STATION. — LAFARGE
8 kil. de Nexon. — 28 kil. de Limoges. — 71 ki). de Périgueux.
Lafarge, village ignoré et perdu de la petite commune de Saint- Nicolas (391 hab.), canton de Chalus, arrondissement de Saint- Yrieix (15 kil.), est destiné à prendre un développement considérable. En effet, c'est la station désignée à l'embranchement futur de la bifurcation, qui vient d'être décidée , par Saint- Yrieix sur Brives,et par suite le dépôt de machines et l'entrepôt d'un matériel proportionné aux besoins qu'il est appelé à desservir.
On appelle Las Tours, dans le pays, les nombreuses mottes ou tumuli qui se rencontrent à chaque pas, et d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche plus de Chalus. Trois s'élèvent dans le village môme, dont ia plus forte, de forme légèrement ovale, porte l'église, édifice moderne et sans caractère; — deux autres, un peu plus loin, au faite d'une montagne, au point appelé le Petit- Arbre, entre Lavau et Lastours.
Des sentiers mènent en une heure au château de Lastours, possédé longtemps par une famille, qui prétendait au titre de premier baron du Limousin. Ses armes figurent encore dans l'église de Nexon. Le château s'élève dans un vallon, et conserve presque intacts ses fossés remplis d'eau. La façade, tournée vers l'Ouest- Sud-Ouest, offre un mur plein, percé d'une porte rectangulaire à coins arrondis, que creuse la rainure de la herse, accostée à gauche d'une énorme demi-tour ronde, hexagonale à l'intérieur,
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éventrée et à demi comblée,-^ à droite, d'une grosse tour entière avec ses créneaux et ses mâchicoulis, munie de curieuses cuisines rondes au rez-de-chaussée et percée d'une baie pour le trait de l'arquebuse. On n'arrivait que par une échelle au premier étage protégé par une voûte de pierre à huit pendentifs. Le donjon carré, construit en pierres de taille et de date antérieure au reste de l'édifice, appuie ses quatre faces éclairées de trois baies carrées superposées (9 mètres de large) sur deux lourds contreforts plats. Une cage ronde établie dans un angle contenait l'escalier. La Révolution seule a pu avoir raison de cette massive forteresse.
Sur le môme chemin, à 2 kilomètres au nord, se rencontre le hameau des Cars, berceau de la puissante famille de ce nom, jadis entouré d'une sauvage et pittoresque forêt, dont les touffes dispersées couvrent les cimes voisines. Du château, placé comme le bourg au milieu d'une vaste prairie, subsiste à peine une énorme cheminée menaçant de sa ruine quelques murs épars et des lambeaux de tours bordées encore de fossés. Une jolie petite église romane s'y'abrite sans s'inquiéter du voisinage.
Un autre chemin part au sud de Lafarge et descend sur Ladignac (2429 hab., 5 kil.), et le Chalard (250 hab.), emplacement, dit-on, d'anciennes fabriques d'ustensiles de cuivre. Entre ces deux points, de nombreuses excavations, bordées de monticules, seraient les mines mômes abandonnées et les déblais provenant des forges. Les habitants d'aujourd'hui exploitent surtout les riches carrières de kaolin qui de là s'étendent dans tout le rayon de Saint- Yrieix jusqu'à Goussac-Bonneval. L'extraction a lieu à ciel ouvert par vastes excavations. Une couche d'argile souvent verdàtre recouvre la précieuse matière blanche, et le mélange raisonné des différentes espèces de terre est à lui seul un art dont les secrets donnent une valeur particulière aux produits. Une source meilleure encore peut-être de revenus, au moins pour les mains qui s'y emploient, est la façon et le trafic des châtaigneraies d'alentour, qui alimentent de nombreuses charbonnières et fournissent en abondance le feuillard et les cercles pour barriques, les échalas pour les vignes, qui s'exportent en masse à destination du Périgord et du Bordelais.
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L'horizon se ferme à droite en môme temps qu'il s'élargit et se mouvementé à gauche de collines légèrement accidentées qui s'éloignent en s'étageant et laissent entrevoir la montagne de Saint-Nicolas et de Gourbefy. Plusieurs étangs se montrent à portée de la voie, qui continue à descendre à travers un pays pauvre et monotone.
56 e STATION. — BUSSIÈRE-GALANT.
10 kil. de Lafarge. — 438 kil. de Paris. — 61 kiL de Périguenx.
Le village de Bussière-Galant (1751 hab.), canton de Ghalus (7 kil.), arrondissement de Saint- Yrieix (21 kil.), s'élève à 2 kilomètres de la gare, sur une haute colline séparée par un vallon rapide, presque à la limite des départements de la Haute-Vienne et de la Dordogne. Véglise est romane, mais elle a été restaurée en 1497. L'extérieur en est moderne, ainsi que les cloches. Deux chapelles forment les bras de la croix avec la nef dont les quatre travées, voûtées à arêtes, sans arcs doubleaux, retombent sur des colonnes hexagonales, sans chapiteaux, qu'elles pénètrent. Aux clefs de la voûte apparaissent les armes des Lastours.
A k kilomètres à gauche de la station, des bois cachent le pauvre village de Courbefy, dépendant de la commune de Ladignac et qui passe pour être l'ancienne station romaine de Fines, placée sur la carte de Peutinger entre Limoges et Périgueux. C'était, au moins au moyen âge, une baronnie relevant des domaines de la maison d'Albret et qui appartint en dernier lieu au seigneur de Ribeyreix. Au point culminant de la montagne (550 mètres audessus du niveau de la mer), deux fossés concentriques entourent un agger de façon sans doute antique, haut de 20 mètres et large à peine pour le passage de deux personnes de front. Dans le réduit intérieur (70 mètres de longueur sur 60 mètres de largeur), sur une motte factice, a été élevé le château du moyen âge dont les tours faisaient saillie sur le fossé. La ruine d'ailleurs en est complète. La tour octogonale du donjon, s'accrorhant au roc sans soubassements, est tombée, poussant devant elle d'énormes monolithes, l'un comprenant la moitié de l'étage supérieur avec sa voûte, l'autre la moitié de l'étage inférieur, blocs informes roulés et accumulés dans leur masse impénétrable. Les murs en certains