SIRE
Toute autorité publique émane du peuple, puisqu'elle n'est instituée que pour sa tranquillité et son bonheur* '
(*) Un artiste de ïîancy a eu l'idée heureuse de placer ces quatre vers au bas d'un dessin, où il a représenté l'arbre de la Liberté sous la forme d'un arbre généalogique , dont Na?Oléob et le Roi de Rome forment les deux premières générations»
Il est de* temps ou la voix àa peupla; ne peut étr# «entendue } c'est , par exemple , lorsque des malheur^ imprévus , extraordinaires 7 ont amené sur le sol de I* patrie un débordement de hordes étrangères, et que la trahison , aidée de l'aveuglement etde la corruption r a procuré à ces hordes , jusques-là vaincues , le triomphe cTttn moment,
Tl est au contraire , des circonstances très-grandes ^' très-importantes, où la voix du peuple se fait entendre . de la manière la plus forte, la plus irrécusable } c'est lorsque la patrie étant déchirée par de violentes fac-* lions, et l'opinion publique horriblement discordante ^ tous les vœux néanmoins se réunissent sur un homme qui n'a point d'aïeux à faire valoir, qui ne tire que de lui-même son illustration, son ascendant, sa renommée*
Iîe pouvoir donné à un tel homme est évidemment le plus authentique, le plus légitime, que les hommes puissent céder et concevoir. ;
Je me trompe} l'imagination pourrait concevoir un pouvoir plus fort, plus authentique, plus légitime.
Que Ton suppose le concours inouï de grandes préventions, de passions furieuses, d'indignes trahisons, d'épouventables catastrophes } que la réunion de si violentes causes ait eu pour objet d'accabler un grand homme} qu'elle n'ait pu y parvenir } que cependant ce ^raud homme, trop fier pour s'irriter contre les pas-
«ions humaines ^ et trop dévoué à la patrie pouf ne pas diminuer, le plus qu'il lui est possible , ses déchi* . semens et ses malheurs , ait cédé à l'orage, se soit arraché aux défenseurs les plus intrépides y se soit généreusement exilé } qu'au terme de moins d'une v année , il reparaisse subitement sur cette terre Vju'il chérit $ qu'il y aborde presque seul } qu'il marche directement vers la capitale dé- l'Empire^ qu\e ses pas soient aussi assurés, aussi libres, aussi rapides que ceux d'un voyageur paisible 5 qu'à chaque instant son cortège augmente^ qu'il se presse } qu'il arrive } et qu'au seul* bruit de sa marche, tout ce qu'il n'avait point fait ^ disparaisse ^ que tout ce qui lui résiste ^ tombe et soit anéanti! ..•„ Si l'histoire peignait un tel triomphe , il ferait à jamais présenté comme une attestation unique y incomparable r merveilleuse ^ de pouvoir et de légitimité.
, Sire-j ce grand spectacle que la postérité admirera + aujourd'hui l'Europe le contemple.
Sire, les habitaas de Nancy reconnaissent eu vous ' lé Souverain des Français, et ils fondent la légitimité, de votre couronne sur la certitude que les vœuxjqui depuis long-temps les pressaient, sont les vœux de presque tous les Français } sur la certitude que votro retour sur le trône de France prévient les convulsions - nouvelles, les révolutions terribles auxquelles votre absence allait nous plonger^ sur la certitude que . la guerre étrangère était à nos portes } qute le$ nations /
jalouses de notre belle patrie songeaient de nouveau à nous diviser 7 à nous affaiblir, à nous envahir. Maintenant, elles reculent consternées. Nous les connaissons^ Sire. L'année dernière, à pareil JQur, leurs soldats occupaient nos villes et nos canipagnes, et, quoique protégés par le nombre et la* trahison, ils frémissaient d'épouvante :; ils s'attendaieut à périr tous sur cette . terre qu'ils Voulaient dévorer. C'est nous qui montrions sans cesse la confiance de la véritable force , et l'attente positive de leur ruine achevée par vos prodigieux succès. Chaque jour, Sire , nous allions au-devant de vous et de vos braves : d'immenses débris, d'immenses trophées de vos victoires nous disputaient le passage , encombraient nos routes , augmentaient notre joie et notre ardeur.......
En un moment , tout fut changé } nous passâmes
subitement de l'alégresse patriotique à une surprise honteuse et déchirante. Nos ennemis , au contraire 9 semblables à des malheureux déjà sur l'échafaud, qui ^ au lieu du coup fatal, reçoivent inopinément leur grâce , nos ennemis de tout genre se livrèrent à une joie insultante qui trahissait encore leur faiblesse et leur terreur.
Mais oublions et nos malheurs et leur délire. En pn moment, tout vient de changer encore } et cette fois, c'est pour toujours. Nous ne perdrons plus nos droits , ni le sentiment de nos devoirs et de no* fores*.
Vannée qui vient de s'écouler sera pour tous les Français on siècle d'expérience. Vous êtes à nous, Sire ^ à nos intérêts, à nos familles, à nos propriétés, à nos opinions, à notre gloire } c'est ainsi que nous sommes à tous} c 1 est ainsi que nous sommes à-la-fois ardens et réunis, libres et obéissans, guerriers à TOtre voix, et, k votre voix encore, citoyens calmes et fidèles.
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