pendant que les mères accroupies auprès des feux, nous examinaient d'un air indifférent. J'achetai pour une bagatelle une superbe tête de bélier sauvage ornée de cornes d'un grandeur énorme. On dit que ces animaux sont d'une agilité prodigieuse et qu'ils bondissent de rocher en rocher, lorsqu'ils sont poursuivis, et se laissent parfois cheoir de grandes hauteurs sur leurs cornes qui les protègent contre une mort certaine.
C'est là un racontar de chasseur que je vous
, tout donne pour ce qu'il peut valoir, car je n'ai répa- jamais été moi-même témoin d'une chose selon semblable.
s a dit Après avoir passé ‘cinq jours à Banff et i sont exploré les environs dans tout ce qu'ils avaient e l'on de pittoresque, nous partimes un vendredi Nord- midi, par train spécial, afin de pouvoir admirer > tabac de jour les passes où nous allions nous engaprésent ger pour traverser la chaine des Montagnes immé- Rocheuses. Une distance de 97 milles sépare ous fit Banff de Donald où nous allions nous arrêter owams pour passer la nuit, pour continuer le lende- > sol et main matin, de jour, notre trajet à travers la de que vallée de la rivière Columbia et les passes aelques encore plus difficiles des Montagnes de Selers les kirk.
roupies Immédiatement après avoir quitté Banff, la l'un air voie s'engage dans les sinuosités apparemlle une ment inextricables de gorges et de précipices ée de qui suivent le cours de la rivière des Arcs que ces que nous traversons et retraversons à maintes use et reprises. Nous montons en suivant une pente r, lors- plus ou moins rapide selon les nécessités du parfois terrain. Deux puissantes locomotives nous cornes ) traînent lentement en faisant entendre réguertaine. lièrement leurs râlements cadencés qui nous je vous font comprendre la puissance énorme de trac-
tion qui leur est nécessaire pour surmonter les difficultés qui se dressent à chaque détour. Grimpés parfois sur les chevalets et sur les tréteaux entrelacés d'un viaduc vertigineux jeté sur un torrent qui mugit à trois cents pieds au-dessous du train ; suspendus au flanc d'une montagne et surplombés par des rochers qui nous menacent de leurs proportions énormes et fantastiques; suivant ensuite au fond d'un vallon les eaux tranquilles de la rivière qui paraît se reposer pour un moment, dans le calme et le silence d'un paysage agreste pour reprendre ensuite son cours tumultueux à travers les rochers et les précipices, nous croyons rêver les yeux ouverts. Nous revoyons dans leur fantastique réalité ces paysages que Doré se plaisait parfois à inventer et que sa prodigieuse imagination avait découverts sans que ses yeux les eussent jamais contemplés. Les forêts de pins et d'épinettes couvrent partout les flancs des montagnes, et l'on aperçoit de temps en temps des éclaircies qui partant des sommets, descendent à picet en droite ligne jusqu'au fond de Ia vallée. Ce sont les routes que les avalanches ont tracées en balayant tout devant leurs descentes terribles et destructives. Des deux
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côtés de la voie se dressent des pics innombrables qui prennent parfois les apparences les plus diverses ; de vieux châteaux moyenâge perchés comme des repaires d’aigle sur des hauteurs inaccessibles ; des rocs aux proportions régulières comme les pyramides d'Egypte ; des obélisques de granit multicolore ; des escaliers de geants taillés par la nature.
Tout cela en vue du voyageur qui, tranquillement assis dans le fauteuil de son farlor car, se demande ce qu'il a fallu d'énergie, d'intelligence et de persévérance pour vaincre tous les obstacles que la nature avait placés sur cette voie du Pacifique qui relie aujourd'hui les deux océans.
Nous montons toujours lentement en traversant tunnels, sxow-sheds, ponts et viaducs de toutes formes et de toutes grandeurs.
Nous passons Castle Mountain, Silver City, Elden, Laggan, Stephen, Hector et Field où nous nous arrêtons quelques instants pour vider une coupe de champagne à la santé du président du Pacifique, Sir George Stephen, en l'honneur de qui on a nommé Île point culminant des Montagnes Rocheuses : le Mont Stephen. Field est situé directement au pied de ce pic célèbre qui domine les
montagnes environnantes de sa crête toujours couverte de neiges. C’est un des endroits les plus pittoresques de la route et la compagnie y a construit un hôtel aussi élégamment meublé à l'intérieur que ses proportions extérieures sont coquettes et bien adaptées au cadre grandiose du paysage qui l'entoure. Nous sommes ici au sommet des Montagnes Rocheuses et nous remarquons que les eaux de la rivière aux Ours — Bear Creek — coulent maintenant vers l’ouest pour aller se jeter dans la rivière Columbia qui égoutte le bassin formé entre la chaîne des Rocheuses et des Selkirk pour aller se jeter plus au sud dans l'océan Pacifique, en traversant le territoire de Washington.
La descente se fait dans les mêmes conditions de sécurité et avec la même variété de paysage. C'est un véritable panorama. L’obscurité qui arrive brusquement, sans crépuscule, dans les vallées profondes que nous traversons, nous surprend avant d'arriver à Donald où nous allons passer la nuit, pour recommencer le lendemain matin l'ascension de la chaîne des Montagnes Selkirk. Donald est un centre important qui a tiré ses ressources, Jusqu'aujourd’hui, des immenses travaux
de construction qu'à nécessités le passage de la voie ferrée à travers les Montagnes voisines. La vallée de la Columbia que l'on dit fertile et propre à la culture lui paiera son tribut de commerce, dès que les colons s'y seront portés en assez grand nombre pour en développer les ressources agricoles. Le lendemain, à 9 heures, après avoir visité la ville naissante, nous remontons en wagon pour recommencer à grimper de nouvelles Montagnes, et à admirer de nouveaux sites. Nous suivons encore le cours de la petite rivière aux Castors qui serpente au fond des ravins et qui court de l'ouest à l'est pour se jeter dans la Columbia.
Nous passons, sans nous arrêter, Beaver, Six mile Creek, Bear Creek, Rogers Pass et nous arrivons à Glacier {fotel où le train fait un arrêt de 20 minutes pour permettre aux voyageurs de prendre le diner. Disons ici, en passant, que le service des repas, soit dans les wagons-restaurants, soit dans les hôtels et dans les restaurants est fait avec une perfection merveilleuse sur tout le parcours du chemin de fer du Pacifique. On dîne partout aussi bien qu'on le pourrait faire à Montréal ou à Toronto. |
Les wagons-dortoirs sont d'un luxe éblouissant et les wagons de première et de deuxième classe sont tout ce que l’on peut désirer de confortable. Les wagons de deuxième classe sont équipés et construits de manière à permettre aux voyageurs de se reposer pendant la nuit. Nous descendons un instant à Glacier pour visiter l'hôtel et le restaurant et nous reprenons cette fois la descente des Selkirk pour n'atteindre le niveau de l'océan Pacifique qu'à Port Mook.
J'avais oublié de dire que nous avions passé le point culminant des Selkirk à Six Aile Creek. Nous allions maintenant parcourir l'endroit où les ingénieurs ont eu les plus grandes difficultés à vaincre. Il s'agissait de faire une descente de 600 pieds sur un parcours de 2 milles. Par une série de détours, de retours et de zigzags, par un système de viaducs et de pentes adoucies, cotoyant le flanc de la montagne, nous allongeons la distance jusqu'à 6$ milles pour arriver à Æoss Peak, 600 pieds plus bas. Sur tout le parcours de ces 64 milles, on peut apercevoir la voie soir directement au dessus, soit directement au dessous du train,se croisant et s'entrecroisant dans un dédale merveilleux à contempler,
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