ET DE
?a H. AZM
A NANCT, DE L'IMPRIMERIE DE C.-J. ttlSSETTE»
Rtie de la Hache, N.* vrj*
PUBLIC UBRaP.T
«VTOR. LENOX TILDE* f C -;SG TTCMS
(Ncyicy,le%$ Mars i8i5.) \
/oqn^GE que je présente au Publie est imprime, en partie ? . depuis dix mois. Qù 1 il; me soit pertnis d 7 en tracer Fhisteire. t
Au moia de novembre 18 13^ je travaillais; à un ouvrage étendu; la composition en était ; déjà avancée, et j'espéraif lé faire paraître, en janvier 1814? lorsque les malheurs de la , campagne de Leipsick vinrent jeter sur toute ; la France la douleur et l 1 inquiétude. Dès ce A moment, tout Français , attaché à sa patrie, . et père de famille , ne put sWranchir des pensées les pjus désolantes. Mon ouvrage futsuspendu. Je ne m'occupai qucfdtas maux dont nous étiqns menacés.
L'honneur et les plus chers intérêts im~ , posaient à tout bon citoyen le devoir de j^^nifesj^r ^es vœupt e^ ses principes } il était .
S FUÉFÀCE.
sin^-tout pressant d'armer Fopinionjmblîqtte en faveur de là pjftrta, Le cœur échairffé d'indignation et de zèle , mais la main tremblante de défiance/ je commençai 7 à Ilwvi** tation dn Préfet de Nancy , un ouvrage périodique sous Ielïtre du Patriote Français* Je le destinais à dissiper r autant qu'il étaflr en moi, les préventions acfeaftiee$ iftië àeé hommes passionnés répandaient, 4faé H6& malheurs favorisaient 7 et ^ui ftîéfàefiC la* principale force dés ennemis âe la Ffâfièe.
Mais le temps d'écrire était passé; le taattp^ de sortait- arrivait avec rapidité. L# Préfet de Nancy (M.Rioi*f^ aVec laquelle il pressait tous lefc genres d* • résistance. Sa niiort prématurée l 1 a^fr«ftfcîiit , du moins d'un spectacle hoatetft et ACC&+ T blant.
L'Europe entière s ? a1hmcé sur la France. • Des Nations essentietteinent divisées téê*+ chent avec un concert effrayait. La France T cf abord* temée, est rapidement eata&fev La trahison, la corruption, Tâveuglement * ouvrent ses portes. SurphisieuSrs , ^poiiife > " ;
Çti^rïpjJ«*nentsiir celui qve.j'habïte^ d^intipmj>rables légions passent ou s'établissent. jLes trommqs qui Les composent sont presque *ous des baxbar es. A leur aspect;, le peuple «Pabords^épôu vante; bientôt il sïrrite; et <eo peu ^e jours, il s^enflamme de courage «t d'hftfreur. & apprend à connaître ces trofittftes plu Nord dont ^imagination faisait *Pkup0sansfàïitQsnes, Ils nesont redoutables que par le Boœbte; et leur .figure même «t'est pas effrayante ; .elle ITest que stupide " «tatyoote.
l*icgtnf*gne commence; son début est «Jttfiiw heureux présage. Malgré les Russes ' •«* les Cosaques^ le bruit des victoires de Uaf¥>iéfm pénètre daajs nos provinces; les «mes *e f«ièven*;;l$$ «sjsrits s'agitent et -fl^dttbpe^t ;.les bons Français commencent à ■être eotejBdus^r»q«il^ expriment leurs sentinM«fi dVcknJratiou pour la force incompaitdbk <k Nappléon, pour son génie militaire «t politique r et lorsqu'ils jeJÈtentPaccusation <ctJ»3riftne coptare les hommes à idées ab- «urdtt, à passions, fimeuses, qui*oot appelé
4 PRÉFACR
eh France tant de hordes sauvages, et qui sont les vrais auteurs des désastres publics.
Napoléon précipite Pune sur Pautre d , in— nombrables Victoires. L'ennemi frémit de terreur. Dans toutes nos provinces les braves paysans s'arment et menacent; dans nos villes, le bon citoyeà s'exalte , manifeste sans menagemens la chaleur du patriotisme, et la joie des plus vives espérances. Nous voyons s'écouler sur nos routes, et à travers nos murs, des bandes nombreuses de soldats consternés, et des torrens de bagage en fuite et en désordre. Nancy devient le refuge d'une nuée d'officiers ennemis , qui ont survécu à des armées, ou qui ont. pris les devans sur leur ruine inévitable \ Ils annoncent nos victoires, avouent leur épouvante, attendent r d'un instant à Pautre, le dernier signal d'une extermination entière. /
Et nous, au contraire, que de gloire et de puissance se montrent sans cesse à notre attente et à nos» regards ! tous les Rois de l'Europe forcés de capituler sur le champ de bataille! la France ^ubitemept arrachée
pJP oppression la. plgs flétrissante , subitejpent ramenée par la valç^r e]t Jle génie à la plus haij te splendeur* . Tput-à-çp«p ? rennejni répand une nouvelle affreuse y ignominieyse ,, incroyable, Paris a ouvert ses portes. Une poignée dp traîtres ^ appuyée d'une cpbne d'insensés, * livré la .Capitale 4© FEpaph? ç à nne axnjéç battue, séparée de ses vivre^ de so/i ^artil-^ lerie^ 4e ses bagages J Notre axae se fermée la persuasion d'un éyèneçaent si inconcevable. La joie extf ^v^gaflte de nos ennemis jsçmble néanmoins attesta nos malheurs^ ^nais ntous repoussons le plus long-temps possible. ce désolant témoignage,; et lors-»
xju'enfin nous sommes réduits ,à crpire ce mii nojis couvre de honte , et ce <jui nous jjexpose à des m^uy interminables r cette né^ ; cessi,té cruelle ne fait /pie redoubler Péjiergiç ^de notre indignation*
* La mienne s'exprime sansprudencejjbiejaj- $ot je Pexpie. JStix .gendarmes^ de créatio^ nouvelle ? viennent r avant le jour, toVretejp jj^yn village où je mutais réfugié avec gg
6 t PRÉFACE*
famille. Oh saisit mes papiers $ on les porte à Nancy; on m'y conduit moi-même; on me jette en prison; je m'attends à un sort malheur eux ; je me crois menacé de la Sybérie; les Russes sont encore nos maîtres. Mes craintes sont exagérées j ou du moins antici~ pées. Aubout d'une demi-heure ? on me rend à' mes amis 7 à ma famille ; on a voulu* seules meiit m'épouvanter ? nie réduire au silence y etj par mon exemple y apprendre à tous les partisans de Napoléon 7 quelles vengeances^ r quelles précautions on prépare, si cet homme formidable ne èède pointa Forage que Ton:
a* si îndigfiémént excité.
Napoléon a la générosité sublime de sacri- 4 fier ses ressentimens au repos de la France.' Qu'il fut venu avec ses quarante mille braves s r enfermer dans nos provinces; il y eût été environné d'inexpugnables remparts. Mais la- Francje eut été ravagée. Napoléon eût horreur de la guerre civile. Il puisa dans ce sentiment le courage admirable de^conseùtir à passer ? aux yeux d'une foule d'hommes
r&-ÈT'Acrar 7
s&ttS foêur, pour avoir manqué de fierté et de courage.
Napoléon Vèxiïe :; ses ennemis se raéstitfént; et leur sécurité dissipe nos propres* alarmek La iamille des Bourbons, est rap-*' pelée; le trône lui est rendtt. Le Chef de cette famille annonce des intentions conciliantes et libérales } mes souvenirsm^invitent à croire à la sincérité de ses intentions. Dans ma* jeunesse 5 f ai été témoin du blâme et de Pariimadvèrsion qu 1 il avait encourus de la part des partisans outrés dés anciens privi-^ léges, pour avoir soutenu 5 à Passemblée dés notables 7 la cause du Tiers-État: N^ant point de raisons pour douter qu'il soit demeuré patriote et philosophe ^ toujours satisfait de pouvoir donner ces deux titres au* hommes éclairés > persuadé sur-tout qu 1 à Paide même de son expérience et de ses lumières, Louis sentira que son intérêt le plus pressant 7 et Pintérêt de la France lui commandent dé se montrer citoyen avec constance 5 et populaire avec fermeté 5 je tourne vers lui mes espérances ; f attends de
8 PJUÊ*À:GE,r
lui qu'il consommera doucement une vêv&* Jution devenue invincible , .qu'il suivra les vues sociales du Gi^-Qd.hoimne d'État dont il va prendre la- place, qu'il le détendra contre les clameurs , forcenées et atjsujt de^ dont ce Grand.hojmme est l'obje$. ,
Echauffé pajr xiette noble attente, je *e-r prends la plume ; je me hâte de fournir aux regards du Roi et des bops Français 9 uu qutvrage qui montre Napoléon sous un jour vrai, par conséquent très^houor^e^qui^ de cette jnanière . 9 lave la France de h honte que jettent sur elle tant d'écrivains imposa teurs^ <qu (\éiaisQnndibles >et déclarnateurs :; <qui, enfin 9 accueilli ^distingué par le RojL îui-nième j ra,ttacjbe JLso» .autorité et à sa. personnejtous les hojmnes que la générosité frappe j et,.qui&imenjàypir^ Justice à J'héreïsiue^ ,
Cet ouvrage est celui que |e publier. Lql première partie fut écrite à l'arrivée du Roi. J'écrivis Ja seconde lorsque^ h constitution «eut «&é promulguée ; je livrai x ensuite les 4wj>atties à rimpressioa, ;QeUp-^iitait
PUÉFâcê. t)
Céftihiënceè ? et j 1 assignais comme prochain le jour où je petit* ais répandre mon ouvrage $ lorsque la discussion Releva } dans la fchailibre des députés ^ sur la loi relative à la {yresse. Je ne savais ptfiiit si Oh la déclarerait absolument libre } dVilleurs f occupais une place dlrtspecteur de la Librairie ; il me Convenait) plus qu^à personne^ de me soumettre dWance aux lois et aux réglèrtiens.
Je suspendis riiûpression de mon Ouvrage* Pour me dédommager de cette contrainte, et sbuîageï mon impatience j je Rassemblai Une société d^hommes éclairés et bons cittoyetis. Je leur fis lecture de ce que jWâis écrit.-* Ils prononcèrent virement leur suffrage!; mais ils firent plus que d*a£prouver la résblutioù que jWais prise dWrcter Km- Jpression; ils craignirent que ma franchise ne compromît mon sort et celui de ma famille»
Je leur opposais mes motif» de confiance , intérêt du Roi) l'honneur de la patrie. Ces inotifè) dont ils sentaient parfaitement la Vérité et ftmportàûtë} ne les rassuraient pas; Je m p&uvak dklper leurs eçaintes > encore
moins Feffroi de ma femme , et la profonde tristesse que mon arrestation avait laissé^ dans son cœur.
La loi sur la presse fut rendue } la liberté d'écrire fut limitée, tous les ouvrages cTuii faible volume lurent soumis à la censure;, îe mien parut -, à mes amis et à moi-même r de nature à être écarté par les censeurs. Je, persistais toujours à penseç que le Roi Fajirait accueilli } mais, dans tout système , de isévérité, ou seulement de surveillance ? les agens vont presque toujours phjs loin qup> Je maître.
Poiip publier mon ouvrage^ il, ne me> jrestait qije la ressource de Pannexer h, ujei, ouvrage ypluimpeux. Par soij sujet, il ap-* partenait naturellement à celui que je com-r posais en i8i3, et que les événemens de la ; fin de Farmée mWaient coptraipt de sus-»
pendre. Je parlerai de pelui-rçi tout-à-Pheure. ; En ce moment, j'achève çp qup j'ai J* dire* pur celui que je présente. * •
L'événement le plus heureux, Gelui qui §çra à jamais Je plus n^mqrabJiej jft^e«di*.
îa liberté de me faire entendre } et, cette noble liberté 5 j^ai la douceur de la sentir parfaite et entière \ je veux dire qu'en publiant aujourd'hui mon ouvrage > tel que je l'ai écrit il y a dix mois ? je puis le présenter avec confiance à tous les hommes d'un esprit judicieux et d'une ame générreusè. Rien< désormais n'impose plus . de gêne j ni a la raison ? ni aux sentimens sincères. Je prononce ouvertement mes pensées sur la situation où Napoléon s'est trouvé , et sur la conduite qu'il a tenue, depuis le jour où il s'est montré pour là première fois Sur la scène du monde y jusques au jour fatal de son exiL J'èxprimç mon admiration 5 j'en développe les motifs 5 je les démontre \ mai$ je n'adjiiire pas toujours ? j'indique avec franchise ce qui me paraît avoir contribué à nos malheurs. Ces indications ? je devais les conserver aujourd'hui dans toute leur intégrité , puisque Napoléon triomphé.
Pour la même raison, je devais conserver dans toute leur intégrité les expressions d'estime et de confiance que j'employais
4£ PKètlCË.
il y a dix mois j toutes les fois que je panait des intentions de Dotiis XVÏIL Lorsqiï^uii* ïiômme fort sticfccfmb'e£ il est riàturel qwe les hommes! faibles se déchaînent ëii imputations et en oMfagesï Maïs lorsque l&t Victoire ramèrie l'homme fbft} elle t^mène èîvec lui la magnanimité et là justice.
' Je me plais dont ericôre et à le croire fet à lé dire: les internions personrieîles de Louiâ étaient ààinesfet pâtriôtiqhes. Mais oh verra} eft lisant mdii oiivrdge, cdnibien je Redoutais qu'il n'eût point la force de les Suivre} et je m'empresse dé Pàjôuter: eiî fexposantmes craintes ) j'âvstis principalement pour objet d'intitér , autant qu'un écHvaiii peut le foire ^ le Roi et ses Ministres à ne point les réaliser îjcaï je frémissais à là seule idée dé révolutions faduvelîes \ et ] tôiit en regrettant Napdlédii aussi vîvëineilt que per&dnnfc} tout feii désiràiit sdii ïetdur a^ec Une âftleur que je ne déguisais pbirit} j'étàià sdûveiît très-' îôiii d'éfcpérer qu'il jSût jamais réprendre là ÛiTéfctidri deé destins de là Fraiice* que^ fednij^ldts \ cpte d'acbicîehS p^uVaiferit 1 le sëjiàS ïfeif à jamais dtà jrôiè $i'il â?ait UMè I
Ainsi ? fose penser que mon ouvrage intéressera les hommeâ trais : les hommes justes, comme monument desi dispositions éprouvées par les bons citoyens pendant un règne transitoire y et au début d'une année singulièrement critique. On trouvera ensuite j stius forme de complément y les i-éflexions <Jue m'inspirent aujourd'hui 5 et le retour de Napoléon sur le trône de France £ et la chuté subite d'un Gouvernement éphé-; mère qui, malgré les leçons de l'expérience^, les avis des hommes. sages , et les vœux des citoyens paisibles y màfchait y d'une manière si effrayante pour nbuà-niêmes, à sa prôbhaihe et violente destruction*
fc L'dutirage que je composais en î8i3$ devait présenter l'ensemble de mes pensées suf lé sort de l'hômmé , et sûr les lois invariables qui conduisent les sociétés humaines* Ainsi, l'ôùvrage que je publié èhcëmo-i ïhent, suf lé Sort de Napoléon et sur là lieètiûée de la France, èh était naturellement
%fy4 PRE Fi. CE,
Revenu le chapitre le plus frappant. Je lui rendrai cette place qui lui est si conVe*nable. L'ouvrage que j'annonce ne tardera point à paraître. Je crois devoir en extraire l'idée principale. Je rendrai ainsi plus iacile à entendre le chapitre que l'on va lire, et qui en découle spécialement.
L'univers n'a qu'une loi primitive , nécessaire et éternelle. Cest la loi d'équilibre^ ou, ce qui est la même chose, $ action et de réaction parfaitement égales , parlkite-^ ment correspondantes.
' Sous le titre faction , considérée dans, toute son étendue, il faut entendre la puis- 1 sance qui élève, qui forme, qui compose. Et, sous le titre de réaction , également considérée dans toute son étendue, il fa*ut; entendre la puissance qui rabaisse, qui décompose, qui détruit. ^ Si la loi d'alternative et d'égalité entre ces, deux puissances n'était pas constamment et, invariablement en exercice, l'univers nç pourrait point subsister, , H .
Et si <cetteioi ne trouvait point son exercice^ constant et invariable, dans l'existence de chacun des êtres y elle ne serait point la loi universelle.
- Ainsi , il est nécessaire , que par Pensemble de son existence, chaque être, d'une nature quelconque, chaque être sensible par exemple, soit centre d'açt^ 11 et ternie de réaction parfaitement équivalentes, afin qu'il «oit eii équilibre avec lui-même , et que par ce moyen , il concoure à l'équilibre de i'univefs.
Pour éclaircir et représenter cette pensée, employons une image simple et facile :
À l'instant où un être sensible prend naissance, il peut être figuré par un point destiné à s'étendre , ou plutôt à s'environner d'additions successives dont il demeurera toujours le centre! Se former, c'est vivre , c'est étendre sa sphère. Se détruire., c'est rétrécir sa sphère , c'est mourir. Disons encore : se former, vivre, étendre sa sphère, c'e$t jouir; rétrécir sa sphère, mourir , se détruire, c'est sçuffrir. ©ans chacun des iostons où F&re
iÔ PRÉFÀC&
sensible reçoit un plaisir ^ c'est le ra^ttft de son existent qui s'affermit ou qui s'aitlonge. Daus chacun des momensorùr il reçoit une peine ^ c'est le rayon de son existeAeé qui est atteint d?uris quelques-unes de ses parties j qui est Brisé $ refoulé ? comprimé % et qui propage sa douleur jusques aii Gentre vei*s lequel ii est forcé de revenir;
Ovj il faut bien que tous les rayops reviennent j. puisque le centre lui-même^ matériellement considéré, est destiné à>dis*paraître. îl faut par doiiséquent que pendant l'existence de chaque sphère individuelle , 6u, ce qui est la même chose j dans l'en-^ sepible de la vie, la peine égale le plaisir.-
Comme , sûr la terre ^l'espace laissé à la propagation dès êtres sensibles , est trèsr- 1 resserre, chaque sphère individuelle > potii 4 J>eii qu'elle- s'étende , pénètre dans l'espaqtf déjà occupé par l'extension des sphères cou- 4 ligues ) et réciproquenaeiit laisse quelques* unes des sphères côntigues s'insérer dans sort ievx. Cette insertion mutuelle test ce tjttt fait les rapports p les Jiens^ et les ôppôsitwrt*
ides hommes. Les liens naissent lorsque 9 dé çftrt et d'antre,, les rayons projetés s 1 emparent seulement des intervalles 9 touchent les rayons voisins j les embrassent sans les froisser. Les oppositions sont produites lorsque les, rayons ce gênent 9 se heurtent 9 se contraignent mutuellement à se replier, à xevenir vers le centre. 11 est évident que leç appositions doivent augmenter de nombre et d'jénergie à mesure que les sphères s'étenr dent. Au contraire 9 les liens doivent être çloux et faciles entre les sphères modestes et paissantes.
JDU «st j parmi les Sommes ? deg individus dont là sphère ne pourrait jamais prendre «ne extension considérable. *Ge sont 4ç£ bommes qui paissent faiMes d'organisatioç et* d'intelligence. C'est presque vainement <[ue plusieurs d'entre eux sont secondes par ^éducation et la fortune. Les sources de plaints et d'avantages viennent vers eujc comme jvers tut vase fresque fermé, sans . qu'ils puissent les recevoir avçç abondance. Afeis il çxt e$t de même des sources de
l8 PRÉ/F À C&
dojuleur. Elles coulent presquVntièrement en dehors de leur destinée. Ces hommes passent sur la terre, sans bruit, sans éclat ^ sans bonheur et sans malheur.
. Au contraire , les hommes vivement et fortement organisés s'élancent avec impétuosité vers tout ce qui les environne. Dès leur naissance, ils ont Saisi avec ardeur tout ce qui leur était présenté par la nature et par la société. Quelle que soit primitivement leur; position , ce n'estpas elle qui trace le' cours de leur destinée ; parmi les événement dont elle se compose, le plus grand nombre»
est amené par eux-mêmes , par l'ardeur de leur caractère} et ils modifient les évène^ ipens qui surviennent; ils les plient à leur sort; ils en font presque toute l'influence* La destinée entière de ces hommes est, pour ainsi dire, tramée de grandes peines et de grands plaisirs, maïs tellement multipliés f tellement pressés les uns contre les autres ^ que le temps, toujours occupé, toujours rapide , vole comnie un trait de la première extrémité de là vie à la dernière, ne leur
PRÉFACE; l£
, laissait, par légers intervalles, que le sentiment pénible de son extrême vélocité.
Les tommes indolens > au contraire 7 trouvent le cours du temps long et pai-* sible.
Ce double tableau que nous venons de tïâcer ? et les principes qui nous y ont conduits, s'appliquent aux nations comme attfc iildividusqui les composent. Lesunes passent stir la terre sans être aperçues} les autres soà| destinées à un grand éclat, à une grande pui$^ sance : les unes et les autres sont soumises: à la loi d'action et de réaction, à la loi de l'équilibre. Pour l'observateur attentif et impartial , le principe des compensations est la dé de l'histoire^
Dans l'ouvrage que je publierai incessamment, ce principe sera démontré avec rigueur, et exposé dans toute son étendue ; c'est ce que je n'avais point fait encore.
Après cette exposition évidente et précise 5 je réfuterai les objections qui se présentent naturellement aux esprits judicieux \
ftO JP RE FA CE..
ftose annoncer que cette réfutation parait** jclaire et victorieuse.
Je ferai ^ensuite Inapplication de la lof universelle dPaction et de réaction à la des-7 tînée de quelque^nç deç hommes les plus célèbres.
Enfin, f appliquerai cette même loi auç jylus grands intérêts de l'homme et des sociétés humaines. CTest danç ,cç dernier jprdre de considérations que j'ai déjà .placç le chapitre sur lequel j'appelle y en ce nq^r içent ? Pattention du lecteur.
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