II
hmer towtes jàié&z&ï dé Commerce f c>st-îà
\ tfi safcs ded«fratfoti de guerre f les. flottes *a T rglais^s: tombent inopinément sur les vaisseau* tfiflfrck&ud^ $>fc çmparem, se portent vers Su^ Dorbingue $ les nègres encouragés , soutenus t , • aUment&y exterminent tes Français. Presque aussitôt le mitfistère anglais renonce à toutdégui* sèment , rend k jamais toute 4tànd&*ian imposa wble, Jl proclame J* guerre éterneîhf il h ùfc juptiftet par les écrivains tes plufc énergiques , « Jes orateurs les plus véhémens, ~ *
: Guerre ét&melle ! quej'on » 1 a?r&* sur tes rûots lettMe* , prononcés far une ml¥W profbnidémeii* jalouse,le tend;eïp&in du. jour on ettè a rompu de la manière h plus violente up traité solennel ! que Ton se peigne le* sentimens de Napoléon V Dans sa pen- ^ a^e et ses projets, il avait préparé pour la France ' une splendeur à la fois éclatante el paiailrie; eiir* ipore jeune sur un trpnè qu'il avait fondé, il allait , pour récompense denses travaux, étendre &iir toute le terre , Finflueuce ., le . commerce r le* job r le* mœurs, léswta jla civilisation des Frai* faU, Un $eul peuple aurait souflffert de ce plan iiéroique^ etil croyait Ta voir ehiraîné par Ta$~ «ndant de sa destinée..... Au Keu : de ce triomphe ,
d'un règne supérieur en gloire, en tranquillité et en puissance , an règne de Pendes , et à celui d'Auguste, guerre éterteHe! au Bëu dé la con-* 1 corde entre tous les français, de leur amour, <ie leur enthousiasme, guerre éterheHe, nécessité dfe tous les froissemens , de tous les sacrttcfes 1 lieu d'une prépondérance politique et comtner^ ciale qui allait être paisiblement et graduclbmetxt acquise, guerre éternelle contre tous les peuples de l'Europe, puisque tous les peuples dé F Europe vont être les auxiliaires , ou même lies «ts^ trumeus des anglais! 1
Voila une de ces secousses qui , dans une mm> très-forte , produisent un mouvement terrible^ et ramènent le sort de l'homme le plus puissant au sort général dé l'humanité. - > •'*'
Les évènemens montrèrent bientôt que FAvh* gleterre était par-tout en Europe , excepté en France. Napoléon prépare contre tes anglais une expédition navale} il affronte d'avance des dangers extrêmes ; mais Londres est encore dans de plus grands dangers. L'Autriche court à son aide; elle envahit la Bavière, marche sur h France } pour ira mouvement -si brusque, elle viole aussi un traité, solennel} plus loin, la Russie arme et s'avance* Napoléon abandonne ia mer , traverse la France f son armée vole sur le Rhin. La foudre a est pas
pla$ rapide j rAutricbe est conquise 5 là Russie \ est vaincue $ là paix est donnée à la Rusàie et à 1 l'Autriche } paix honorable^ avantage use ;^es cbn- , ditions ne sont accablantes que pour les anglais.
* 'Je«îje feïai< point ici l'histoire de toutes les - ^tierrtes; què^apoléoii a faites ou soutenues. La , postérité seule connaîtra avec précision leurs détails et leurs causes immédiates. J'insisterai seulement d'une manière générale sur leur but et teur principe.'
Le trident de Neptune est le sceptre du monde.
- Ge beau vers est d'une vérité parfaite. Là partie du monde qui est civilisée règne çn effet *ur jcelle qui ne Test pas encore} le commerce est h vie du monde civilisé; et Neptune est le .- souverain du commerce. A toutes lès/époques de . : la du^ée du globe , la nation très-ava^eée etf civi- Usaiitfn qui a maîtrisé la mer , à maîtrisé les , . nations environnantes , parce qu-elle seule a satis- ' fait leurs nombreux, besoins d'une manière gbon- 1 boudante et facile. Si Rome n eût pas vaincu i Carthage , elle n'eût pas mêrap régné en Italie, . j .* .11 ii^st en Europe que deux nations 7 4 F Angleterre €t la France, qui , par feùr position ^puissent »e disputer la prépondérance maritime L'Angleten* a px®&$ habilement de la révolution
ftte0^;ptnif s en emparer^ sa politique * éssttrilicitement pour 4>bjet de s apposer à ce que jamais k France puisse la reprendre 5 la politique dé Napolepn devait ovoif essentiellement pour objet de 1^ re «aisfr pQftjp Jft [rcpwirjB :ap* forçais* Or* Çé notait plus d'uçiçtnaiiièr^dirwte <# titupt^iarç que Wapolsg» p$*Y*it a^qp^r *t r^v^er 1?
pi|im0$» ÎWrlWPft de rA^gkHSrtéf ^i$t*jt en famWkV&^tety?? lotis Vporft 4u j0|PtM«nii tfelle était l'obligation immense quç< i\^$l*tflprg lai avait imposée) en Jui jurant §u<jrre éterndttb^ Car' il était évident que ce n'était pas m» p£& d'une manière directe et imnwfelmte que FÀûgl€H terre pouvait faire a la Fratte? Ha* guenre éterr* Belle; c'était en excitant ?ans éttssg contre là France 4ôus les pénpjes du Continent; ' Et e0 n'était pas Seulement en s'adrefcafct aul intérêt* ou #ux passions de .ces peuples, qu* ï Angleterre projetait de les armer contre la France y Véurit et» employant r se^n le besoin ^ k despotiti** et k violence* Que demandait le Roi <fe Oianemarek? Depuis long-temps j père es *mi de se* m}et$| il *oul*it -continuer de faire Jeter koùfceur à faide d'upe neutralité paisible. Les Anglais lui ordonnât de se déclarer en tenf {ayeur; fl«s 1 y refuse; sa capitale est brûlée) sa floue f est enlevée y son peuple est. écrasé* 1$
m fan* mtl menace m Europe , et jusque Atfeé* rique , tous les peuples maritimes; tous reçoivent l'injonction la plus impérieuse de mettre leur* vaisseaux à la disposition des Anglais- 11 n'est plu* sur la terre qu'une seule marine, la marine anglaise; elle n est plus dirigée que contre le commerce d'un peuple, le commerce des Français»
Que l'homme juste, que f homme impartial, prononce donc cette vérité manifeste : l'Angleterre forçait Napoléon 1 une ambition démesurée. Souveraine de la mer, Élisant, à ce titre , des lois et des actes d'autorité universelle, elle contraigqait Napoléon à se rendre souverain de la terre* Vue teUe puissance ne pavant &re conservée,, -Napoléon ne songeait à la saisir queutant (Je tfmps qu'il serait nécessaire ptfur arracher aux ^}glais le sceptre des mety* Aws*, rappelons ses premiers triomphes* Maître 4e changer lçs constitutions des peuples qu'il py#& fournis, de les annexer à son peuple, il leur rendait leurs lois, leurs spnveraiçs, leur territoire 5 il leur disait if ulemeut : commercez ayetf la France j ne commercer plus avec les Anglais*
pendant quelques instans , les sot) ver aip^ qpH avait ajpji rendç s?s alliés, demeuraient sfumi? k tyscendept de sa modération et de sa force 5 mai* > 3 s'éloignait $ fifltrigue <$es Anglais reprenait a*»
activité et sa puissance 5 elle mettait sur-tout
à profit' ées rëssemtmens d'amour-propre qui
sont ' naturels à" tous les hommes, et qui sont
encore plus naturels à Famé des. souverains. Les
peuples vaincus armaient sans cessé } semblable à
Fhidre de la fable, la coalition de l'Europe était
toujours vivante , toujours menaçante ; chacune
de ses têtes abattues renaissait à l'instant. * ~ '
' Ce fut alors que Napoléon sentit la nécessité
de donner à la France une extension immédiate
qui lui procurât une puissance réelle , indépen^
dan te, et trèk-*formidable f Alors aussi, il froissa
un grand nombre d'intérêts, un grand nombre
d'habitudes. C'est là encore qu'il était attendu par
son ennemi vigilant * v; -
Dans ses nouveaux domaines, tous les hommes* qui jusques-là avaient été les correspondans des anglais, et dont il renversait l'influence et la fortune, devenaient implacables; l'amour-propre et l'intérêt s'unissaient pour les irriter. ;:
'" Eu France, il écrasait aussi les correspondans dé l'Angleterre 5 -il -se donnait pour adversaires lès hommes beaucoup trop nombreux qui avaient 1 plus de cupidité que de patriotisme. En même temps, tous les hommes exaltés dont il avait for- • cément trompé les espérances , tous les partisans outrés des anciennes institutions, ainsi que tous
tes fauteurs ardens des principes révolutionnaires ) s^acharnaient à le blâmer T à le poursuivre. C'était Vainement qu'il avait ouvert les portes de la " France aux prêtres:^ aux émigrés ^ qu'il avait abrogé les peines capitales portées ëontre eux par le gouvernement de la république* Les prêtres «les nobles l'accusaient de n'avoir point relevé tous leurs anciens privilèges* Les républicains l'accusaient d'avoir rétabli Je sacerdpce ^ d'avoir rapproché de son trône dés hommes appartenant à d'anciennes familles v de n'avoir pas exclusivement donné au* révolutionnaires toutes les places et toutes les faveurs*
- Cfost ainsi qne l'ambirioû jjersottneHê et l'itt* gratitude étaient toujours prêtes à ranimer les factions. Pour: les contenir^ Napoléon usait moin? 'encore de fermeté que de prudence^ et cependant on criait à la tyrannie} quelques hommes pour 1$ pousser à l'extrême ^ pour le rendre odieux ^ en le forçant à devenir tellement un tyran; d'autre* -pour se donner une apparence die .fierté et de caractère ; d'autres . encore 1 par. un sentiment vrai , mais inconsidéré , d'indépendance*
Ici ^ je m'arrête encore ; les documens me manquent pour justifier dbacune des actions et "des vues de Napoléon ; je suis d'ailleurs loin d'affirmer qu^il ait toujours été juste dans s^ açtioqs
(18) et sage dans ses vues. Je dis seulement que janiaiâ homme sur la terre ne fut dans une position où la sagesse , la fermeté, et la modération fussent d'une pratique à-la-fois plus importante et plus difficile. Je dis encore que pouvant à peine contenter à demi des hommes qui, les uns dans un sens, les autres dans un sens opposé, exigeaient des satisfactions excessives et exclusives, il était forcé , par ses intentions et sa prudence même , de se dofmer beaucoup d'ennemis. Quel autre qu'un homme très-fort pouvait affronter cette nécessité rigoureuse, contraindre la haine au silence, et l'injustice au repos f
Ajoutons un trait frappant aux lois extraordinaires qu'il recevait de sa position au sommet de la France, c'est-à-dire au sommet d'un volcan y étouffé par ses soins ) mais toujours prêt à rentrer en explosion violente.
Parmi les Français que leur esprit et leurs ouvrages rendaient remarquables, il en était dont: il ne partageait point les opinions ^ dont il n'estimait point le caractère} il en était d'autres, au contraire , à qui il aurait donné son affection et sa confiance, s'il n'eût été qu'un simple particulier. Mai* ceux-ci n'avaient- point pour eux la vogue populaire, tandis que les autres l'avaient obtenue" ou surprise. Napoléon, attentif aménager lespri*
(i9) ée parti, abandonnait tes hommes estimables y écartait les hommes qu'il aurait aimés, tandis qu'il distinguait^ qu il élevait des hommes aux-*, quels ses sentimens personnels étaient contraires. Cette conduite était forcée $ s'il ne l'eût poiùt tenue, il aurait alimenté les sources d'agitation $ çt cependant r elle aliénait plus de cœurs qu'elle 9e lui conciliait de suffrages- Les hommes d'un mérite inférieur à leur renommée, que le souverain/distingue, ne forment jamais pour lui qu'un appui, précaire , que sans cesse la vanité ou l'intérêt ébranlent. D'un autre côté les hommes de mérite que forcément le souverain délaisse 1 sont rarement assez clairvoyans pour découvrir ses motifs r et assez généreux pour les appuyer* • Si Napoléon e^t été en paix avec l'Europe ^ il eût sans doutç. suivi son inclination et la justice 5 mais, environné d'ennemis acharnes, qui pénétraient en France par toutes les issues , armaient toutes les passions., s'emparaient de tous les pré- .textes , il était obligé de diminuer le plus possible la somme des prétextes r et de comprimer les passions. ? * ,
Pour ce dernier effet^ il avait besoin sur-tout de donner généralement une opinion extraordinaire de son inflexibilité et de sa vigilance. Cette opinion j chef-d'œuvre d'adresse et de caractère,
qui faisait plus cpe remplacer lé prestige d'une antique naissance r il Pavait établie* Les hommes avaient pris l'habitude d'obéir à ses lois , comme à celles du destin.
: Sans doute, lorsqu'on a reçu une ame d'une si grande force , on manque de certaines qualités propres à adoucir les mouvemens que l'on a la puissance et l'obligation d'imprimer* On ne peut être au même degré , gracieux et énergique , patient et formidable. Ajoutons une vérité remarquable, et d'une application générale* . .
Pour être capable d'atteindre un but. de na* ture quelconque , ii faut nécessairement être Capable de le dépasser $ et lorsque ce but est d'une immense étendue, lorsqu'il s'agit àr4a-fois Ue' fermer dans un grand état le goufre de Uanàrchie, et de conduire le peuple entier à "vaincre ses ennemis extérieurs ^ H faut avoir reçu \iô la nature une forée incomparable , par consérfuetit iàtrfe exposé à prendre, soit au début de la carrière, soit en la parcourant, soit k son "terme , un élan éfcagéfé»
Il est donc possible qu'en plus d'une cir-
1 co^st«Mce, Napbléot* ait fart au-delà de ce qu'il
-était fcôrt>d& feire> tel* taéme «st vraisemblable j
mais je crois .pouvoir affirmer que tout ce qu'il a
entrepris , il était for dé de l^»trepr cadre. Je
(ai)
pense que dans toutes ses tentatives il était doublement justifié , et par la possibilité du succès:, et par la eertUude que , s'il s'abstenait de tellép tentatives, il laisserait inévitablement tomber. sur la France . une forte oppression et de longs malheurs.
Ils es\ rare que les hommes , en jugeant uj* événement violent et désastreux, soient euxtnême^ modérés et /équitables* Ils ne sentent que la souffrance qui a été produite; ils ne sentent .point celle qui a été évitée-; elle ne se présente p^s même à leur pensée. 0e plus, ils n'attribuent le désastre, dont ils souffrent, qu'à ses causes les ; plus apparentes^ ils oublient les plus réelles soit par ce qu ils lie le connaissent pas y soit parce qu'en accusant ils se soulagent, et que Thomme qui souffre , esl moins pressé d'être juste que de se soulager.. Ainsi , il s^est élevé contre Napoléon un concert presque unanime d*improhattons violentés à l'occasion de sa dernière eampagne en * Russie* L'ùpagmatiôn des improbateurs ne se reporte plus aux tempp qui précédèrent immédiatement cette campagne* À cette époque y le moment de crise était veauj l'Angleterre, sur fe bord de l'abîme, persistai* plus* fortement que ■- jamais dans le seul, système qui lui offrit quelques, lances de salut r dans le système de; gue«g*
éternelle. D'une part*, toute son industrie , re^ foulée sur élfe-nfêtiae, allait périr de stagnation etde surabondance ; mais d'an autre côté 1er peuples que Napoléon avait été contraint de soumettre à la domination française^ supportaient * ' avec une extrême impatience cette domination ; ' ils favorisaient de tout leur pouvoir, ou au moins de tous leurs vœux , l'infraction de» lois prohibitives 5 ils augmentaient chaque jour , pour Napoléon, la nécessité de porter son pouvoir et sa vigilance jusques à la tyrannie 5 ils contribuaient ainsi à augmenter chaque jour Içs sacrifices et la lassitude des Français,
Que pouvait faire KapoféonP annexer encore de nouveaux peuples à ses domaines? étetidre^ encore ses limites? appesantir encore son joug impérieux? par une telle marche, l'Angleterre'* n'aurait pas été vaincue. Napoléon ne pouvait point s'emparer de toute la mer Baltique 5 et tant qu'il serait resté à l'Angleterre un seul poYt sur le continent, elle aurait eu les moyens d'introduire, jusqu'au sein de la France, les produits de son industrie, et par conséquent de soutenir son plan de guerre éternelle , en arrachant aux Français même les moyens 4e ' a soutenir. Il fallait donc contraindre pour la troisième fois le principal sQùveraui dç la Baltique ^ fermer se$
ports à F Angleterre ; car il fallait terminer par tm seul et dernier coup la guerre éternelle.
Dira-t-on maintenant que l'entreprise d'attacher une troisième fois- la Russie aux intérêts de la France était insensée 5 qu'il était impossible d'aller la vaincre au milieu de ses glaces et de ses déserts ; qu'ainsi il eut été bien plus sage de revenir, sur le' Rhin, et d'abandonner l'Europe, la France même à la domination de l'Angleterre, que de chercher encore à établir la prépondérance du commerce français? Mais peur se déterminer aitasi à sacrifier en un moment le fruit de tant d'efforts et de victoires y il fallait être certain d avance que tes rigueurs du climat et la nature -dû territoire en Russie suffisaient réellement pour la destruction des armées ' françaises ^ que pas conséquent les désastres qui sont arrivés, étaient inévitables. Aujourd'hui nous savons que ces désastres sont arrivés 5 mais l'empereur de Russie lut même était loin de- les juger inévitables ? puisque d'avance il avait ordonné que Moscou fût brûlé à l'approche des Français. Vincendie d'une capitaJe > *efage de tous Iqs peuples enyironnans r est un de ces actes épouvantables qui sont atrocement barbares , s'ils, ne sont point coo>mai»dé& par. la nécessité} d'où 1W doit, conclure que l'armée française sje sgrait maintenus ea Ru*>ie-,
et y anrait dicté ses lois , si Moscou nVvait point été brûlé : or un tel sacrifice;, qui jamais sur 1* terre n'avait été commandé , qui vraisemblablement ne lésera jamais, qui ne pouvait recevoir son exécution que chez un peuple esclave et barbare , un tel sacrifice ne pouvait être prévu par le Souverain du premier peuple civilisé. Ge même Souverain ne pouvait prévoir que les.
rigueurs de l'hiver, l'année de cette expédition audacieuse, seraient non^seulement excessives ^ mais prodigieusement anticipées $ cependant ^ il fallait encore fcette anticipation et cet excès , puisque le discours du prince régent au parlement d'Angleterre, après Hnc^diedc Moscou , et avant la retraite de l'armée française, témoigne que cet borrihle incendie avait été loin de suffire pour dissiper toutes les craintes. Enfin, le Souverain des Français, l'homme qui avait fondé des trônes et uni la France à de grands Etats, par des alliances honorables pour ces Etats et pour la Fraace, nepouvak J>oint supposer qu'il serait abandonné, trabi par des Princes , que sa confiance , l'honneur , la parenté, leur Ûuéïêt même liaient k ses grandes entreprises.
Ainsi, que Ton retranche des circonstances mémorables qui formeront, l'histoire de cette campagne terrible^ <jue V<m retranche ce qui
Aâtuféllettient tic devait point s'y trouver, rinteudie de Moscou, les rigueurs excessives d'uni liiver trè*~antîcîpe, et U conduite faible ou de-* loyale (inities inêdètes, <m ebncevra peut-être de grands succès au lieu dfc "grands malheurs , et Ton sera porté à dire cotetfne Napoléon : la paix était à Moscou, On ajoutera même : c'est à Moscou seulement que pouvait et devait se faire cette paix éclatante ^ solide, très-avantageuse pour la France, très-utile à tous les peuples du continent, fatale seulement à l'Angleterre,
Mais c'est à Moscou que se manifestèrent des sentimens implacables. Aussi, nous qui ne connaissons point toutes les circonstances , toutes les tentatives , toutes les espérances qui pouvaient entraîner Napoléon & prolonger son séjour en Russie , nous sommes autorisés à l'accuser d'une faute immense. Comment l'incendie de la capitale , incendie préparé , annonce par celui de tous les lieux que Parmée française avait parcourus, ne donna- t-il point à Napoléon la pensée alarmante qu'il combattait un ennemi désespéré , furieux , dont la résolution était de s'exterminer lui-même plu tôt quç de se soumettre ? que pouvait^ en attendre de toute négociation , de toute proposition, si ce n'est des refus ou des pièges? Comment feifroi de se laisser surprendre par l'hiver au sein
d'un affreux climat^ et au milieu d'un peupW, iraendiaire^n'eûul pas plus de, force sur l'ame de Napoléon que la nécessité pénible d'abandonner par une, prompte retraite les avantages; que déjà il avait obtenus? Cette conduite semble inexcusable. Mais lorsque nous lui donnons ce titre , rappelons-non? que nous la jugeons principale- . ment sur l'impression horrible des malheurs, qui en furent la suite, c'est-à-dire sur des évènemeea qui eu découlèrent , sans en être cependant la; conséquence nécessaire et immédiate j car l'hiver de, 181 a T comme ceux des années précédentes y et ceux des années suivantes, semblait naturelle^ nient ne devoir déployer que vers la fin de décembre sçs affreuses rigueurs.
Néanmoins, je crois que même lorsque Tbistoire aura reçu et traitons rentier éclaircissement des faits , il restera ^ur la mémoire de Napoléoti une. accusation grave; je l'ai déjà indiquée. Son audace naturelle aya,nt été poussée par des succès brUUns r namhreux^ extraordinaires 7 jusques à une confiance toujours près d'être insensée , U s'était habitué à braver, dans son ame, non seule- .ment les résistances des gommes, maïs celles de la nature; il s'était laissé entraîner jusqués à ne plus voir qu'un emploi de l'héroïsme dans les entre-* prises supérieures aux forcçs de l'humanisé, lï$
grand nombre de Français avaient reçu de Jui ce téméraire enthousiasme , et contribuaient encore à ÏUexalter. C'était sur-tout comme soldat français que Napoléon se jugeait souverain dçs hommes et delà nature.
^ Dans un homme d'un caractère queleonqoe^
toutes les dispositions , toutes tes qualités, sob$.
nécessairement enharmonie. Napoléon n'avait pu
eô veni* jusques à dépasser toute mesmre dans lç
sentiment de ses forces et de son courage, sans
s"* élever également! par son langage , au-dessus
même de la fierté, et sur-tout? de h prudence.
Ses expressions, au début de sa carrière, étaient
fortes et simples 5 par la réunion de ces deux
qualités, elles contribuaient singulièrement à
étendre son ascendant et s? fortune. Depuis une
certaine époque , l'irritation et l'exaltation étaient
dévenues à-la- fois iés caractères de son langage.
- Il rappelait sans taénagemens la rapidité et ta
force avec lesquelles il avait renversé d'immenses.
obstacles; c'était le moyen de les relever. .Tous
les Souverains qu'il avait vaincus étaient humilies
de* hauteurs de son style 5 il excitait ainsi au
désir secret de sa chuté ceux même dont il avait
acéru la puissance, et qu'il avait rendu ses alliés,
£àns doute, lorsqu'il rencontrait près d'un trône
çunemi un grand cajpitaine, un yéritable grancj
iiomme v il la traitait avec noblesse, Rien de plot honorable dans son histoire que les sentimens manifestés à son égard par le prince Charles ; ils suffiront toujours , pour répondre devant tout homme juste , à la violence de $es accusateurs, Mais le prince Charles était par ses hauts faits ail-dessus de l'humiliation, et par son caractère au-dessup de t'envie.. Il fallait craindre et ménager dan? les autres hopunçs ce que la nature donne à tous, de l'amour- propre et des passions.
Aussi 1 n'en doutons pas, tel a été le principe
.de cette ligue formidable à laquelle Napoléon
vient de succomber; il s'est formé contre Un,
non-seulement enJEurope, mais en France, une
coalition presque générale, parce que , après les
hommes supérieur, rien n'est par-tout si rare
que les hommes justes , et qu'il est également très-
. rare que les hommes, supérieurs sachent joindre
aux grands taléns qui font leur supériorité, le
talent si difficile de se la faire pardonner. Je de
sais même si ce talent est possible aux hommes
qui prennent le gouvernement des peuples dans
les temps de secousse et de turbulence. Ils sont
contraints de froisser les idées et les. sentiment de
> presque tous les hommes; car presque tous les
• hommes ont , dans des sens diflerens , dés idées
inapplicables) et des sentimens exaUés< Il faut
aîbrs que lés ctiefs du pouvoir se montrent ito-
passibles, contre les murmures, les accusations,
le blâme ) les imprécations même $ ce qui à la
longue est un effort singulièrement pénible } il
faut que , tout en marchant d'un pas ferme , vers
qn but assuré, ils s'enveloppent cependant de
réserve et de sileûce. Il faut enfin qu'une seule
raison, la raison d'État, conduise leurs pensées,
en opprimant leurs propres opinions et leurs
affections intimes* Or, il n'est, parmi les sujets
de tels souverains , et sur-tout parmi les victimes
des circonstances générales, qu'un très -petit
nombre d'homtnés qui aient assez d'étendue dami
les idées pour entendre et approuver la raison
d'État/. ; • /. . • . <
Kapoléon a suspendu la jalousie et i'antmtailé excitées en Europe par la splendeur de U France ^ en excitant et en rassemblant ooritre lui-même ces funestes sentimens* C'est ainsi r que par les * causes mêmes de ses malheurs personnels y il a servi l'empire qu'il avait relevé. Les mouvçmens de la politique et de la guerre n'ont plus *eu directement pour objet la destruction de la France $ comme aux premiers temps de la révolution franr Ç&ise; la chute d'un homme a été le but principal I de ces mouvemens.
. ©es la naissance de la révolution française , les
Sèuvèi-alns étrangers avaient prodigué de* àpptfpfc illusoires et de trompeuses promes8se& à Fittcu^f^ famille de nos anciens Rois. Ces- illujîoss* et ce* promesses avaient alors pour objet réel de fo— Inenter les divisions qui déchiraient notre malheureuse patrie, Lorsqu'ensuite Napoléon eat enchaîné la discorde, les princes français furent abandonnés; la dignité de leur rang, et celfe qu'ils tenaient de leurs malheurs ne furent pas toujours respectées*
On leur a maintenant reqctu la couronne* J'écarte l'idée flétrissante quec est avec l'intention de nous diviser encore* Un seul Gouvernement d'ailleurs pourrait être soupçonné d'avoir eu cette intention perfide. Les autres Souverains , je n'en doute point, ont été sincères dans les égards qu'ils viennent de témoigner à un Roi très-digne de leurs hommages* Mais de tels hommages avaient toujours été mérités par ce prince respectable^ s'ils n'ont pas été rendus plutôt, c'est, sans doute parce que le sentiment de justice qui iûvitaiï à la rendre, avait besoin d'être échauffe par d'autres sentimens. Toute passion se com-r . pose de mouvemens opposés qui se succèdent et se balancent; Les. Souverains, ennemis de Napoléon , ont peut être été généreux par ressentirent } ils ont aspiré à h gloire de se montrer r aux yeux
(3t ) tîes Français et aux yeux de la J>ôst ifitè | ptùl ^grands que Napôtéen même. Accusant tbujouri ^celui-ci d'ambition et de violence , ils se sont imposés l'obligàtioii d'être calmés , et de paraître jnodérés* C'est ainsi qu'ils otit ennobli leur vengeance, que peut être ils fotit assurée. Pourquoi craindrai-je d'exposer ici mes conjectures? Les -grands actes politiques relèvent du tribunal des peuples* Il est possible que les Souverains^ ennemis de Napoléon, conduits jusqdes au seia Aé sa capitale par d'autres introducteurs que la victoire, aient redouté là force , l'miion , l'exaltation de cette armée française que Napoléon, par une suite extrêmement rapide de stfccèk prodigieux, venait de rattacher très-vivement i sa personne y et l'opinion publique } frappée par ces haut» faits ^ s'apprêtait également à revenir de toutes les déviations qui l'avaient entraînée; elle se tournait fortement , du moins en bien des Heux^ .vêts l'armée et vers Napoléon 5 il fallait de nouveau l'enchaîner ou la séduire. Il fallait aussi se hâter de montrer à des guerriers ? d'une valeur inouie, et qui venaient de vaincre sans cesse des « armées innombrables, qu'on était loin de les considérer comme vaincus, pour n'avoir pu soutenir 'leur chef contre une croisade de passions acharnée* à le combattra II fallait que de si braves
soldat* ne fussent tii honteux, ni victimes des dhaa* gemen4 que Ton allait faire dans leur patrie* Sans cela, dans leur indignation et leur désespoir , ils auraient réclamé de Napoléon une violeme résistance; ilsauraientdéchiré dans ses mains cette abdication généreuse qui allait épargner le sang des Français.
. Ainsi , disons-le sans détour , la justice Fordonne : ÎNapoléon sera à jamais le héros et le bienfaiteur de la France. Sans son génie et sou courage, elle eût été exterminée par les nations rivales , après avoir été épuisée par l'anarchie* C'est lui qui rétablit j pour elle , le trône et toutes les institutions sociales; qui donna à ces institutions une force , une harmonie jusques-là inconnues; qui) malgré des guerres énormes 1 toutes nécessaires, imprima une activité féconde aux arts, aux sciences, à l'industrie, a toute* Jes sources de la prospérité publique ; qui couvrit la France et sa capitale de monumens destinés là effacer les antiques modèles, car ils ont encore plus d'utilité que de grandeur. L'histoire et la postérité diront un jour : ce grand homme descendit du trône , ety dans sa retraite même , il .couvrit la France de son égide victorieuse* Moins généreux, plus rapproché des hommes ordinaires, il aurait pu se livrer à une irritation
quesonartnéelui demandait, et dont les premiers effets du moins eussent été horriblement funestes À ses implacables adversaires» Mais il aurait exposé la France à d'horribles secousses ; il céda» Tfop j&er pour s'offenser d'une déchéance que nul corps de FEtat Savait le droit de prononcer f et qui ne le rabaissa &ux yeux de personne , il dépouilla sa tête de la couronne que sa valeur et la confiance du peuple y avaient placée ; il remit i Auguste le sceptre de César»
Oui » je prononce avec la même franchise tous messentimens et toutes mes pensées» Louis arrive avec les intentions d'Auguste» Si le pouvoir lui en est laissé , il fera le bien des Français* Mais c'est Napoléon qui a préparé pour lui cet heureux- avantage» C'est Napoléon qui , comme César ) habile ^ patient et intrépide, abattit en France les factions intérieures, éX fit trembler au* dehors tous lés ennemis de FÉtaU
< Nous avons dit précédemment que pour être capable d'atteindre un but} il fallait être capable de le dépasser. Disons maintenant davantage»
L'expérience actuelle et l'expérience universelle démontrent que lorsqu'un mouvement nécessaire est devenu très-difficile par la violence et la complication dès résistances y il faut s'armer d'une force qui , dans ses premiers effets , dépasse réellement le but qu'elle se propose d'atteindre ; cal» frlôrs seulement les obstacles sont laissés en arrière à une grande distance, et Ton rétrograde soi-ûiême paisiblement*
La révolution française eut pour objet d'établir dans l'esprit humain les droits de la vérité , et, dans lés constitutions sociales, les droits du peuple*, Ne parlons, en ce moment, que de ces derniers droits. Les premiers hommes qui cherchèrent à les faire reconnaître éprouvèrent des difficultés tellement insurmontables, qu'ils échouèrent dans leur noble entreprise. Parmi eux , et au premier rang, nous distinguerons ce Prince, philosophe et citoyen, qui, dans l'assemblée des notables, fat seul à soutenir la cause du tiers-état. Vainement il appuya le ministre vertueux et patriote qui
V ', , (35) '••■.•: ■ -• .• Voulait prévenir lés désastres de la révolution , en
entraînant le Roi lui-même à la faire par ses droits et sa puissance. La force manqua à ce Roi éminemment bon et respectable. Son auguste frère, Monsieur, ne put lui imprimer celle qui n'était point dans ses habitudes et soi) caractère. Monsieur fut estimé, admiré de tous les hommes judicieux j mais, (ne craignons pas de le rappeler $ il n'est pas de vérité plus utile que celle qui fournit de grands motifs à la reconnaissance)) Monsieur fut blâmé, avec violence même^ par la plupart des tommes d'une grande fortune et d'une grande naissance, dont le Roi était environné*
La révolution se fit» Irritée par les résistances ^ elle fut épouvantable ; elle enfanta l'anarchie $ celle-ci rendit nécessaire le despotisme qui seul pouvait l'étouffer*
Aujourd'hui, Monsieur est Rdi; ses conseils ' s'exécutent 5 c'est lui-même qui proclame solennellement en France la liberté civile et politique* Cette proclamation, certainement conforme à ses idées anciennes^ se fait aujourd'hui paisiblement; non-seulement elle excite la reconnaissance du peuple, mais elle paraît entraîner sans effort le consentement éclairé des hommes qui autrefois l'empêchèrent U en est de même des républicains exaltés qui s'égaraient, il y a vingt ans, dans des
( 36 ) théories Inapplicables aux mœurs actuelles. Grâces à HnfusLon mutuelle de tous les partis, opérée par le temps , par l'expérience , et sur-tout par la raison, la force, la vigilance de Napoléon, le pouvoir suprême a paisiblement rétrogradé vers le but essentiel de la révolution française; et là, il s^est affermi } il s'est reposé. C'est pour conquérir cette vérité si simple : tous les hommes sont égaux devant la loi; c'est pour la rendre fondamentale par l'extinction des privilèges, et par la proclamation universellement approuvée d'une constitution libérale 1 qu'il a fallu unerévo* lution terrible, et la force extrême d'un Napoléon.
Quels seront maintenant les effets de cette constitution sur la France? à quel avenir conduirat-elle cet empire P quel sera le sort de la génération actuelle? quel sera le sort de nosenfans? Ici, rentrons dans la loi universelle ; elle seule peut guider nos pensées , de manière à leur donner, non une précision certaine pour le temps et les détails, mais une prévoyance étendue et générale.
Totitesles institutions humaines, comme toutes les opérations de la nature , sont essentiellement transitoires $ car les unes et les autres ne peuvent que lier les effets dont elles découlent aux effets qu'elles doivent entraîner.
Mais les bonnes institutions sociales ont un Caractère qui les distingue des mauvaises institutions } c'est d'être relatives aux circonstances générales , et conformes à la majorité des opinions et des intérêts; tandis que les mauvaises institutions ne sont point d'accord avec les circonstances générales > et ne sont conformes qu 1 à la minorité des intérêts et des opinions.
Pour cette raison, pendant toute la durée dés mauvaises institutions , le mécontentement est habituel et plus ou moins sensible, l'inquiétude 'est plus ou moins vive et prononcée. Au contraire , les bonnes institutions affaiblissent le mécontentement , appaîsent l'inquiétude que jamais , d'ailleurs , elles ne font disparaître.
Les mauvaises institutîonspassent plutôt que Tes bonnes institutions ; c'est encore une des épreuves qui les distinguent entre elfes. La discorde né peut se maintenir aussi long-temps que la paix.
Ainsi, toute institution sociale qui est rappelée par Fhistoire comme ayant eu une longue durée était manifestement convenable au peuple qui l'avait reçue. Nous pouvons la juger sur Tépreuve 'dii tetnps ; il n'en est pas de plus péremptoire. *
Cette épreuve décisive manque aux contemporains de toute institution qui vient d'être cre'éè ^ aussi $ ils ne peuvent prononcer Icuf jugement
( 38 ) avec une parfaite assurance 5 il faut du moins* qu'ils attendent que l'institution marche, qu'elle $oit en exercice ; car alors leur- jugement sera décidé par répreuve contemporaine de l'anxiété publique ou du contentement général.
Dans quelque mois , cette épreuve elle-même sera, pour ainsi dire, en exercice. L'observateur réfléchi et impartial poqrra alors prononcer si la constitution qui vient d'être donnée à la France est réellement bonne», c'est-à-dire, si elle est convenable à la majorité des intérêts et des opinions ; et si elle est d'accord avec les circonstances générales,
Si nous pouvions nous permettre d'anticiper ?ur ce jugement d'une prochaîne expérience, nous observerions que la restitution du trône de France à la maison de Bourbon, est une circons^- Tance majeure qui a modifié essentiellement dans Vensemhle de l'Etat (a balance générale des opinions et des intérêts. Un certain pombre de familles, jusques-Jà exilée* ou déchues, so«t rentrées plus ou moins dans Feppoir de voir rétablir quelques-unes des opinions anciennes, et d'être «Iles-mêmes rétablies dans quelques-uns de leurs anciens privilèges. Un désir, naturel k l'homme, pe peut manquer d'être le fruit d'une telle espfr T8«Ç6i CcpffiMtatt) cet e^cdr et cç désir j çç«T«r
pondans aux causes primitives de la révolution française , sdnt maintenant devenus opposes aux Habitudes, aux intérêts, aux opinions, et aujç droits de la plus grande masse du peuple. Il y a donc en France ^ aujourd'hui,, les élémens d'une lutte qui déjà ^existait plus sous le gouvernement de Napoléon. Ainsi, un Gouvernement du mémo genre semblerait devoir aujourd'hui être encorç plus nécessaire pour prévenir Tanxiéte publique. Mais, d'une part, le Gouvernement de 1 unité iÇest point dans les intentions du Roi , ni dans son caractère. En second lieu, le Rot lui-même , quelles que soient ses lumières y sa philosophie, ses opinions personnelles, se trouve uni par le sang, par les habitudes , par la communauté de l'exil et du sort antérieur , avec tes hommes et les familles, qui tiennent encore à des privilèges détruits , à des opinions anciennes. Une telle union pourrait faire âéehir jusques aux intentions, les plus, populaires du Monarque, s'il était revêta d'un pouvoir illimité.. Enfin , nous sommes affaiblis par une longue succession de guerres , de troubles etde malheurs^ Dans Fêta t d'épuisement % les peuples , comme les. individus, se prêtent à la modération ^àda conciliation ; ce n'est que la surabondance de forces qui les. entraîne à la fermentation a à la discorde*
Ainsi , une constitution balancée nous estant jourd'hui convenable , puisque seule «lie peut défendre les intérêts et les droits 4a peuple contre lès regrets, les désirs , les tentatives des familles autrefois privilégiées; puisqu'en rendant ces tentatives plus difficiles , elle tend moins imminentes les convulsions et les secousses, dont l'État souf* frirait encçre , dont les Nations jalouses se hâteraient de profiter , dont enfin les familles autrefois privilégiées seraient inévitablement victimes* Enfin, une telle constitution peut seule affermir le trône, puisque le Prince sage, modéré , qui Toc* cupe , est 3 par ses opinions même , par ses habitudes et son caractère, beaucoup plus porté à lai Patience, qu 1 ^ la vigueur et à la fermeté.
Supposons maintenant que je ne me trompe «dint dans ces pensées; supposons que la constitution qui vient d'être donnée & la France soit réellement celle qui aujourd'hui nous consentie mieux sous les rapports essentiels; supposons que le Roi lui-même, selon les intentions qu'il manifeste, la défende toujours contre les, désirs, lés; regrets, les tentatives des hommes et dés familles dont il est plus spécialement ei^vironné, en sorte que le murmure populaire soit écarté, que la marche essentielle de la révolution ne soit point arrêtée, et qu'ainsi la tranquillité sociales Ae suit
^>6mt compromise* S'il eu est ainsi, la France s'élèvera, en peu de temps, à un degré éminent de force et de prospérité. L'effet des bonnes institutions est le bien-être particulier entraînant avec plus ou moins de rapidité la prospérité générale*
Mais cet effet, semblable à tous ceux qui sont produits dans la nature, deviendra nécessairement cause à son tour; il produira des effets contemporains et des effets postérieurs. Àttacboùs-nous à les poursuivre. Pour cela , faisons une supposition gui rende nos raisonnemens plus simples , et notre prévoyance plus facile.
% Si la France , que la nature a placée soUs le climat le plus fertile, était, de plus, environnée de barrières impénétrables, et avait ainsi la faculté de pouvoir commander seule à sa destinée , voici quelle serait son histoire prochaine :
Le Peuple français montrerait, quelques moyens encore, ce calme doux et intéressant, qui, dans tous les êtres sensibles, est produit par l'épuisement et la lassitude ; bientôt il se Ranimerait * y il s'exciterait à tous les genres dé travaux par ses succès d^ns tous les genres 5 chaque Français verserait dans le fonds commun de la* prospérité nationale les fruits de son bien-être et de son industrie; la fortune publique s'accroîtrait saps cesse 5 l'éxistqnce de chaque individu serait
^mbelfie, «tendue, par la jouissance des premiers Biens , par là liberté Y la sécurité et l'abondance; les familles deviendraient plus nombreuses} il naîtrait un grand nombre de familles nouvelles ; on verrait , en peu d'années, la puissance do l'Etat parvenir au plus haut terme de splendeur. { Mais, comme dans la vie des nations les plus favorisées , ainsi que dans la vie de tous les État* ^ il est nécessairement un terme de développement et de croissance au-delà duquel il faut décliner et souffrir 5 le peuple français , que je suppose toujours libre de toute agression étrangère, n aurait pas plutôt acquis le degré de population et de richesse fixé par l'étendue et la fertilité du /territoire, qu'il commencerait à consommer plus qu'il ne pourrait produire, par conséquent 4 s'affaiblir et à se diviser* La partie opulente, celle qui serait plus spécialement en possession ie% avantages et des privilèges , tendrait non-seulement à les conserver , mais à les étendre* Cet effort, naturel i l'homme, aurait pour résultat nécessaire d*aug* inenter successivement les privations de la partie moins favorisée ; car la loi des compensations r la loi universelle, établit que les distributions générales se font par mouvemens toujours égaux, mais en sens inverse les uns des autres, en sorte que la distance des deux extrêmes devient don*
• (43) l>lement et progressivement croissante! * mesura que Ton s'éloigne de régalite'.
Ainsi chaque jour , la fortune publique tendrait à se concentrer en un pjuspetit nombre de mains ^ fortes pu adroites; chaque jour, Ja masse populaire serait plu* pauvre et plup nombreuse ; elle deviendrait inquiète y mécontente , disposée à la révolte; la masse privilégiée croîtrait en exigeapee , transformerait ses privilèges endroits, et pour les soutenir, formerait une fédération serrée, toujours oppressive , quelquefois insultante. , # . , •
À ce terme, et depuis longtemps, la constitution ; ne serait ptqs qu'un vain mot, inutile à la cause du peuple, ou même fetale à $es intérêts , parcq que^ à, l'aide de la vénalité ou de la force , le3 privilégiés l'auraient convertie en instrument légal d'oppression et de servitude, £e moment vien^ drait où la Nation entière toucherait , pour ainsi dire, à la fin de sa chute; ce moment serait celui où l'excçs de la tyrannie serait sur le point de porter le peuple à s^sir larme terrible du désespoir.
Alors commencerait l'état de crise , susceptible de plusieurs issues bien différentes, selon le carao* tère du Monarque et selon les circonstances.
Si le premier dépositaire de l'autorité' publique dtait nù homme ferme, à grande tsdens politiques
et militaires , il suspendrait brusquement Ta constitution , saisirait tous lès pouvoirs , gagnerait rapidement la confiance du peuple, le porterait même^ l'enthousiasme, en se montrant avec vigueur et franchise le vengeur de ses souffrances et le protecteur de ses droits. Alors , soutenu et protégé à son tour contre l'irritation des oppresseurs , il les contraindrait à rentrer dans Tordre de la société et de la nature} il étoufferait leurs réclamations et leurs plaintes; il ne lés rendrait point à leur tour opprimés et victimes; au contraire, il les garantirait des mouvemens terribles qui les eussent contraints à le devenir; pour qu'ils ne fussent point précipités dans nu abîme de ruine et d'infortune, il les ferait descendre , de leur élévation usurpée, au rang que la constitution leur avait assigné.
Cette grande impulsion donnée, et le peuple satisfait , le Monarque ne s'arrêterait point encore. Il chercherait un écoulement extérieur à la surabondance de population , ainsi qu'aux regrets et à l'inquiétude- U frapperait la Nation entière d'une ardeur belliqueuse pour une expédition lointaine; il ferait retentir les idées de gloire et de fortune. Quelque lut le succès postérieur de ses entre* prises , elles produiraient sur-le-champ l'heureux effet de jeter au loin le superflu des forces etti»
(45) richesses, de ramener ainsi la Nation entière & Tétât de rajeunissement et de calme nécessaires pour que la constitution primitive pût lui être rendue , et que le Dictateur Suprême pût abdiquer l'excès de son pouvoir.
Ce serait alors , pour ainsi dire , une semence nouvelle, succédant à Tarbre qui l'avait produite \ tombant sur le même sol , 'destinée à un développement semblable , devant, comme lui, croître T mûrir , décliner , tomber , se renouveler.
La durée d'un tel Etat serait éternelle , ettoujours partagée en périodes successivement enchaînées et ressemblantes entre elles, si, à la ûh de chaque période, il se trouvait à la tête du Gouvernement un Prince ferme et habile, si lé territoire demeurait environné de barrières inexpugnables, qui le missent constamment à l'abri, non-seulement de tonte agression, mais de toute intrigue, de toute influence étrangères , et qui cependant pussent toujours protéger l'écoulement des forces surabondantes 5 si cet écoulement trouvait toujours au loin des lieux propres à le recevoir j sans qu'il s'établît entre ces lieux et la métropole une réaction funeste 5 si enfin la fertilité du sol demeurait inépuisable.
Il est aisé de sentir que la réunion et la permanence d'un tel ensemble de conditions seraient
impossibles; ce qui démontre, conjointement javcc l'histoire 3 qu'il ne petit exister sur la terfe un Peuple étemel.
Et si Ton suppose que 3 dès la fin de la première période 4 le Chef suprême de l'autorité publique a manqué de force et de prévoyance , on ne peut piti3 voir cette période terminée 4 comme l'ancienne Monarchie française, que par des secousses effroyables: la lutte de toutes les passions, la confusion de tous, les pouvoirs, la cruauté , le brigandage ^ l'anarchie > la guerre civile**-*.. Heureux encore si , du sein même de ces horribles tempêtes, il s 1 élevait un Grand homtne, Soldat intrépide, Génie vaste, politique consommé ; la Discorde serait enchaînée; l'Etat sortirait de ses ruines $ il serait bientôt remarquable par l'unité de ses mouvemens et par sa vigueur* Mais, s'il ne se formait ensemble que des guerriers pleins d'audace , également étrangers à l'art presque meryeil* leux de maîtriser les éyènemens et les hommes, des guerriers comme ceux qui , en ce moment, déyorçnt Saint-Domingue, l'État aurait lei sort rçWvé à cette lie malheureuse, si elle -est abandonnée} la guerre civile y serait permanente; » elle finirait par détruire la population et le territoire: elle rendrait celui-ci à la domination barbiire des sauvages et des brigands.
Lfcs suppositions que nous venons de faire sont autant de termes fixes sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour présumer le sort de la France ^ en prenant son état actuel pour première donnée de nos conjectures et de nos raisonnemens»
Les guerres immenses et la révolution terrible , soutenues par là France , lui ont enleva la sura^ bondance 4e sa population et de ses forces $ semblables & ces orages longs et yiolèds qui consomment les masses accumulées , par le beau temps et la paifc, dansle se}n de l'atmosphère, elles ont ramené notre patrie à l'état de calme et de rajeunissement»
< Le moment était tenu où le peuple français pouvait recevoir une constitution balancée; précédemment elle eût été impossible. Une telle constitution est une véritable hygiène sociale , un excellent système préservatif 5 car il porte en hii-même ce double principe d'action et de réaction dont Punité et l'immuabilité, dans l'ensemble* delà nature, fait ta loi universelle. Mais l'unité même et l'immuabilité de cette loi universelle, de cette loi de compensations , foiit que par-tout où. elle a été fortement troublée , elle ne peut être ramenée que d'une manière violente 5 et elle a 1 été fortement troublée, par-tout ou il s'est formé un grand excédent d'hommes et de richesses
Car alors il s'est formé , dans les haules classes, nii grand excédent de fortuue et de pouvoir* Get effet est représenté par celui qu 1 une longue sérénité produit dans les hautes régions de l'atmosphère.
Maintenant, l'exercice, de la loi upiverselle peut être recommencé en France par mouvement soutenus , se faisant mutuellement équilibre ; je veux dire qu'à la faveur de notre constitution, nous pouvons, autant qu'il est possible, tenir mutuellement en présence cette action des hautes classes, et cette réaction du peuple, qui seules, par leur opposition et leur alternative, peuvent à-la-fois imprimer au corps social une vie fécondf , et prévenir les secousses en prévenant, dans la niasse générale , une sérénité trop paisible , trop, séduisante*
Mais la France nest point isolée 4 la surfacç du globe; et sa constitution actuelle, très- fa vo^ fable à la liberté, concourant avec la perfection de son agriculture et de son industrie, ne peut que lai donner rapidement un grand accroissement d'hommes et de richesses* Peu d'années suffiront, si nous sommes en paix, et concentré^ sur notre territoire, pour que nous ayons un excédent très-marqué de produits en tous genres, tt de population* Que ferons -nous aloijsfsjv
(49) tomme nous devons Tespérer^le Roi sage , éclairé, qui nous gouverne , existe encore , s'il a toujours la force de commander autour de son trône , d'exécuter ses propres intentions ,' de suivre ses propres opinions, de maintenir en liberté Faction essentiellement souveraine de l'opinion publique , la constitution ne recevra de sa part aucune atteinte ^ et la communication libre et rapide des pensées établissant la surveillance (générale , il ne s'effectuera* aucun empiétement redoutable , ni de la part du peuple, ni de la part des grands» S'il en est ainsi ) on sentira à-la-fois la gêne de la lufabondancé , et la fermentation , inquiétude due cette gêne produit nécessairement - Une telle fermentation est le précurseur inévitable de l'esprit révolutionnaire ou de l'esprit «îilitaire et conquérant. J'aime à l'espérer et à le redire a l'esprit révolutionnaire sera vraisembla* élément détourné par la sagesse du Roi, et par les sèatimens d'affection et d'estime qui s'attacheront généralement à sa personne* C'est donc l'esprit militaire qui, en peu d'années, se ranimera en France d'une manière prononcée. Le* Anglais Pont prévu. Les paroles suivantes sont Remarquables j elles ont été prononcées à la chambre des wnuauiw? par* le principal négociateur: v-
■ (5oV
v " '€ Pour ce qui concerné les concisions libérales » qui ont été faites à la France v . il n'y a pas de » principe auquel les ministres se sentent plus » fortement attachés , que celui qu'il était expe%
> dient Couvrir à la France d ? amples moyens de
> se former" des occupations pacifiques ; qtfil » était plus dans -l'intérêt: de l'Angleterre de
* rendre ïa France une puissance commerciale ..* et culti vairice , plutôt que de là laisser dans
» son état de pays militaire et conquérant »
( Discours de lord Castléreçgh à la chambre des Communes. Moniteur du 8 juillet 1814* )
Ainsi, la restitution de nos colonies, cette concession que les Anglais ont nommée libérale ^ a eu pour motif de prévenir enfrance la concen- , tration de sa population et de lès forces; et ce ••' motif, quoique principalemeptexcitç par Fictcéfèt très-pressant de Y Angleterre, mériterait nôtre reconnaissance, si les Anglais n avaient pas eu une arrière-pënséë, dont l'aveu est également échappé à l'un des principaux négociateurs Lfes .. paroles suivantes sont encore plus remarquables , et sur-tout plus significatives qpe celles que je viens de transcrire :
• : , « La guerre avait rendu l'Angleterre maîtresse ^ de toutes Içs eolouks de la France; il notait » ni juste, ni prudent ^ de les garder toutes; on ,
* a pré&ré de tes faire entrer dans Péchell* » générale des arrangement généraux Pour % conserver t autorité de V Angleterre en Europe^ % il ne fallait pas agir d'après un principe de » monopole du commerce colonial, qui aurait » dhnhiu é notre puissance au lieu de Tau gmen ter, > et aurait empêché que notre intervention dans
» le système de la politique Continentale pût / »' réussir. Et quand hùus l'aurions pu, nous » Saurions pas dû ôter à la France tous ses » avantages commerciaux et coloniaux* Mais ils » sont rendus de manière à ce que nous puis- %^ siens toujours avoir la puissance sur elle, en » attaquant ses colonies , en détruisant son
* commercé ». ( Discours de lord Liverpool à h chambre des Pairs} séance du 28 juin* Moniteur du 6 juillet 1814.)
Ce trait , rapproché du précédent , achève . d'éclairer sur la politique des Anglais , et confirmé, d'une manière irrécusahle", tout ce que / ■ fai dit sur le projet de monopole universel, et ; par conséquent de puissance universelle, qu'ils avaient conçu, à l'exclusion de 11 France, depuis Ife commencement de notre révolution» En terminant la guerre dans laquelle leur opiniâtreté désespérée a été secondée par quelques fautes peuMtre, mais sur- tout par les passions humaines,
(5?) cj d' épouvantables acciden$, ils se sont réservé lç$ moyens de conserver leur autorité en Europe , et; leur puissance sur nous, en attaquant notre cçmmerce, en détruisant, nos colonies* Ainsi , lorsqu'ils nous ont rendu nos colonies r et lorsqu'en même temps, ils ont eu l'intention d'affaiblir, notre état militaire et conquérant , ou même d'eu prévenir le retour, ils ont songé essentiellement à disperser nos forces, afin de pouvoir nous tenir sans cesse dans rabaissement II est évident que l'on ne projette pas à-la-fois de rendre une Nation commerciale et cultivatrice, et de -gêner son commerce au point de le détruire s'il devient florissant*
, Dans un tel état de choses, que pouvons-nous attendre f le voici sans doute : les aveux que je viens de rappeler, et que certainement je n'étais j\as seul à connaître, la conduite générale des Anglais, qui sera toujours conséquente à leur* intérêts et à le vs principes., enfin le .souvenir de la rupture si violente, si désastreuse 7 du traité d'Amiens, se réuniront pour rendre à peu près vaines les intentions de l'Angleterre;. Tou$ les efforts, du Gouvernement français pour la restauration des colonies,, se réduiront à l'envoi fc quelques garnisons } le, peuple français ce se confiera point à leur stabilité, j les commerçant ue
parieront que de làibles capitaux , et de faibles agèns vers des étabîissemens précaires 5 la surâ^ Bondancè de la population, et celle des produits industriels resteront en. France 5 celle-ci fera baisser la main-d'œuvre, ce <jùi inquiétera et appauvrira le peuple des villes 5 la surabondance ite population fortement croissante : , par la fécondité dù,sol, etfei faveurs données aux campagnes, deviendra tellement embarrassante, que pour s^aÔrarlcIiir des secousses révolutionnaires , le Gouvernement sera contraint d'en composer des armées, et d*eii menacer le territoire environnait»
Maintenant, étendons nos regards sur ce territoire qui environne la France} c'est PEurope ^ haguèrës traversée par nos armées, excitée, par nôtre exemple et nos attaques, àla bravoure et aux combats. Si Ton excepte l'Espagne dont le sot est depuis long-temps ruine ^ et ne peut plus, fournir à f existence d'un grand peuple, toutes* les nations européennes ont un sol éminemment prodùëteur^et toutes sont dans cet état de civilisation avancée qui entraîne le rapprochement d«s classés, là liberté civile, la tolérance religieuse \ l'affaiblissement des privilèges 7 les progrès du luxè^ de l'industrie, et enfin 7 comme résultat général, la surabondance de produits et de popk-
Jation. On voit aussi, dès ce moment r deo* choses remarquables, pans tous les États de | 1 Èurope, dune étendue quelconque , le peuple fend à réclamer fortement jine constitution ha*lancée, des institutions }ibérale$} et, dans chacun des grands États , le Gouvernement teud à donne? au peuple qu'il conduit une puissance prépondé* rante ; p'est le teçnps d'un jnouvf mept général
On peut comparer l'Europe entière à un grand vase dans lequel, vers la c^ûtp de TEmpir^ romain , furent jetées les semences d'un grfmd nombre de peuples. Pendant lopg-temps , cps semences t éparses sur une terre neuve et fertile, germèrent f s'élevèrent ensemble } s'emparèrent successive-!' ment de J'e?pace qui le$ environnait , étendirent ainsi, les unes vers les autres, leur végétation simple, quoique for(e çt abondant?. À ces premières époques, cç* notions croissantes ne se, gênaiçnf pas encore; elfes pouvaient $e déve^ îopper en concurrence, Le moment yint ou les plus favorisées par les circonstances particulières fie la position et du climat annoncèrent un éflprt qui avait pqur objet de leur faire oççupçr dan* le vase un espace proportionnellement plus con^ sidérable* Cet effort ne put êfre suivi qu'aux, fîépens des nations voisines; l'oppression çom- *ftÇPÇ3? S^ççe^YÇfliçnt, imégalUç cte? vmm
C 55 ) ^jni peuplaient le vase devint, plus frappante , et leur existence plus conjugue; les branches et les racines de ces na*k>o& s. 1 entremêlèrent r quelquefois pour s'appuyer et se défendre contre les tempêtes, plus souvent pour se combattre et s'arracher mutuellement la terre et les alimens. lie temps arriva oit deux nations principales reçurent de leur position , l'une au sein du climat le plus heureux <> l'autre au sein des eaux les plu$ favorables , une vigueur , une plénitude , qui donnèrent à chacune le besoin d'étendre sa prééminence sur toute la surface du vase. La révolution française servit alternativement l'ambition ûe ces deux , nations rivales» Un Grand homme conduisit la .France jusques au moment de tout soumettre } Une grande réaction, dirigée par un gouvernement très-habile, secondée par queW ques-unes de ces chances terribles que le temps recèle , et que la patience espère , précipita le Grand homme, et jeta avec lui la France dans l'infériorité. Le vase entier resta sous La prééminence de l'Angleterre* / Cette prééminence pourra-t-eUe se maintenir ? cela n'est «point vraisemblable* L'Angleterre r quels que soient ses avantages, n'est point naturellement aussi forte que la France; or la force naturelle est la fercç essentielle et véritahle^
(56) Ii'haJiifetéf Fopiniâtrété , l'intrigue*, Tegpassioh*} les circonstances peuvent amener, par surprise ^ rçn triomphe temporaire; et toutes ces forces ae-r éondaires peuvent se réunir pour renouveler ce triomphe, pour le soutenir | on sent que cela n'est pas impossible. Mais je le répète, cela est trop difficile pour être vraisemblable. Les moyens de supériorité naturelle, tant qu'ils existent r n ont besoin que d'eux-mêmes pour s'établir. Ces moyens existent en France d'une manière mar-*quée. Le territoire, pris dans. son ensemble, est encore d'une fertilité supérieure à celle de tous les états qui l'environnent; sa position , au centre de la zone tempérée , lui permet de produire ave© abondance tous les végétaux dont la récolte est agréable, utile ou nécessaire; il peut au besoin se passer de tomes les productions des autres états, sans /jue cette privation altère , d'une ma-* nière sensible, l'organisation de ses habitons* Cette organisation , de laquelle résultent le tempéramment et le caractère , est à-la-fois douce et active ; elle dispose en même temps , et d'une manière éminenté, à l'industrie, aux arts, aux sciences , à la guerre, au commerce et à la sociabilité 5 enfin, le terrritoire de la France, indépendamment de sa position sous le ciel le pins tempéré 5 est situé géographiquement de la
C *7 ) jmnièrela plus heureuse 5 sur deux de ses fàtea y d'épaisses montagnes lui servent de barrières) il est baigné par deux mers , sur lesquelles la nature et les travaux de ses habitans lui ont donné ua grand nombre de ports, quelques-uns très-dpa-* cieux, presque tous d'une sûreté parfaite. Cea belles issues au. commerce extérieur s'abouchent, par des voies faciles , à tous les moyens d'écoulement que le commerce intérieur a reçu de Tari ou de là nature.
■ On doit le reconnaître : la surface du globe né présente point encore, sur un sol d'une étendue convenable , une si parfaite réunion de tous les: avantages. Il n'est donc point à l'époque actuelle, sûr la surface de la terre, tin état plus manifestement destiné à la suprématie générale.
Avant le règne de Napoléon , cette destination avait été déjà sentie par les deux plus grands Monarques de la France. Chariemagne et Louis XIV fur rent deux hommes doués de cette conception et de cette forte constance qui composept le génie. Us tentèrent l'un et l'autre ce que la nature voulait en faveur de la France , mais ce que sans doute elle ne voulaitpas encore; ils s'approchèrent du terme r > ilsnè purent l'atteindre; Louis XIV du moins fut arrêté avant d'y parvenir, et il survécut lui-même a la chute de ses grandis projets et de ses magnanime*
espérances. Il est vraisemblable qu'il aurait réussi y comme Charlemagne, si, comme lu?, H avait toujours commandé en personne ses principales armées. L'Angleterre résista , et le vainquit', à* l'aide de la désunion ou de l'incapacité de ses . géne'raux. ' ~ ' •
Charlemagne mit dans ses plans, et leur exécution, cette unité qui seule peut en faire le succès. Il monta sur le trône de l'Europe, et il y resta. Mais à cette époque , une vaste monarchie , dont les appuis étaient d'un isolement et d'une faiblesse extrême, par le défaut, de lumières générales, de barrières multipliées et de communications ispè* des , ne pouvait avoir pour chef et pour soutiens qu'un homme éminemment supérieur à son siècle; et par une succession assez commune,' le fils de* Ghatlemagne , de cet homme éminemment supérieur, fut un homme extraordihairemènt faible ,~ qui, dans Ja vie privée, Saurait pas même su conserver le plus humble héritage. Tout l'édifice de Gharlemagne s'écroula.
Il n'en est pas de même de celui que Napoléonr voulait fonder. Je ne doute point qu'après l'avoir construit , à l'aide «Je cette fermeté de pouvoir et de cette unité de vues , qui , seules , peuvent donner à l'ensemble d'un grand ouvrage une disposition bwçaQuiçuse et solide , il ne l'eût affermi par cet
institutions libérales, dont il avait tracé les pre- Tniers traits, et qui, universellement réclamées aujourd'hui par l'opinion publique , auraient pu seules fournir les liens et les contre-poids. Cet i&ômme extraordinaire n était pas né dans une 5âi$*6 supérieure 5 il avait reçu son éducation et son impulsion de l'opinion générale 5 il étak le #uit de son siècle. Tout ce qu'il avait fait pour ^élever au pou voir suprême , montrait qu^iFcbn- Baisaai t parfaitement les hommes et leurs idées,, les besoins généraux et leur influencé^ lî?s cttcoilsr tances et leur empire. Il Tétait relidu despote par devoir, bien plus qtfe par caràétère ^puisque,' par -opinion, il était évidemment républicain. Je ne doute point que le temps un jour, et Napoléoa lui-même ne lé démontrent. • - '
En ce moment, je ne songe point à appeler des Tegrats sur sa destinée. Sa confiance eh la justice de la postérité et de l'histoire , la rend sans doute assez belle, assez heureuse. Mais l'honneur , mi ^conscience, et je le sens aussi, le véritable honneur de la France, le véritable intérêt du Roi et de là patrie, m'ordonnent de dire ce que je pense du -Grand homme que tant de préventions accusent, dç ses vastes projets que tant de raisons justifient , et enfin de notre avenir qui ramènera bientôt ta ^égessitç de ses vas tes projets..
LU.UJl i HH. Ji
L'une des applications les plus marquées etléspltft importâmes de la loi des compensations estcelie r ci : Un peuple arrive d'autant plutôt à la suraton r dance dépopulation et de richesses qu il est mieu£ gouverné. Ainsi la tranquillité publique , la liberté civile et la prospérité intérieure , qui paraissent, eu ce moment, l'objet immédiat dé l'action du Gouvernement 7 préparent déjà , comme balancement de leurs effets aujourd'hui salutaires , les effets inquiétans d'une surcharge isféyitable en hommes et ep productions. Si, poar prévçair/ou éloigner de tels effets^ on cherchait à; inspirer généralement le goût .de la simplicité et de ta modestie ; si le .Sçuverain, déjà si disposé à prêcher d'çxenotple^ entraînait à cet égarc^une sorte d*imitation natianale , l'effort et l'économie qui en proviendraient ne pourraient se soutenir. Sops cet rapport, un grand Etat, naturellement rkhe, diffère essentiellement d'une famille particulière qui est dans Fairsance. Le £hef de celle-ci se montre sage et bienfaisant pour les siens, lorsqu'il modère ses propres dépenses , et qu'il engage ses enfans à se modérer. Par cette conduite, la fortune de fe famille s'augmente et s'affermit. Mais dans tin grand Etat, dont la civilisation est avancée, dont Iç peuple est par conséqueut partagé en un grand nombre dé classés, il en est une, et c'est la ptiiÊ
ttembreuse, qtii est composée d'hommes ou de familles y ne possédant chaque jour que ce qui est nécessaire à leur existende. De tels hommes 7 de pelles familles , sont non-seulement hors d'état de çien, retrancher à leurs dépenses journalières , mais çncore ils sont exposé» immédiatement à une privation 5 à une souffrance, lorsque les riches se portent à l'économie 7 car les dépenses journalières des fiches sont leur unique patrimoine. Et si ^ par des aumônes , par de la bienfaisance 1 on cherche alors à les secourir, ce moyen est le plus souvent précaire ; le plus souvent aussi il s'applique d'une manière inégale, injuste > abusive, malgré le zèle et la justice des belles âmes qui cherchent à le bien employer } il ne donne point , à beaucoup près , un soulagement aussi efficace , aussi prolongé, aussi bien' distribué que celui qui nak du travail présenté au peuple par les manufactures et le commerce. Aussi, l'un des premiers soius d'un Gouvernement paternel est d'encourager U commerce et les manufactures , afin quç tous te$ hommes , toutes les femmes , tous lés enfans même , qui n'ont que leurs bras pour ressources, puissent trouver du travail et gagner du pain. :
. Mais revenons encore aux effets nécessaires de ce soulagement même. Si les manufactures et le cpmmerce reçoivent ? du Gouvernement et d&*
circonstatîces ', une protectioù vrvîfiarttt f « 'JB^K tenue, les ouvriers , rassurés sur leur sort, obéis- . sent bientôt à une impulsion bien légitime; bien;
Naturelle \ ils se marient \ ils se donnent unfc. famille } ils l'augmentent avec confiance j entraîné* jSa*' 1 l'espoir que non-seulement il$ poCttroàt; toujours la nourrir , mais encore que leur* etifànS|i héritant de leur industrie, et trouvant toà jours du ; travail*, pourront ménager le repos de leur vieillesse «t lesuourrir à leur tpur^
Cëkoitïû qqela population s'augmente. Chacrittf ne' croît concourir à cette augmentation que pour : une faible part; mais la réunion de toute? ces additions partielles forme une somme considérable, et qui chaque jour tetuj à s'accroître ? par conséquent à rejeter le pauvre dans la privation* et la souffrance; car il est bien plus naturel k Fhomnie de multiplier le nombre de ses enfans^ qu ? il ; rfest facile à la société et au Gouvernement d'augmenter selon la même progression la quantité d'ouvrage. ' f ' ■ ' "
r Ge besoin d'établir et de spu tenir une progression d'ouvrage continuellement croissante , est ce qui impose aux nations civilisées le besoin de toujours grandir* Et il est important de remarquer
► 4jue pour pouvoir fournir constamment à la popu-* Jatlon croissante une plus grande quantité d'où-*
Vrage, il faut, en même-(ems, que le prix dei productions se soutienne 5 car s 1 il s'abaisse, l'ouvrier souffre, puisqu'il faut qu'il se fatigue davantage pour obtenir la même rétribution. Or 9 il est un terme aux .efforts de l'ouvrier } il est également un terme au-delà duquel une nation ne pouvant plus consommer par elle-même toutes les productions de son industrie , ne peut plus par «Ile-même en soutenir le prix. Il est alors nécessaire: que le Gouvernement ménage un écoulement «àttétàfeur à la surabondance, nécessité qui n'est autre chose, pour un Etat, que le redoublement critique de sa nécessité de grandir*
On le voit maintenant : l'ambition est la loi .essentielle des États qui prospèrent} et l'ardeur y J'exigeance de cette ambition est nécessairement proportionnelle à leur prospérité. Il suit de-Ià que 4'État qui est à-la- fois le plus favorisé de la naturty et le mieux gouverne, est celui c[ùi marche le pltf» ^fortement, le plus rapidement, à l'ambition la .plus exigeante. Il est inutile de rapprocher , d'une telle conséquence , cette vérité universellement reconnue : La France n'a besoin que d'être bien «gouvernée pour être naturellement le premier des États.
c : Ce belÊmpire vient d'être rejeté fortement en arriére de sa destinée; niais il n'a point reçu un
èbâp mortel. Généralement , quelles Ipie soient les calamités civiles ou politiques éprouvées par un Etat, il subsisté encore, il est dfe nouveau susceptible de l'agrandissement et de la force qui lui sont réservées par la nature r lorsque soh indépendance lui reste, et que son territoire n'est point sensiblement déchu de sa fertilité. Or te Gouvernement français est indépendant} et teieffets de la civilisation sur le territoire ne pa* baissent pas encore avoir atteint le ternie où te développement finit, où l'épuisement commence. Ce terme arrivera âéceçsaif ement 5 il est arrivé depuis . long- temps pour plusieurs territoires autrefois populeux et célèbres; L'Egypte, ta Syrie ,. fEspagne, la Grèce, le sol même de Kdme, ainsi 'que celui de Carthage, sont affaiblis sans retour^ * % 64l vfcitièment que le zèle ^t le pouvoir de tous les Souvei-ains se réuniraient pour relever FesSa* tence politique de leurs haBitans j et tes ramener à former de grands Peuples; les végétaux ne peuvent plus y croître avec àboiidahcë; les eaux ^y manquent 5 les forêts n'y sont plus ^ et ne peuvent 'plus être rétablies/ Ces premières basés de la vie organique pnt étédévorées par ïe$ consommations de l'industrie, par les guerres, par tou$ le beéoiîis *st multipliés , si acharnés du Commerce et de la ^civilisation. Telles s^at lés compensation dtili
ffian$ édat, d'une forte population , ifune vaste puissance. C'est le sol même qui est contraint de s'épuiser pour fournir à l'acquisition de&i briHans avantages $ c'est, pour ainsi dire, son capital en faculté de végétation qu'il est obligé d'entamejr tous les ans, pour se prêter aux excès de production qui lui /sont demandes» Semblable au* hommes qui ont abusé d$ leur jeunesse , sa vieil*lesse se précipite j il montre, ayant le terme naturel, les sigpes et l'impuissance de la décrépitude. On ne verr* jamais 4eux grands peuplé? se succéder à la, surface des mêmes lieux*
Mais, je le répète, la France est forte et féconde j sa forcç et sa fécondité naturelles jsoqt, même, en ce moment, supérieures à celles des autres partie? de l'Europe* L'Amérique septentrionale , qui doit remplacer l'Europe un jour, est encorç presque neuves L'Europe règne encore sue le globe : c'est la France qui doit prendre le sceptr0 de l'Europe ] elle seule est appelée à le tenir*
Rome était naturellement, je veux dire par $& avantages de position et de territoire, supérieure li Cartilage, c'est ce qui la repdit à la longue supérieure en tous les genres de puissance; c'esjt ce qui fit que . Çarthage lui céda l'Empire dp monde* Yainemfnt^ et à plusieurs reprises, jef (Carthaginois portèrent à l'Emjiirç romain de*
atteintes terribles ; vainement, leur politique fïit 'singulièrement astucieuse et habile; vainement) le génie cf Annibal parvint jusques à ébranler les ïnurs du capitole. La forcé naturelle , la force véritable , sauva la vi(le de Rome, la releva 7 et finit |>ar écraser Carthage.
Que les Anglais et l'histoire s'y attendent i la France' produira un Scipion.
1 Ce ti'est point un vœu que je prononcé 5 c'est une prédiction indiquée par tout ce qui fonde la prévoyance humaine, par l'expérience et la raison. S'il est tiné chose que les faits et l'évidence démontrent, c'est qu'il ne peut y avoir d'Empire permanent et final que celui de la force. Celle-ci peut être détournée , mais non abattue; son but est fixé, quoique sa marché ne puisse toujours être assurée.
: Lés Anglais en ont fait l'aveu 5 ils nous ont rendu qoelques-imes de nos colonies , afin de disperser notre énergie et nôtre population; en même temps , et encore selon leur aveu, ils ont préparé d'avance les moyens de détruire notre commerce f et de reprendre nos colonies, si leur puissance en était ébranlée. « Ainsi, a dit lord » Liverpool (mf ême discours) , nous gardons l'île fr de Malte , comme la clé de la Méditerranée. » La France consmè ses factoreries dansTlndé,
» thaïs elle perd 111e de France , <jui gérait impor* » tante pour elle, si elle possédait un empiré * dans l'Inde, mais qui autrement n'est rien.» Ce qui veut dire que cette île*, gardée par les Anglais, leur assure la Conservation de leur empiré clans l'Inde, et la faculté d'anéantir, quand ils 1* Voudront^ les comptoirs des Français; Enfin, les Anglais n'ont point dissimulé qu'il leur était trèsimportant de ^annexer la Belgique et la lîollande} ils ont en effet arraché Tune et l'autre à la France; et, par k distribution qu'ils en ont faite, ils les ont comme attachées i leur territoire. C'est ainsi qu'ils ont cherché à se donner une masse de forces naturelles équivalente k celle des Français* Mais il n'y a de masse forte et naturelle que ceHe qui est naturellement cohérente* Le Rhin est la barrière de h France. Les habitan* de la rive gauche de ce fleuve sont, ainsi que les Belges, essentiellement et naturellement Français ; ils tendront sans cesse à le devenir, car ils souffriront beaucoup jusques à ce que cette tendance soit effectuée* La France seule peut les garantir du sort que les hommes fixés par la civilisation considèrent toujours comme le plus déplorable } leur territoire sera constamment un champ de bataille jusques à sa réunion au territoire Français»
Je le répète j ce n'est point des vœux que
j*exprime*/ Si îliomme, dans ïa mituHté de ton âge , et environné 'd'uhé famille ^pouvait ordonner lès * éVènèmens et les choses, il imposerait aux fassions humaines et a fa nature, ce calme, Cette permanence dont il 'seiit lui-même lé besoin. * Mais tous nos désirs lie peuvent Faire que le mon- Vemënt universel ne se soutienne, et qaélèsîdis générales né s'exécutent. La connaissance et la conviction de ces lois j si elles devenaient Tortevemen t répandues, en traîheraienr un grand avantage en compensation de cette* sécurité douce et trompeuse qu'elles enlèveraient. Elles augmenteraient la confiance des peuples qui ^oht destinés & vaincre 5 elles affaibliraient la résistance des peuples qui sont destinés à £tre ^otrASj éHes feraient ainsi, que Fôrdre inévitable des choses s'exécuterait avec moins de révolutions et de Secousses. '' ' ' : 'i - 1 - : "-- — ' : r
Je dis, avec moins dé révoîatrons et ^'secousses } je ne' dis pbînt sans secousses et sans révolutions. Quels que soient un jour lés progrès ïïela vérité ^ et son influence pacifiquie^ lék^rilp^ ports dés Natidris entre elfes ne 1 se maintiendront jarfaàis avec une tranquillité- soutenue i; iWdriJ de primauté ne s'établira jamais avec un calmé f>érmanent. Chez les Nations naturellement inoïm • £ 6rftet i îîuraaear , l'esprit national ^e^iriterft du
présent r militeront toujours avec plus ©û mçrns d'ardeur contre la nécessité et la conviction même. Aussi r tout ce que peut espérer un écrivain, en indiquant ce qui doit être, c'est de contribuer & adpucir les oppositions nationales, et à diminuer les désastres que dételles oppositions entraînent v mais il sera loin sur-tout d'espérer que jamais un -peuple usurpateur abandonne paisiblement ce .quily a de forcé et d'illégitime dans sa prospérité jet sa puissance. L'usurpation ne fait point que cette /prospérité, cette puissance v et tous lés profit* qui ^n ont découlé^ n'aient fondé le bien-être des .. classes opulentes , et l'existence des classes in*- . férieures. Le» premières se sont portées 4 une : exigeance de besoins r et les secondes à une surabondance de popnlation, qui ne peuvent plus . : être réduites sans effort et sans crise. Mais, cbez ce peuple même, la prévoyance de cette Crise pourrait en prévenir la violence* Les familles opulentes pourraient être excitées par Fhabitude -des jouissances , et le goût du repos, à chercher >une nouvelle patrie , où. elles n'eussent point à redouter les invasions hostiles v ni les doubles politiques. Et si cet écoulement, salutaire à la , Nation menacée , se Elisait au profit de la Nation essentiellement croissante, il adoucirait insens)hkment ce :qûe Tuiurpation avait mi* de déréglé
(7*) tt dfajnste 'dans, k position mutuelle j il aflaibh'ratt d'avance l'impétuosité des mouyemens destinés à porter chacune des deux nations vers . la place qu'elle doit occuper.
' H semble que cette sorte de neutralisation politique peut être espérée. L'Angleterre et la France sont deux nations rivales. En ce moment Tune e*toppre*sive, l'autre vient d'être opprimée. Cependant , il n'y a point, du moins encore, centre tes Anglais et les Français 9 une haine forte et nationale. Les sentimens qui les divisent n'ont {feint, à beaucoup près, l'exaspération de ceux qui acharnaient l'un coptre l'autre le peuple car* fhagtnois et le peuple romain, t*s arts, les sciences, les idées des Anglais et dés Français s'unissent et se confondent L'urbanité de nos mœurs, et les charmes de. notre climat attirent parmi nous les Anglais qui ont une grande fortune. Nousexerçons h même attrait sur les familles opulentes de toutes les parties dp l'Europe. Notre patrie devient le féjour central; notre langue devient la langue universelle- cette. double tendance suffirait pour indiquer notre suprématie future 5 puisse-t-rette Suffire pour l'effectuer,
Et, je me hâte de l'ajouter ; oe n'est point î l'orgueil national, quoique ce sentiment soit très* boaofuble , qui doit inspirer aux Français le 4aW
d'une jtetle suprématie ^ dett le besoiwde l'ordre politique $ c'est la frayeur de voir l'Europe entière,; privée 4e chef capable et formidable, se dévorer ' par les révolutions , se détruire par l'anarchie ^ rentrer dans la baibarie, se couvrir de brigands qui fen partagent les déserts* Entre des nations continues, qui chacune remplissent leur territoire^ et qtÉuopt un grand nombre de choses camrçtme* dans* les mœurs et les idées, il faut une n*tij>n souveraine, comme il faut un monarque, dans w grand état. Une fédération politique sans impulsion dominante , un équilibre de nations, t*8t$s indépendantes, sans qu'il y en v ait une pa?n£i etler qui fasse les fonctions de afgulateur l ¥ . * ; JQte telles vues sont des chiroçr^ impraticables, 4oat,p« conséquent , la tentative ne peut être que funeste* IL ftltf sans douite un balancement entre les div£M intérêts des nations cçmtjgues; mai*, PP^ <\u*C* balancement se . maintienne , il faut qu'il résuhe d'une action.exercée par uj*e Oatioft principale sur la masse réunie des nations plus faibles» et d'une réaction de celles-ci sur le pouvoir, delà première* En un mot, il faut, dans toute fédération même, une subordination pour en produira l'harmonie; sans cela il n'y a plus que des prétentions rivales, sans qu'il y ait ^gMité entre les moyen* de les soutenir* ,
. Xa Paix , dans JU ni vers, est ÛJe de U Fotfce. % Cette maxime est d'une vérité rigoureuse. Eli* „. : s'applique aux hahitans d'une même centrée.} qui seraient perpétuellement en discorde, et envahiraient mutuellement leurs héritages, sait* l'autorité des tribunaux. Elfe s'applique auxnatiotts contemporaines , qui , ne pouvant être soumise* 1 de» tribunaux politiques, sont, chacune dan* leurs causes, juge et partie, et ne peuvent par conséquent être pacifiées que par la loi dn plus fort* L'essentiel est que le plus fort sort en même temps le plus humain, le plus juste.; c'est ce que < l'on doit attendre, lorsque la force de celui qui commande est naturelleet véritable ; elle est alors exercée avec calme , noblesse, et générosité. Au contraire , la domination du faible est essentielle* ment défiante et tyrapnique. Il ne croit jamais avpir asses de moyens pour retenir un pouvoir qu'il a obtenu par surprise, et qu'il sent toujours prêt à lui échapper* ,. :
J'en appelle à l'idée générale que les Français inspirent* Leur domination politique , si Napoléon . était parvenu à F établir r uVur ait-t-elle pas été noble, généreuse 1 coo cordante avec leur supé* riorité dans les arts et dans les sciences, ave* l'ascendant de leurs mœurs et de leur littérature ^ avec ces inclinations franches, aimables que la Hiiurc leur donne) en les faisant naître du serç-
timent légitime de leur position et\ée leurs avantages?
Que voulait donc NapoléoA? étendre univerv tellement en Europe action du plus «fort et du ph» aimable* C'était servir' universellement le bonfeeur et la tranquillité. r
Pour un projet si utile, si magnanime , Napo-, létmaVfiït trouvé de puissaus secours dans l'énergie desinpureaafcns révolutionnaires ♦, son art principal avait été de maîtriser et de diriger ces mouvemens^ Le- Grand homme qui s'élèvera un jour 1 soit sut, le trône des Bourbons, soit sur les marches dcj ee trône, ne trouvera point, comme Napoléfcn, les esprits disposés à une im^tuosité irrésistible j mais v soi» d'autres rapports , ses avantagés seront immenses» Il n'aura peint son propre pouvoir à coo&trtwe, pojnt de rivaux à enchaîner } point de factions à comprimer. Les anciennes distinctions de classe seront tffacéçs; car tous les regrets 9 toutes les tentatives échoueraient certainement contre l'impossibilité de les rétablir 5 les diverses opmioos r soit politiques , soit religieuses, auront été singulièrement rapprochées, les unes des autres, par le progrès des lumières et les communications des hommes; on ne donnera plus au besoin impérieux de porter l'Etat à sa grandeur nécessaire le nom insensé d'ambition coupable?
les adversaires de cette grandeur m» ttou*ef«ît< pins, josques dans le sein de la France, de zélé* et aveugles partisans. •--.--"
Sans doute les Anglais* ces adversairesnatfcrélT dé lar France y entraîneront encore , comme auxiliaires, plusieurs nationsde l'Europe ; les relation* commerciales qu'ils auront établies servirent leur résistance; car, chez-tous les peuples, la véritable patrie du commerçant, sur-tout du banquier capitaliste,* est celle qui fournit avec le plus d'abondance à ses spéculations de fortuné. Mais cette puissance de l'intérêt présent, et des félatioris établies^ sera balancée chez plusieurs peuples, par la connaissance mieux répandue des intérêts plus importans et des relations pltfs avantageuse»; D'ailleurs, le grand homme qui renouvellera lès pensées de Napoléon, n'ayant pas besoin, dans l'intérieur delà France, d'une fermeté si compressée f ni à l'extérieur de la France d'une' audace si tranchante, si impétueuse , exAera Hen moins deressentimens, bien moins de passions jalouses et haineuses; il pourra' luirmême conserver le calme imposant qui distingue la force invincible? ce calme si noble , si utile , a quelquefois manqué & Napoléon. *
Si quelque chose, aujourd'hui ,' pouvait combattre cet espoir que,* pour Ja paix du monde ^ 1*
Fratyee reprendra la pi^pondéranee qm lui est desjtijiée, c est la pensée, généralement répandue , que l'esprit national en France, sera toujours moins fort r moins soutenu qu en Angleterre. - 1 : Sans doute, si Ton compare , sous ^ce rapport; les deux Nations , on doit reconnaître qu'en Angleterre le peuple ressent dans des limites étroites, environné de -la mer, essentiellement et universellement commerçante est presqu'entièrement composé d'hommes qui sont directement intéressés a la la fortune de l'État ., et quiont pour occupation principale , sinon totale , de coopérer à cette fortune, afin d'en tirer-leur propre avantage. En France , au contraire , tes hojnjnes sont répandus sur un territoire nqn-setJement plus vaste, rrçais plus fécond, plus favorisé du climat et de la nature j les occupations des individus y sont beaucoup plus divergentes entre elles } le territoire et la société offrent un plus grand nom : hre d'emplois difgrens aux talens , à l'activité , k la riçhessç. Ainsi, il ne peut point y ayoir en France unité d'esprit etd'intérêt } les propriétaires de terres , les hommes livrés au* professions libérales ri y sont pas tous, çojnme en Angleterre 9 plus ou moins commerçans, Aussi en France, oif.: les senti mens ont plus de vivacité et d'étendue, On peut voir s'élever | s'afleruair , s'exalter , noa
( 7« ) f*éà&lm*um&pdimààomïi mais lira affection nationale; ce qui est plus animé, plus intéressant 0r, les affections des hommes né pe mr eût s'adresser q*k des hommes y et- non à des institution*, 0m même à one patrie. La France n est susaepribfe d'une énergie , a4*foi* très**rive et très-soutenue, jgne dans son attachement et son admiration pour Je Souverain qui sait: Ui imprimer ces nobles mouvemens; alors elle est en état de faire pour Jm, et par lui, les choses les plus éclatante*:, les > pins extraordinaires. On la vu pendant le règne de Louis XIV , et pendant celui de Napoléon.
Il sera donc nécessaire , si le triomphe de la France ne peut s'obtenir que par de grands inouvemens'et de grandes victoires , que la constitution française se replie quelques momens sous la force du Souverain ,~ét softs là confiance qu'il aura inspirée. Mais dans Fétat actuel des idées y état qui s'améliorera sans cesse , on ne doit plus craindre qu'un Gr^iid homme sur le trône conserve, au-delà du besoin, le pouvoir arbitraire que Fimérêt de FÉtat Faura contraint de prendre j la communication générale des idées, l'union anticipée et certaine du présent et de Fa venir, ont rendu les Souverains, plus encore que les autres hommes , tributaires de l'opinion publique.
(77) . CVst réellement l'opinion publique qui, par s* puissance invincible, constitue, dans les grands États ? le balancement politique et le pouvoir répressif. Et elle maîtrise les Grands hommes bien plus que les hommes ordinaires. Les hommes* qui ont le plus de génie et de grandeur sont ceux qui connaissent le mieux l'esprit de 'leur siècle, qui sont le plus sensibles à la gloire , qui ambitkmnewt *yec le plus de zèle f affection dss peuple» 7 et qui ; redoutent les jugemeas de la postérité avec le plus de frayeur.
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" Jftmçjr ffo 27 Mars i8i5. - > /• , »
« Toute institution sociale qui est rappelée par l'histoire comme ayant eu une longue durée, était manifestement convenable au peuple qui l'avait reçue ;j itoi*s pouvons la juger sur l'épreuve du temps} il n'en est j>as de plus préremptnrre ». > s * . . . » Telle est une des vérités certaines que r Tannée dernière , et ou moment où la France recevait une constitution nouvelle,, je déposais dans. l'écrit que Ton ,vient de lire.. Dix mois sont à peine écoulés } et cette constitution n'existeplus. D'où l'on doit conclure que^ malgré les* apparences qui la recommandaient à notre confiance et à notre estime, elle, ne nous était point convenable. L'expérience de moins d'une année à suffi pour nous découvrir ce qui la rendait essentiellement défectueuse , non en elle-même ^ mais par ses rapports avec notre nouvel état social. ,
C'est notre nouvel état social qui était essentielle? ment défectueux, et qui rendait toute constitution balancée d'une exécution impossible. Par l'effet d'un grand accident politique, il s'était produit,, au #ei» de la Nation française , une interversion absolue dans l'ordre naturel jie puissance et de Intimité* La suprématie de. rang et de pouvoir avait été rendue .à un? classe devenue excessivement mineure par le nombre 9 parla fortune, par les idées, par tous les élémens de la force véritable. L'édifice fopdé sur un tel déplacement ' f ne pouvait être que ruineux. Pour Tétayer, à l'exté-? rieur, par des appuis qui pussent compenser la faiblesse . de ses fondemens , il aurait fallu que le pouvoir suorèmQ •e trouvât placé entre les mains d'un homme très T fennec très-énei^ique, capable de réprimer sans cesse
IVugeance d'une minorité essentiellement factieuse j et delà soumettre, pour son intérêt même , à l*empire ' de la force publique, et aux lois de la nécessité.
* Mais le Chef du pouvoir était , sous tous les rapports j le frère de Iiéuis XVI. Comme lui, bon et faible ^ connaissant l'état des esprits, y conformant ses intentions, mais incapable d'en commander l'exécution , et de faire régner l%pinion publique , il n'était nullement né pour le trône 5 et à son infirmité de caractère se Joignait l'influence malheureuse de ses liens et de ses Tapports. Pour défendre contre un homme ainsi organisé, et ainsi environné, les intérêts du peuple, les droits de la raison humaine, et l'existence de toute$ les choses faites, irrévocablement établies, il aurait fallu, dans la constitution ,un Tribunat singulièrement Vigilant et intrépide , un Tribunat plus fort que le -Monarque , compose d'hommes assez généreux pour garantir constamment le Roi des dangers dé sa faiblesse ,
( et assez patriotes, assez désintéressés , .pour ne janxifc "attenter aux droits du peuple, pour ne jamais. dépasser la limite de leurs pouvoirs.
H est aisé de sentir que le. vœu (jPtwe telle institution tfeftt été que le vœu dSine chimère.
* IVoù il suit ique la France , sous lç Gouyernenîent tpa vient de finir, était sur les bords d'un affreux pré^ Wpïce.'Malgré le préservatif d'une constitution, réelle^ trient libérale, Y action sociale se trouvait établie à contre sens. d r e la force ? du. droit , et dç l'opinion : paj- Conséquent la réaction se préparait, se pressait. Or, toute réaction de la force et dé l'opinion, quelque temps opprimées , s>xécutejit par impulsions brusques , Impétueuses, violentes. Ce$]t toujours un orage} c'est toujours une révolution. ' ' '
r .15t îdf que nos dangers se montrent dans tout|leta? ^tendue : déchirés par nos discordes, affaiblis par no* calamités , nous eussions; de nouveau, ouvert toutes le* issues de la patrie à Tanimosité étrangère, à l'intrigue > à la cupidité n à la vengeance. La France 1 cette fojs f <a>àt été mutilée , lacérée, exterminée; ses débris ser raient devenus la proie des notions ^environnantes,. Le* anglais eussent triomphé. / . w ,
v t Mille fois honneur, et reconnaissance au Grand Komme qui seul pouvait nous garantir de tant maux et d# jÈant de honte. Jadis il apparut au mOdeu de nous pour (étouffer l'anarchie 3 aujourd'hui il reparaty pour la jpréveuir, . ,
Qne dépaontre ce triomphe dW homme seul,, ce triomphe si rapide et si facile? que déjà sa présence était un besoin universel.
• i Ut comment la présence d'un hçnunjç peut-elle ètraj le, besoin universel d?ua peuple ? qu'a donc feit préçé- ^ernment cet homme pour qu'à la seule nouvelle de
,qon retour, la confiance s'émeuve^ pour que l'e*r* goir $u calme, succède à l'inquiétude r poux que l* ftçuple sç vdfryfa ïenfa^mp, se réunisse ? ce, qu'il* fait? il s'est montré l'homme du peuple^, l'homme de la raison hun^ine ^ l'homme de l'opioipn publique* U a. (du** fyi% encore} il a, prouvé q^a^antxc^u 4« 1* pâture une fofqe ; ^opmp^rable^ un génie e^traordi- __ U£|ire 9 un courage héro^jye^ii ne. vojulait consacrer œ| gr*nde> %uiltés qu'au triomphe de l'opinion publique % 4e lajçaisou humaine ^ *J| des intérêts du peuple. \ Qu^U règne donc sur nou* puisque nous le voulon*^ ^puisque nptpe yolonté esjt si juste r si prononcée, si légitime. Bénissons les malheurs, et Vinterrègn^ qui nous opt fouiiu le teinpf ^t l<*ïnoy^n# de nous réunir^
àe n*us éclairer. Nous voyons tous aujourd'hui com~ bien il fut autrefois nécessaire que Napoléon ttutles rênes de l'État d'une main ferme et impérieuse/ Là {action anti-populaire s'agitait, conspirait , trouvait des secours immenses dan* les manoeuvres de l'étranger j et dans l'àveuglemçnt d'tra grand nombre de Français Cette faction s'est assise un montent sur le trône } elle y a montré à-la-fois ses projets et sa faiblesse } elle s'y . *st v écrasée } bientôt nous chercherons ses traces , et l'histoire seule pourra les conserver;
Napoléon est libre } la France est libre } l'Europe ne tardera point à le devenir. C'est maintenant qu'une constitution sociale peut nous être donnée^ car tout, dans la nation française, eât'en rapport et en harmonie. Le peuple français est le premier despeuples } l'homme qui gouverne la France est le premier des Français. La dignité humaine est, chez les Français , en besoin et en exercice } la dignité humaine , l'égalité civile , Fhbnneur de la raison et des lumières sont les premières : ' pensées politiques du Souverain des Français. L'esprit national' va s'élever à une ardeur sublime , car il sera formé par la liberté, serré par l'union, échauffé par l'enthousiasme.
Peuples de l'Europe, cédez à notre ascendant et à notre gloire. Nous ne voulons point vous vaincre, encore moins vous opprimer:; jamais nous ne Pavons voulu. Vous nous traitiez en ennemis, et nous n'aspirions qu'à devenu* vos amis et vos frères. Oublions vofe erreurs opiniâtres, notre irritation fougeuse, et lés passions qui en profitaient. Aujourd'hui, la paix, Punion , la liberté , la prospérité*, voilà tse que nous vous offrons par la voix de l'homme qui toujours en fit le ternie de ses pansées et l'objet de ses victoires. '
Nancy^ le 3o Mars i8i5.
C'est dans les circonstances grandes et inattendue* que le» sentimem du peuple se manifestent de la manière la plus évidente et la plus expressive. Ils n'ont pas eu. le temps d'être préparés ^ et l'autorité dominante n'a pas eu le pouvoir de les comprimer } ils font alors une explosion soudaine.
De toutes les Villes de l'Empire français , Nancy est une de celles où l'explosion patriotique s'e$ t faite avec le plus de rapidité et d'énergie. A la première nouvelle du débarquement de Napoléon sur les côtes de Provence, les témoignages de la joie publique furent très-rprononcés et presque unanimes. *
Il m'est très-doux de citer ici ? en présence de mes concitoyens , ceux de ces glorieux témoignages auxquels , 'de concert avec ma Femme , j'ai eu l'homieur de concourir. Ces témoignages d'ailleurs indiqueront par leur nature., et par l'adhésion qui leur a été donnée, la disposition géaérale defe esprits.
Le i o mars , le lendemain du jour où nous apprîmes que Napoléon était rentre sur Je territoire Français 7 pia Femme composa les Stances suivantes ; Rbvums, reviens f Ceét le cri de la France, >
Femmes , enf ans , soldats et citoyens , Tous n'ont qu'un vœu , tous n'ont qu'une espérance j Pouf terminer la honte et la souffrance }
Ravira»! reviens» m
Gloire et Bonheur, Ce signal nous rallie ,
C'est.le mot d'ordre* enflammant notre corar* Toi , qui jadis vins finir l'anarchie, * v
Rends maintenant à la France avj&e 4 Çloite et bonheur.
C'est pjus qu'un toi X^uje amande la France*, , * f
Napoléon , c'est un héros f c'est toi i he Souverain qu'il faut à la vaillance * Au juste orgueil , à la noble puissance «
C'est plus qu'un roi* ^
Signe d'honneur.
Créé par l'honneur même f Toi qui voyais effacer ta splen&jur, Relève-toi, reprends ton raiig suprême $ f
Napoléon reprend le diadéine , Signe d'honneur.
Noble étendard „
"De l'antique Italie ,
Symbole heureux du Génie et d* Mars % j
Bon du Héros , aigle fiére et çhe>je f H va te rendre à la Irançjs alf efl^r jç..
Noble étendard. ' •
Soldat français, Àh ! vole vers ton père t Du citoyen porte-lui les souhaits-, Porte les vœux de la pa^iç en^ère , C'est là le prix de ton ardeur guerritlf e fl Soldat français.
Le 11 tnars, je eommwip^ c^Çfôçççg à quelques bo$s citoyens 5 presque «ttawfc&t im jpad nombre
3e copies circulèrent dans la vîïïe 5 ïés militaires sur*» tout s'en saisirent comme de leur propriété } c'était l'expression de leurs vœax, de leurs souvenir* ^ et d# leur amour.
I*e 24 mars^ lorsque là nouvelle auttientîque da rentrée de Napoléon à Çaris eût été répandue , ce* mêmes Stancçs fïireni -demandées à gtaùds^ cris, au spectacle. Chantées par un actëuF , elles furent ac~ cueillies par les acclamation* d'un enthousiasme uni* verstl.
Animée par un si noble succès , ma Femme me donna , dès le lendemain ? les Couplets suivons. Jls produisirent un effie|t semblable;
L'alaimb s* est changée eu fête % .
Sans guerre nous ayons la paix \ A chaque pas, une eonqnéte, A chaque victoire un bfenfaitl L'appareil de la résistance , Fait place au faisceau d'union 4 , Le canon de réjouissance
Est Le pépier coup de canon,
ïtaoïio*, vaincfécnr cto^u*, De lui seul: devient le riyaL lie siècle le plus héroïque ïfe montra jamais son ejjàî.
Aii ! quant) il ramène à la France f Ses aigles^ la paU «* l'honneur t A qnoi comparer sa puissance, ' '
Si p« vfa&k nota frmbeu*
De la France régénérée .
Napolxo* prit les couleurs; De cette enseigne révérée , Il enflamma ks défenseurs.
/ JTrai Roi de la grande patrie , Protecteur de PtgalitA^ Xa souche de sa dinastie n Cest Parère de la liberté*. (*)
Plus d'alarmes sur nos frontières, .,-''
Dans nos cités plus de terreurs) Mars lui rend ses nobles baniéres, Minerve son sceptre et nos cœurs; Oui, nous les brisons ces entraves, 'Qui vinrent suspendre ses droits ; ( Tous ses enfans, comme ses braves, Le remettent sur le pavois.
Le même jour, 24 mars , plusieurs officiers , et plusieurs soldats de Ja garde nationale ? m'ayant donné la commission honorable de composer, en leur nom une adresse à TEmpereu** c'est en ces termes quQ j'eus l'avantage de les satisfaire :