‹ De Napoléon et de la FranceChapitre 2 sur 4 · LA FRANGE · texte numérisé non relu

LA FRANGE

kjfit. est une vérité attestée par rhistoire , c'est que |î |||^ttrf tijpt naître dans tous les États civilisés r et $fyX grande$ époques de leur existence, un ou plusieurs hommes extraordinaires , qui s'emparent de totis les mouvemens du peuple, et lui impriment un nouvel ordre de mouvemens. Selon lai petite spéciale de leur caractère , plus ou moins favorisée par leur position, par leur éducation et pkr les; circonstances générales , ces hommes ex- • tfaordinaires deviennent de grands poètes, ou dfe grands philosophes, bu de grands administrateurs , ou de grands conquérans* .

i. r 'I/histoiré entière de l'espèce humaine n'a pas \ eu , et n aura point d'époque plus mémorable , plus

importante, que celle oà se détermina la révo— lotiao française, La nature devait produire, à cett* époque , rbomsne le pins frappant^ la plus extraordinaire ; elle prodobit Napoléon* ■

À peine échappé i l'adolescence, Napoléon ' montra la réunion de tontes les qualités fortes : Fambition do pouvoir, la passion df la gloire, la pénétration de ^ l'esprit, rétendue et la justesse des idées, une activité au-dessus de tontes les fatigues , une prudence i f abri de tons les pièges 9 on courage au-dessus de tons les obstacles, une valeur au-dessus de tons les dangers, jjll avait à peine atteint l'âge où, dans les hommes ardens , l'audace de pensée et celle do caractère fran— chissent toutes limites , et lui , jeune homme très-* ardent . très-intrépide , savait cependant s'arrêter t attendre , choisir , réfléchir et se taire. Semblable à la foudre , son action se préparait lentement et en silence. Au terme de cette prépara tipp, elle était impétueuse, terrible; elle produisait d# vastes effets en tu? petit nombre d'instans.

\ Jamais homme nVquit plus de puissance »

jamais homme puissant nç fut plus nécessaire. Au moment où il se présenta sur la scène du monde ^ la raison et les droits du peuple commençaient 4 révenir, fortement en arrière par l'effet dç la violence avec laquelle ils avaient été spulemi*, La

fceWutîofi i*etrogr*dait avant d'avoir ètèconsôm- ; taée j .c'est-à-dire que les victimes et l*s imprôf bateurs de la révolution * apprêtaient à punir sèà approbateurs bien au-delà de là justice 5 ce qui jetait ses approbateurs du côté dé ses ageus» Tous |^s extrêmes dans les idées se froissaient, s'irritaient mut uellemÊtit ; de part et d'autre, la modération était traitée, de lâcheté i}u même dé crime; JtapArti trop abattu mettait, son honneur à tout reprendre; il s'exaltait. parlé besoin et l'espé^ rance de rejeter dans l'humiliation et Pesclavagô fe parti <Jui Savait été que trop vainqueur*

tfn tel état dé passion et de tumulte favorisait singulièrement les voeux secrets des ennemis dé . 1a franco Dès frottant où la révolution s'était déclarée, ils àVaient dit: te grand mouvement donnera au peuple français une forée immçnse 4 s^l s'opère avec ordre et concert} il entraînera au contraire son affaiblissement et sa chute $' s'il est traversé par k discorde j ne négligeons rien pour la produire) jetons notre influence et nôâ promesses Vers le parti le plus faible 5 mais ayons soin de l'abandonner à l'instant où il cotnméncera % devenir le plus fort $ que de nouveau il tombé et s'affaiblisse } à un certain terme ^ nous le rele*rverons encore /mais seulement jusques au degr£ ^ufl^ant pour excUér la fureur du p^ti opposé*

que nous combattrons aussi , et que nous soutien* drons tour à tour. C'est ainsi que là France explorera dans les convulsions de l'agonte.

C'est de l'Angleterre sur-tout que partaient ce plan et les moyens de l'accomplir. De tous les grands peuples de l'Europe, le peuple anglais est celui qui a naturellement le moins de force , qui par conséquent a le plus besoin de constance et d'artifice. Au contraire, la nature a tout fait pour le peuple français; elle lui a donne tous les moyens d'éclat et de puissance. ' '

: Il en est des nations comme des individus qui les composent. La nation qui a reçu de la nature le plus d'avantagés, a nécessairement pçur ennemies les nations qui lenvironnexit. Celles-ci sont toujours excitées par la jalousie , à se réunir çoutre la nation brillante , à; la. rabaisser, à la mettre au niveau de kta* ipéd^ocrité . et de leur sort. Si, parmi elles, il en est une, qui ait, à bu fois., plus d'adresse et, pluts de motifs d'envie , c'est yers elle que toutes les autres s'inclinent 5 le danger est toujours pressant pour la nation brillante j elle «est toujours ea face d'une coalition qui a toujours un chef, • „• . ' .'■•>.? >1 ; ;/;';, ..

Tels ont été de tous temps les rapports des nations entre elles ; tels ils seront de tous, lés temps*

I>a loi des compensations fut toujours, et sera toujours la loi universelle.

Mafe que doit faire la nation favorisée par la nature? descendre et se soumettre ? f honneur et Tintérêt s'y opposent. L'honneur crie r ce n'est point au plus fort à se courber sous te joug du plus faible. L'intérêt dit encore : quand on est destiné par la nature a un grand développement , à une grande puissance 5 descendre, ou mime s'arrêter-^ c'est beaucoup souffrir,. et s'exposer à périr.

Dès le principe J Napoléon jugea\ainsï 1 evtrèsjustement, la position de la France $ il dit : le moment est Vfefiù où 7 par les progrès de la civilisation,, et par les besoins si multipliés qu'elfe entraîne, te* 'notions de l'Europe ne peuvent plus exister en paix et en concurrence^ feur qu'une prépondérante 5e lié termine j c'est uniquement le commerce qui la donne; il faut que la France saisisse la prépondérance du commerce } H faut qu'elfe Farrache aux anglais dont le besoin est également de là saisir. \ ?

.Pour cet objet, deux choses sont nécessaires; paix en France , et guerre aux anglais. Afin qtte k paix repaisse en France, il feu* que sa révolution s^achéve^ car une révolution- générale ,në peut être arrêtée^ comme un torrent elle doit suivre son coçrs; favoriser: son cours- r c'est le seuil

. en .

jnoyeu dç la t pn^rs çQ^rtç et $>fi&l?Hr f* \*fb&* lence: en ce moment,. on foi résiste) on J'irrite ^ ou la prolougçj aidons tas bommeset les choses .

q^ pavent ljuli r^dE9'.K4|ffi$4m jfrimâw 1* fa $uperioriîé f . .,'.., . ^ Ul J Dès rentrée de sa c^f rièrfî^oliti^^ Nap<^éoi| débarrassa JU révolution des obstacles qui «entrai vaiejit 9a marche fléçés^ire ^ et lorsque par rétablissement d'un Directoire, il la vit en traiç palier, il par tit pour TEgypte^ Allons viers Vlnde^ dit-il 4 ses guèrrieirs y ç'çst majrçbçr tW te **°^ de l'Angleterre, - J . .. , . s „ ..

| L'expédûion d'Egypte ne réussit pw $ mais elle . donna <nhç Anglais de viyea «lfirmeà.\ Dis w moment, ils sentirent que Napoléon réunissait les plus grandes vues à Tai^ace d'exécution la plus redoutable; Us s'ajctaxnèr^qt à le séparer de la France 5 en même temps ils suscitèrent contre ■ la France le3 principales natipns européennes 5 ^n même temps encore , ils fomenter eut % au sein 4? I3 France même, les troubles et les divisions. . Le Directoire avaij çpntinué h révolution } il $vait démoli ^uel^uçs-uxis de cçs.vieu^ piliers qw % sans arrêter le torrent^ le faisaient écumer *i $K>ndi? } ïaaU il avait m^l gouverné j roiigar<:hic pe forme jamais quW gouvernement déplorable,,

Yiîstr^ti était faible, ineobeVen te ^Fîntrigpe seule était active^ ce qui donnait à tomes lès opération*, à toutes les institutions, Une excessive mobilité Dans Tintérieur, plus d^ parti ardent et formidable ^ maïs parrtout la haine, là défiance, le désir vague d'un changement qui fut, pour chàcui), dans le sens de ses passions et dé ses regrets. • ^jvjs0n ne saurait imaginer pour un Etat unesituatioft Jilusr cri tique v f ^^malheureuse que celle ou se trouvait alors la France- Sa ruine paraissait inévitable* Quel salut pouvait-elle espérer f à quelle institution que Fbii pût s'arrêter parla pensée , dh voyait le volcan des factions prêt à se rallumer. Toute institution , d'un ordre quelconque r devait être plus fàVôrâble à certains hommes qu'à cer*taïns autres, par conséquent exalter les uns , irriter les autreâ 1 jeter sur toute la France des blindons, dte discorde civile > et la Kvrer agonisante au fe* dé l'étranger* *

La France r hôts d'état de reprendre soi! an** clenne moûarchie ni sa nouvelle république j ne: pouvait être sauvée que par un homme, mai»

par un homme qui d'avance se tut eotiduit avec fattt de force, de prudence et d'habileté /que fehaque Français, de toute classe, de totiteopitiioiy, dé tout parti, lui efct donné à&n admiration et se confiance*

Cet homme existait, mais éldtgné, prisonnier au seia.de contrées; désertes; pn n'espérait plu$ " le revoûv Tout-à-rcoup on l'annonce ; H paraît ^ tous les regards s'pnissept , t0u$ les vœux se coà* ' fondent , voilà Ihonnnfi que fatte/idais; c'est pour moi qu'il arrive; ces paroles sont dîtes par' le républicain, et le royaliste, p?r le philosophe et le chrétien,

Napoléon vient en effet avée l'intention de protéger, toutes les opinions, de concilier tons les partis ^ mais il connaît les hommes 5 il sait qu'on ne peut les rassembler qu'en donnant à chaque parti l'espérance d'une faveur, exclusive ^ et que bientôt cette espérance, nécessairement démentie, se tourne en ressentiment 5 que toute la modération est alors infructueuse } que l'injustice devient universelle y que les divisions , les foclion* vont renaître de l'injustice.} qu'ainsi c'est à la force seule que , dans les temps de trouble r il appartient, .de maintenir l'ouvrage dé la modération» , '

Il était donc nécessaire que jusques à l'affer-r missement de l'État par la chute de toutes les opinions turbulentes et de toutes les prétendons exagérées, Napoléon devint maître de la France. Cette nécessité était d'autant plus pressante que toutes les nations-' de - l'Europe étaient toujoufsr armées, qu'elles étaient toujours prêtes à secontr

derl'amSàosué dé l'Angleterre; qu'ainsi un pouvoir unique, et un pouvoir ferme, inébranlable, devait isèal disposer de toutes les ressources v et diriger tontes les volontés. : . v / . ; r :.:.v;. .V j KapéléfHS ^ employant tour à tour * Fa dresse 4 Je courageèt la prudence, s'éleva graduellement au suprême pouvoir./ C'est alors que la France fut singulièrement forte et profondément calme 5 alors les factions furent $ sinon étouffées, du moins enchaînées} alors l'obéissance au iponarque put s'unir au sentiment de Ja gloire nationale et fk l'amour de la patrie; alors commença, sous la protection de la fermeté et de la vigilance^ le règne de la philosophie et de la grandeur* ; h L'Angleterre frétait. Il fut évident/pour tout h^mme doué de prévoyance, que si Napoléon se maintenait sur cette ligne de m^dératioA et de ibrce qu'il avait prise , sa prépondéraiJÇç en politique- fct- en commerce deviendrait, inévitable' 3, qu ainsi le peuple anglais serait rabaissé au rang >des plu» faibles nations. Pour prévenir ce danger extrême , il fallait contraindre Napoléon à ponce£voir dés entreprises dune difficulté extrême, par conséquent à porter si* force jusques à la violence. C'est ainsi seulement que l'Angleterre pouvait se ménager la chance des obstacles sans nombre qui seraient affrontés par son ennemi intrépide , et

U tmtrè~èvûp âm feignes, des sacrifices gu'H imposerait aux français

Ce plan fortement cabçn par un grand bommfe d'État, par W Pifit, fut, en quelque sorte r u* acte de désespoir calme et sdutenu 5 redoit par. le ministère anglais en politique opiniâtre , il entraînait 1 alternative nécessaire, ou d'user le ressort qui donnait à la France tant d'énergie , peut-être même de briser ce ressort , de le faite voler éd. éclats f on d'anéantir brusquement ex ton* retour la puissance des Anglais,

Napoléon sans doute vit les deux faces de ce tableau j mais ici peut-être Commencent ses fentes j nul homme n'est k l'abri de celles qui naissent de non caractère ; je vais définir d'avance toutes celles de cet homme extraôrdiùâire : l'excès de confiance résulta, en son ame, de ses succès et de son courage. U s'était élevé jusques au premier trône de la terré, en maîtrisant les hommes, les élémenset la fortune 5 il crut <|ii'il les maîtriserait toujours; une telle persuasion est le faste dea fcéros,

\ L'Angleterre semblé se soumettre à l'ascendant de Napoléon 5 elle fait la paix à Amiens, C'était un piège. Le traité à peiné signé, Napoléon vide ses ports j il envoie à St.-Domingue sa principale flotte, te ptiacipale armée j il confia

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