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STATION. — LA ROQUE-TIMBAUT

12 kil. de Penne. — 15 kil. d'Agen. — 137 kil. de Périgueux.

Le village de La Roque Timbaut (Roca-Theobaldi), peuplé de 1370 habitants et chef-lieu d'un canton de l'arrondissement d'Agen, est bâti sur une colline à 2 kilomètres à gauche de la station, et n'offre de curieux que quelques débris de son ancien château. Une des portes intérieures, surmontée d'une tour dite de YHorloge, ferme, vers le sud, la place de la Halle, d'où descend un petit sentier par des marches taillées dans le roc pour contourner extérieurement le pied des remparts encore presque entièrement debout au-dessus d'un frais et pittoresque vallon, au fond duquel s'abritent la chapelle et le pèlerinage fréquenté de Saint- Germain, Au-dessus du chemin la Mairie fait face à l'ancienne chapelle seigneuriale (xv e siècle). Véglise actuelle, construite récemment sous la direction de M. Bourrière, est à l'entrée du village. L'ancienne église en dehors, à l'écart, sert aujourd'hui de chapelle de cimetière.

EXCURSION A HAUTEFAGE.

La commune de Hautefage , sur laquelle la voie de fer vient de passer, est plus intéressante à visiter. Une route départementale y conduit directement de Laroque (5 kil.), par le faite du coteau d'où l'on domine les deux vallées. A mi-chemin, à gauche, se rencontre Bourdiels avec sa petite église du xv e siècle, centre d'une paroisse dépendant de la commune de Cassignas (305 hab.). Sur l'autre bord et comme au-dessus du village, quatre pans de murs noircis, qu'on aperçoit de la route, sont les derniers restes d'une ancienne commanderie. On découvre bientôt Hautefage (1028 hab.), que la route n'aborde, sans pourtant le perdre de vue, que par un long détour. Au-dessus du petit bourg, se dresse au loin une haute tour commencée par

DE PÉRIGUEUX A AGEX.

Tévêque Léonard, achevée par l'évêque Antoine de laRovère. C'est le monument civil le plus remarquable peut-être de TA* gênais, destiné suivant toute apparence à remplacer le château épiscopal existant autrefois tout près de là, à Saint- Just, et dès lors ruiné. Une petite chapelle s'y voit encore avec un ermitage, à mi-côte d'une pente boisée où l'évêque-cardinal de la Rovère s'était fait construire en 1488 un petit logis. — La tour est hexagonale , d'un appareil extrêmement soigné. De loin l'aspect de l'édifice n'a rien de saisissant; les détails charmants se perdent sur des faces nues et en apparence rectangulaires. Mais plus on s'en rapproche, plus le charme gagne.

L'édifice, presque attenant à l'église, lui sert actuellement de clocher. Il est construit en contre-terrain, de plain-pied vers la grande route, mais du côté opposé sur des fondations très-élevées et fortifiées par d'énormes et hauts éperons à double toit. La différence de niveau varie de 8 à 10 mètres, juste la hauteur extrême de l'église. La tour a trois étages au-dessus du rez-dechaussée. L'escalier en vis, haut de 122 marches à la hauteur du troisième étage où sont pendues les cloches, occupe, à gauche de la porte d'entrée, une tourelle semi-circulaire, terminée en cul-de-lampe et qui fait aussi office de contre-fort. Les contreforts des autres angles, carrés dans la partie inférieure, s'arrêtent, à la hauteur de la voûte du rez-de-chaussée, sur des consoles que relie de chaque côté une saillie en pierre. Massifs au premier étage, ils se divisent au second en deux fûts carrés, décorés de petits dais fleuronnés, et redeviennent massifs au troisième, mais moins larges et présentant la ligne d'angle en biais. La porte d'entrée est en plein cintre surmontée d'un fronton dans le goût de la Renaissance. Une tablette ornementée sert de base à trois fuseaux de feuillage, qui remplacent les pinacles des portes ogivales. A hauteur du premier étage s'alignent les quatre baies d'un moucharabi formant intérieurement un petit réduit. Aucune autre ouverture n'est percée dans ce pan, sauf au dernier étage ouvert sur toutes ses faces d'une large baie ogivale, qui semble à-demi détruite et qui peut-être n'a jamais été fermée. Dans le massif qui contre-bute la tourelle de l'escalier, une petite terrasse, pratiquée au-dessus de la rampe extérieure, communique avec

HAUTEFAGE

l'église. Le pan voisin de gauche, percé au rez-de-chaussée de deux fentes étroites et longues, porte au premier étage une double fenêtre, chef-d'œuvre de l'ouvrier. Un meneau à moulures saillantes sépare deux baies rectangulaires aux angles arrondis. Un second meneau transversal, d'attaches arrondies, comme le couronnement supérieur, forme en hauteur comme deux fenêtres superposées d'un effet original. Au-dessus un fronton triangulaire, accosté de trois hampes ou fuseaux, porte dans son intérieur les armes parlantes de la Rovère (deux branches de chêne, robur, entrelacées). Au-dessus encore, au second étage , s'ouvre une fenêtre ogivale avec trèfle. On retrouve l'écu?son, surmonté du chapeau de cardinal, au centre d'un encadrement, sur l'éperon qui sépare l'autre face. A l'opposé, vers la rue du village, la face correspondante à la grande double fenêtre affecte une ornementation symétrique, mais d'un travail inférieur et moins soigné. L'intérieur de la tour, du haut en bas, est vide, sans planchers ni toits. Il est même douteux que la couverture supérieure ait jamais été achevée , quoique la cheminée du premier étage semble conserver les traces d'une habitation de quelque durée.

L'ancienne église a été détruite par les protestants. L'Oise actuelle, tout en contre-bas de la tour, est l'ancienne chapelle seigneuriale (26 mètres 50 de longueur sur 8 mètres 75 de largeur). La porte extérieure, malheureusement mutilée, s'ouvre sur la gauche en deux baies rectangulaires arrondies aux angles du sommet, au-dessous d'un tympan paré des armoiries des la Rovère. Une triple voussure ogivale enceint le toit de ses arêtes en saillie, autrefois enguirlandées de pampres et de raisins avec une accolade de feuilles de choux entre deux pinacles fleuris. L'église comprend trois travées, — celle du chevet a trois pans, — éclairées autrefois par de longues et larges baies à meneau, aujourd'hui plus qu'à demi bouchées. Des arcs doubleaux à arêtes prismatiques retombent sur de grosses colonnes ornées d'un simple bourrelet pour chapiteau. Les colonnettes seulement du chevet portent en couronnement les symboles des quatre Évangélistes. La chapelle de droite possède une Vierge noire, — habillée à la dernière mode des poupées ; — et, sous la première marche du chœur, une plaque de fer mobile recouvre une source

miraculeuse, où, à certaines fêtes, toutes les paroisses d'alentour venaient puiser de Peau en procession. Oradou et Frespech restent seuls aujourd'hui fidèles à la tradition.

Le coteau qui porte La Roque-Timbaut se termine brusquement à gauche, et, dans le vallon, au fond, laisse entrevoir la petite chapelle de Saint-Germain. La voie ferrée descend le long d'un ruisseau, passe près de l'église de Saint-Pierre d'Orival et s'engage à 2 kilomètres dans le tunnel de baillé (100 mètres). A gauche se montre le village de Sauvagnas (652 hab.), dont le château, démoli il y a une soixantaine d'années, avait été construit en 1275 pour un grand prieur de l'ordre du Temple. A 4 kilomètres de La Roque, un viaduc dit de Saint-Arnaud, de 12 arches de 10 mètres chacune, franchit deux ruisseaux pour se rapprocher de plus près de la route de Cahors. A droite, la vue reste bornée par la côte ou par des t<alus. A gauche, sur une butte escarpée, se dressent encore les murs d'enceinte du château fort de Bajamont (Bajuli mons), menace autrefois constante pour la ville d'Agen, qui, à plusieurs fois, en entreprit le siège. L'attaque de 1347 en fut particulièrement désastreuse et les consuls y laissèrent, outre les morts, leurs fanons et l'étendard de la ville.

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