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LE CHÂTEAU DE MONTLHÉRY

fuirent. « Du costé du roy, dit Philippe de Commines, fut un homme d'Estat qui s'enfuit jusques à Lusignan, sans repaistre, et, du costé du comte, un autre homme de bien, jusqu'au Quesnoy-le-Comte. Ces deux n'avaient garde de se mordre l'un l'autre. » Qui avait vaincu? on n'eût pu le dire. Louis XI se retira sur Gorbeil, et le comte de Charolais occupa le champ de bataille. Peu de temps après, Louis XI, pour dissoudre la ligue, conclut le traité de Conflans, le plus humiliant que jamais roi de France eût souscrit avec ses sujets, et « par lequel, dit Commines, les princes butinèrent le monarque et le mirent au pillage ; chacun emporta sa pièce. a Le roi accorda aux confédérés toutes leurs demandes, bien résolu, à l'avance, de ne pas exécuter le traité. Jamais, a dit avec raison un historien, la féodalité n'avait remporté une si grande victoire ; elle se trouvait, pour ainsi dire, reconstituée, et Louis XI n'était plus, comme Louis VI, que le suzerain de ses vassaux.

Détruit en partie par les guerres de religion, le château de Montlhéry devint peu à peu une carrière où les habitants de la ville voisine venaient chercher les pierres dont ils avaient besoin. Le 15 septembre 1603, un sieur de Bellejambe obtint des lettres patentes qui l'autorisaient à exploiter les murs du château, pour en tirer des pierres et les employer à la construction de sa maison de Bellejambe, située à l'ouest et à une demi-lieue de Montlhéry, « sans qu'il puisse toucher à la tour du donjon. »

Les ruines de Montlhéry offrent encore un aspect imposant. Elles se composent de la tour du donjon, qui a 32 mètres d'élévation, d'une tourelle accolée qui renferme un escalier de 132 marches, de quelques pans de murs et d'une autre tour, moins bien conservée, qui ne s'élève pas à plus de 10 mètres au-dessus du sol. Quelques travaux ont été faits pour empêcher une plus grande dégradation de ces intéressants débris, et permettre aux curieux de les visiter sans danger. Un gardien y guette du matin au soir les étrangers afin de les faire descendre dans les caveaux et monter au haut de la tour, d'où l'on découvre un vaste et beau panorama (pourboire). Du reste, on jouit déjà d'une vue magnifique en se promenant dans les jardins nouvellement plantés qui entourent ces ruines pittoresques.

Entre la tour de Montlhéry et la route de Saint-Michel est un tumulus gaulois appelé la Motte de Montlhéry.

Pour entrer dans la ville, après avoir visité la vieille forteresse féodale, on peut passer par une porte, la porte Baudry, sur laquelle se lit l'inscription suivante: « Cette porte, bâtie dès Tan 1015, par Thibaud File-Étoupe, fut rebâtie en 1589, sous Henri III, et restaurée sous le consulat de Bonaparte, Pan vm de la République, par Goudron du Tilloy, maire. » En sortant, au contraire, de Montlhéry par cette porte, on descend à Linas, village de 1183 habitants, dont les maisons se confondent avec celles de Montlhéry.

' Montlhéry est une petite ville bien bâtie, mais triste. On y remarque seulement les vieilles sculptures qui ornent la porte de son hospice civil. Son église ne vaut pas une visite.

Quand on a quitté la station de Saint-Michel, on découvre encore, à droite, une jolie vue sur la vallée de l'Orge, dont on ne tarde pas à s'éloigner pour monter sur le plateau qui la sépare de la vallée de la Juioe.

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