‹ De Paris a AgenChapitre 135 sur 154 · BELVÈS · texte numérisé non relu

BELVÈS

— La. mairie, Vècole, la gendarmerie, occupent, tout au faite de la côte et d'une esplanade ouverte sur la vallée, les bâtiments de l'ancien couvent des Dominicains en partie seulement conservés, comme l'atteste la trace des arceaux d'ogive brisés le long des murs replâtrés. Un clocher carré y attient, seul reste de l'église dominicaine, détruite comme celle des Pénitents Blancs. — Véglise paroissiale se dresse à l'extrémité occidentale et tout en dehors de la ville vers Saint- Pardoux. Elle forme une seule nef de quatre travées (xvi e siècle) éclairées par de longues et étroites fenêtres à meneaux tréflés , avec arcs doubleaux retombant sur des colonnes engagées dans des piliers. La dernière travée sert de chœur. L'abside à cinq pans, soutenue d'énormes contre-forts, est voûtée en arcs d'ogives dont les dernières arêtes s'interrompent a la hauteur de la fenêtre (xiv e siècle). La principale porte (xvi e siècle) , formée de voussures en saillies dont une torsade à arêtes vives, sans supports de colonnettes ni chapiteaux, s'ouvre dans la base d'un clocher carré, à trois étages, reposant sur quatre hardis arceaux d'une ogive très-large et très-nette et contrebutté en avant par deux massifs de contre-forts formés de trois pièces appliquées sur les angles jusqu'à la hauteur du second étage. Vers le midi étaient pratiquées deux autres portes dont une plus petite couronnée au sommet d'un entre-croisement d'ogives , l'autre , grande et monumentale , à voûte profonde surmontée d'une large rose. Ces deux baies sont bouchées et invisibles à l'intérieur.

Derrière l'église et y attenant à peu près, a été bâti récemment un couvent dit de la Miséricorde, destiné à tenir pensionnat de demoiselles.

A l'extrémité de la rue principale, vers l'église, l'ancien château seigneurial (xv* siècle) forme angle , transformé en simple logis moderne, dont la face seulement vers la vallée conserve une tourelle à toit pointu, et, du côté de la rue, de belles fenêtres carrées à trèfles. — Au-dessous dans la partie basse de la ville, un bâtiment qu'une tradition, difficile à justifier, appelle la commanderie du Temple, loge les cent vingt élèves d'un collège ecclésiastique, dont les terrasses reposent sur les murs de la ville, ou plutôt de r ancien château, assis un peu en avant de l'enceinte.

Des baies étroites, percées dans le coteau, éclairent trois étages de caves creusées en plein roc. Dans un coin et un peu audessus des jardins, un petit bâtiment à contrevents verts domine deux côtés de la vallée : c'est V hospice. — La rue, qui fait face à la porte du collège, la rue Rubiganne , est encore bordée de maisons du xin 6 siècle dont une s'appelle populairement l'archevéché. Le collège môme s'adosse à une ruelle où se dresse une vieille et haute tour carrée, soutenue sur la face sud de trois contre-forts et jadis reliée sans doute au principal château. C'est le monument le plus ancien de la ville sans contredit; il date au moins du xu* siècle. — Il ne faut pas oublier de signaler dans la rue voisine des Pénitentes une jolie maison de la Renaissance dont les portes étaient décorées de bustes et de sculptures malheureusement brisées.

Le long des boulevards plantés de tilleuls et d'ormeaux et de la rampe qui descend vers la gare, on découvre une vue admirable et variée sur une vallée luxuriante, que traverse entre des peupliers le petit cours d'eau de la Noze, et qu'égayé, outre un long viaduc, comme une guirlande sans fin de petits mamelons et de coteaux onduleux, semés sur leurs pentes de pigeonniers blancs. Au bas de la côte une jolie fontaine à faces carrées; dans les rues, les femmes, assises au seuil des maisons, causent en groupe en cassant des noix , pour les fabriques d'alentour , ou dépouillent les volailles dont la plume fait l'objet d'un trafic assez important. Plusieurs tanneries ruinées depuis 7 ou 8 ans, existaient naguère à Belvès, qui tire ses meilleurs profits de la vente et de l'entrepôt des denrées et des vins du Périgord et du Quercy.

On peut prendre à Belvès la voiture qui conduit à Montpazier (16 kil.) et à Biron, mais, si l'on part du Got où correspond le courrier (V. ci-dessous, p. 351), le trajet est moins long.

On sort de Belvès en pleine vue de la vallée, dont les croupes verdoyantes s'arrondissent le long du chemin. Les ouvrages d'art se multiplient comme les difficultés du terrain qu'il faut surmonter. A 500 mètres de la gare, la voie, après avoir gravi une pente rapide, traverse sur quinze arches de 10 mètres d'ouverture, bordées d'une belle rampe de fonte, le ruisseau de la Grange et plus loin, sur sept arches de 10 mètres, le ruisseau de Patouly,

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