PÉRIGUEUX. — ÉGLISES
l'autre, une inscription : Constantinus de Jarnac fecit hoc opus,— et plus bas, au-dessous de la frise, « Anno ab incarnatione Domini MCLX nono , sccunda die maii obiit domnus Joannes, hujus ecciesie episcopus. Sedit autem in episcopatu novem annis, septem diebus minus. Qui présentes litteras legis, » C'est le mausolée de l'évêque Jean d'Asside, mort en 1169. — A côté, dans l'intérieur du môme mur, est celui de l'évêque Pierre Meinet, mort en 1182. Au-dessus de la porte, s'étale un mauvais tableau représentant un Martyre.
L'autel de gauche est un fragment détaché de la grande œuvre du jésuite Laville, qui remplit le chœur de Saint-Front. Le groupe principal, d'un goût plus que médiocre, représente une Pietà. — La chaire que recouvre l'arc central de l'église, ouvrage de la môme main, est surmontée du pélican symbolique. — L'abside rectangulaire se couronne de fausses arcades romanes dont chaque courbe repose sur un chapiteau nu et dont l'entablement supérieur forme galerie. Dans la partie comprise par l'arc ogival entre les deux pendentifs, trois belles baies rondes, alternant avec les fausses baies inférieures, contiennent des verrières modernes, sainte Anne, la Vierge, saint Joachim. Les entre-colonnements des trois faces sont recouverts de fresques d'un eflfet sévère par M. Brucker, qui a décoré un certain nombre d'églises de la Dordogne et du Lot-et-Garonne : à droite, saint Barthélémy, saint Jacques le Mineur, saint Thomas, saint Mathieu, saint André, saint Pierre; — à gauche, saint Simon, saint Thadée, saint Jean, saint Jacques le Majeur, saint Philippe et saint Paul. Au fond, une scène radieuse en trois parties : Jésus consolateur des malades et des affliges.
La rue de Saint-Pierre-ès-Liens ou comme on disait primitivement, de Saint-Pierre iainé, qui conduit de la place Franche- ] ville à la tour de Vésone, conserve le nom d'une petite église, ; demeure aujourd'hui d'un jardinier, à peine reconnaissante encore à une longue et étroite fenêtre ruinée que soutient une barre de fer. C'était une longue salle carrée sans voûte, comme les basiliques antiques (xi e siècle), et appareillée en petites pierres carrées, disposées par assises ou en arêtes de poisson, quelquefois entremêlées de poteries grossières. On y a trouvé au-
trefois le tombeau de saint Léonce, évêque de Périgueux mort au iv« siècle.
La première maison à droite, au point où se détourne le même chemin, un peu en avant et presque en face de Saint-Pierre-ès- Liens, est la chapelle primitivement de Saint-Jean-Baptiste, consacrée depuis le xm e siècle à saint Cloud, et servant de cave et de bûcher. C'est le même plan, sur des dimensions égales, mais l'oeuvre, construite en pierres de taille, est en partie au moins plus récente de deux siècles. La ville vient de Pacquérir et Ta condamnée pour le percement d'une rue. L'emplacement de ces petits édicules voisins s'appelle populairement le cimetière des Pendus.
A l'extrémité du faubourg Saint-Georges, où débouche le pont Neuf, s'élève une jolie église moderne, en style du xin° siècle, avec nef unique, chœur et transsept contenant dans chaque bras un autel, le tout absolument nu. Un porche intérieur qui précède la nef forme la chapelle des fonts baptismaux. La clef centrale du chœur porte cette inscription : Abadie, architecte. 1856.
Le monastère de Sainte- Ursule, vis-à-vis de l'hospice, sur un terrain occupé successivement par un couvent de Jacobins , puis de Dominicains, dévasté au xvi° siècle par les protestants , vendu en 1792, racheté par les Ursulines en 1814, possède une église qui mérite d'être visitée. La porte, dit l'abbé Audierne, en est ancienne, et la voûte, faite en caissons de lois, couverte de portraits de saints et de saintes dessinés avec assez de goût par les religieux Dominicains.
C'est à peine s'il faut signaler V église moderne du Sacré-foeur (rue sainte Eulalie), dont le large portail, encadré de doubles colonnes, étale au centre de son fronton en anse de panier un double sacré-cœur sculpté, — et, rue du Plantier, sur la droite des allées deTourny, la petite chapelle de Notre-Dame de miséricorde, simple nef ornementée à la moderne, c'est-à-dire, de fleurs artificielles et de papier peint.
Vévéché est installé dans l'ancien monastère du Puy Saint- Front, approprié à sa destination nouvelle en janvier 1669. Il conserve encore quelques-unes des anciennes façades et des fenêtres en forme de barbacanes. L'aile du sud est occupée depuis 1809 par la bibliothèque communale ouverte tous les jours, les