SAINT-YRIEIX
percée dans l'épaisseur des murs de refend. Le chœur du nord (hauteur, 8 mètres 78; longueur, 16 mètres 23; largeur, 6 mètres 84), attenant à la salle capitulaire et au cloître, servait comme de chapelle particulière aux chanoines, qui en avaient même commencé la construction avant l'entreprise de la réédification générale de l'église. Terminé en même temps que la masse de l'édifice, il s'harmonise parfaitement avec l'ensemble par son architecture et son ornementation. Le chœur du sud au contraire, aujourd'hui chapelle de la Vierge, n'a été pratiqué qu'après coup dans un massif primitivement plein, pour équilibrer l'énorme poussée d'une voûte de 240 mètres carrés. Les arêtes arrondies des voûtes, les colonnettes grêles, les sculptures mesquines de ses deux travées accusent une œuvre médiocre du xiv e siècle (hauteur, 5 mètres 45; longueur, 12 mètres 13; largeur, 5 mètres 65).
L'ange, qui surmonte le maitre-hôtel, suspend en Pair une espèce de clooch, d'une étoffe brochée de soie et d'or, qui recouvre une colombe en métal doré, servant de ciboire avant que l'usage ne s'établit d'enfermer dans le tabernacle les espèces consacrées. Trois reliquaires en cuivre émaillé méritent aussi quelque attention. Deux, du xiii» siècle, sont seulement décorés de médaillons où des anges à mi-corps se détachent sur fond d'émail ; le troisième, plus riche et plus ancien d'un siècle, montre à côté des anges le Christ bénissant, entre les symboles des quatre évangé- Jistes et les deux grands apôtres appuyant sur leurs épaules leurs attributs bien connus, les clefs et l'épée.
Au sortir de l'église, par la principale porte, celle du sud, on voit à sa gauche les restes d'une tour carrée du xn e siècle, où se découpe encore une petite fenêtre cintrée divisée en deux baies par un léger meneau. C'est avec un bout de rempart, situé près de la halle, tout ce qui reste des fortifications de l'ancienne ville que Duguesclin enleva aux soldats de Jeanne de Montforten 1370, « combien que la place fust assez forte, » dit Froissard.
La rampe se continue par des courbes multipliées à travers une série de mamelons. Les tranchées se succèdent dans le roc.
Par intervalle, à droite, la vue plonge sur la vallée immense, le long d'une j>ente semée d'arbres épars, de diverses cultures, puis de bois, au travers desquels des échappées laissent suivre la ligne bleuâtre des coteaux lointains; tandis qu'à gauche la voie creuse son passage dans la pente escarpée, puis en plein roc dans dessillons profonds que séparent des remblais. On traverse le village de Saint- HUaire-Lastours (919 hab.)> dont on rase à gauche l'église au clocher roman carré, un autre village à droite et les ruines du château de Lastours, puis un second vallon d'apparence triste et nue. Le chemin court entre d'étroites prairies et des haies jusqu'à une dernière et plus profonde tranchée, qui aboutit à la station.