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STATION. - VIERZON

10 kil. de Theillay. — 79 kil. d'Orléans. — 200 kil. de Paris.

200 kil. de Limoges.

Hoïbls : — du Bœuf; — des Messageries.

Poste aux lettres, rue Neuve, près la gare. — Bureau télégraphique.

Vierzon (7740 hab.), chef-lieu de canton du département du Cher comprenant dix communes de l'arrondissement de Bourges,

s'élève au confluent de l'Yèvre et du Cher, partie en plaine, partie sur une colline, qui domine le canal du Berry dont une longue ligne de peupliers indique de loin le tracé. De la station, on découvre à droite, la vallée du Cher, grasse et riche prairie bordée par une chaîne de collines qui s'étend jusque par delà Lignières; à gauche, les derniers arbres de la forêt, qui couvre une partie des communes voisines de Saint-Laurent, de

Vierzoo.

Vignoux et de Vouzeron; devant soi, la ville neuve, échelonnée sur son riant coteau, couvert de vignes et de vergers :

Virzio, villa virens, aliunde pauca requirens, Silvis ornata, vineis, pratis decorata.

C'est bien toujours « la ville verdoyante, qui tire du dehors bien peu de chose» ornée qu'elle est de forêts, parée de vignes et de prairies, » ainsi que s'en vantait à tout venant cette inscription latine inscrite autrefois aux vitraux de son église.

Les chroniqueurs attribuent à Vierzon (Virzio, Virizio) une origine gauloise et la comptent, sans autre preuve, parmi les

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cités incendiées dans la guerre* de l'indépendance par le dévouement des patriotes. On y a rencontré les débris d'un temple de Mercure, des urnes cinéraires, des monnaies, des restes de constructions, attestant au moins que l'occupation romaine y établit un centre d'activité desservi par la route de Bourges à Tours dont on a reconnu les vestiges. Son histoire écrite ne date que du ix e siècle. A cette époque, son petit château était possédé par deux seigneurs, Centuple et Ambran, dont les libéralités constatent la richesse et la dévotion. Dès avant les premières années du siècle suivant, la seigneurie était passée dans la maison de Blois, qui l'avait donnée en fief à un comte Humbert le Tort, venu de Belesme, quand les moines de l'abbaye de Dêvre, fondée sur les bords du Cher entre Vierzon et Saint-Georges-la- Prée, déposèrent leurs reliques dans son château et s'y établirent si bien, que dès lors l'histoire des seigneurs se confond avec celle des abbés, tour à tour moines ou laïques, prêts aux pratiques de la vie dévote ou aux grands faits de guerre. L'un d'eux, Guillaume, eut maille à partir avec Richard Cœur de Lion, qui trouva moyen de s'emparer par ruse de la ville et la livra au pillage (1196). Guillaume le Breton, qui servait alors auprès du seigneur, en qualité de précepteur de son fils, déflore la ruine de ce château « où abondaient tous les biens qui font l'honneur de la vie, et qui dans la riche province du Berry avait à peine son égal pour la fertilité et la beauté de ses domaines, entre les plaines fécondes de la Sologne (ainsi parlait-on au xn e siècle) et les prés verdoyants du Cher. » Il fallut au moins huit ou dix ans à la ville ppur se remettre de cette terrible épreuve ; et le souvenir de la prospérité passée y avait si bien péri qu'on célébra comme une nouveauté la venue du premier navire à voiles qui remonta dix ans plus tard (1205) chercher les laines ou les draps du pays.

Un mariage amena les terres de Vierzon, de Rochecorbon, de Mazières, de Nouan-le-Fuzelier dans la maison de Brabant (1280-1302), un autre dans celle de Juliers. Pendant l'absence de ces seigneurs lointains, le prince Noir se présenta devant Vierzon avec une armée, l'attaqua sur trois points, emporta le château et pilla. C'était à la veille de la bataille de Poitiers. Les Anglais restèrent installés dans leur prise durant qua-

torze ans, jusqu'à la venue de Duguesclin qui y rétablit de vive force le drapeau de la France.

À la suite de démêlés divers de féodalité, le roi demeura maître

Eglise de Vierzon.

deVierzon, qui, un moment engagé aux mains de l'archevêque de Rheims (14^5), passa successivement à différents seigneurs pour faire de nouveau retour a la couronne. Charles VIII en fit don à

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Mme de Beaujeu, sa sœur (1480), et François I er en dota définitivement le domaine par la confiscation des biens du connétable de Bourbon.

Charles IX visita Vierzon en 1585. A quelques années de là, la ville prenait hautement parti pour la Ligue et repoussait furieusement une attaque de royalistes commandés par le capitaine de Ganaches (1589).

C'est à peu près toute l'histoire de Vierzon, où de nos jours est né Félix Pyat. La ville se divise en deux parties, comme presque toutes les villes du moyen âge, la ville haute et la ville basse. La première, échelonnée le long de la rive droite de l'Yèvre et du canal , sur la croupe et les pentes de deux petits coteaux que sépare un étroit vallon, se présente toute ouverte et renouvelée par de larges rues, où débouche la gare , où s'alignent la poste, les hôtels et les entrepôts des fabriques; mais, à mesure qu'on y pénètre, et sur l'autre bord du coteau au delà d'un petit mail, les pentes escarpées s'entrelacent de rues étroites et montueuses, quartiers aimés du commerce et de ia petite industrie. Une porte ogivale, jadis munie d'une herse, mais trop souvent remaniée et aujourd'hui sans caractère, sert, vers le nord, d'entrée de ville et de prison, surmontée d'une espèce de beffroi moderne et d'une hbrloge. Avec quelques pans d'un mur qui l'avoisine, c'est tout ce qui reste de l'ancienne enceinte élevée par Philippe Auguste, que couronnaient autrefois vingt-deux grosses tours, et où donnaient accès les quatre portes de Notre-Dame, de Saint-Jean, de Saint-Roch et de Sainte-Perpétue.

Tout à côté, mais un peu plus loin, à droite, à l'extrémité et presque en dehors de la ville haute, s'élève l'église, sur une terrasse où l'on parvient, des rues inférieures qui longent la rivière, par un escalier, à double palier, de trente-six marches. La porte romane s'encadre dans un vaste porche gothique, sur lequel repose un clocher carré, soutenu de contre-forts et percé sur chaque face, dans sa partie supérieure seulement, de doubles fenêtres à peine aiguisées en ogive. La nef s'ouvre par de larges arcs ogivaux sur ses deux bas côtés subdivisés en trois tra\ ées, à chacune desquelles correspond extérieurement une division du toit, qui se hérisse par trois fois en pignon aigu. Le chœur est

percé de fenêtres ogivales, que partage un double meneau couronné d'enroulements de pierre, avec triples verrières d'un bel effet. On peut remarquer encore à l'entrée de l'église, à droite, un bénitier, regardé comme antique, et dans la nef, sur la face intérieure du dernier pilier, un tableau sur bois, de Boucher, représentant saint Jean au désert.

A quelques pas, au sortir de l'église, si Ton va passer sous Pancienne % porte de ville, on se trouve sur la voûte du tunnel, disposée avec banquettes ogivales en pierre servant de sièges. A droite, un sentier de chèvre mène au sommet d'un monticule verdoyant d'où la vue s'étend en liberté sur la vallée et le long du canal du Cher.

Vhôtel de ville est au bas de la côte, au-dessous de l'église, et tout au bord de l'Yèvre. C'est un ancien couvent de Bénédictins bâti en 1628 et qui, souvent remanié depuis, n'a pas perdu son air sombre et déplaisant. — Tout à côté, un pont de huit arches sur le canal relie à la ville haute la ville basse, composée presque tout entière du faubourg des Ponts, assis dans une lie. De l'autre bord l'œil embrasse d'un regard le pittoresque amphithéâtre des maisons de Yierzon, surplombées par le noir clocher et le lourd beffroi, tandis que, dans le bas, bruit et bouillonne l'Yèvre sous les roues d'une usine à porcelaine. Deux autres ponts, séparés par un petit Ilot dont la» pointe forme un joli préau planté d'arbres mais déplorablement entretenu, traversent le Cher et se rattachent à Saint-Léonard et au Bourgneuf.

Mais la source véritable de vie pour tout le pays, c'est le canal du Berry, le long duquel s'ouvrent de gracieuses promenades. Projeté depuis le xv e siècle, discuté aux États de Blois de 1484, décrété par Sully et par Colbert, et de nouveau étudié par l'Assemblée provinciale de 1788, le tracé n'en fut sérieusement suivi sur le terrain qu'en 1807 et seulement déterminé par la loi du \k août 1822. Il se compose d'une partie principale, joignant la haute et la basse Loire et d'un embranchement qui part de Fontblisse, près de Rhimbé, commune de Bonnegon, pour aboutir à Montluçon. Il est alimenté par le Cher, la Queune, l'Auron, l'Yèvre, et en outre par les réservoirs de Marmande et de Valigny-le-Monial, dont la contenance réunie est de plus de 7 500 000

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mètres cubes d'eau et qui communiquent par une rigole de 7700 mètres de long. La pente totale du parcours est de 245 mètres 69 centimètres, rachetée par 115 écluses, dont 92 avec ponts, 71 aqueducs, 5 ponts canaux, 108 ponts isolés, dont 66 mobiles, formant un ensemble de travaux qui a coûté plus de 18000 000 fr., et dont l'entretien annuel s'élève à 260000 francs. La troisième branche de la partie principale, qui s'avance vers le nord-ouest du département, est celle qui arrive à Yierzon, en suivant la rive gauche de l'Yèvre, qu'elle y traverse pour longer dès lors, souvent à mi-côte, et sur un terrain en pente, la rive droite du Cher, dans lequel elle débouche, à 2 kilomètres audessus de Saint-Aignan, dans le département de Loir-et-Cher.

Un des principaux éléments d'avenir pour Yierzon est dans le développement, par cette voie, de la navigation, qui ne cesse d'y progresser, à mesure que s'y développent et s'accroissent les moyens d'alimentation du canal. Placée à la jonction des trois chemins de fer de Paris, de Limoges, de Lyon et bientôt d'un embranchement de Tours et Nantes, dont les travaux doivent être achevés en 1867, la ville voit de jour en jour sa population se multiplier et son industrie grandir. Deux fabriques importantes de porcelaine, — dont une dite de Bel air, placée tout au débouché de la gare, date de 1816, — des tanneries, des parchemineries, une brasserie, une vinaigrerie, une scierie mécanique de bois de charpente, une verrerie, occupent une partie des bras, sans compter les fabriques de serges, de bonneteries et d'habillements confectionnés.

Vierzon-village, que le ruisseau de Grossou sépare à peine de Vierzon-ville , forme une commune de 4852 habitants et une paroisse distincte, quoique dépourvue d'église et obligée de venir en ville pour les offices. Là étaient situés , il y a peu de temps encore, les établissements industriels les plus considérables du pays, hauts fourneaux et forges créés en 1775 par les intendants du comte d'Artois pour l'exploitation des forêts de Vierzon, du Rein-du-Bois et d'Allogny. L'Yèvre mettait à leur service une force de 120 chevaux pendant neuf à dix mois de l'année; le canal de Berry, la houille et le minerai, pendant que le Cher et les voies de fer en répandaient au loin les produits.

Ces puissants ateliers d'une fabrication célèbre sont aujourd'hui silencieux. Une partie seulement est transformée en une fabrique de pointes et en une tréfilerie ; mais les balanciers, l'outillage, les grandes machines y sont conservés et excitent encore l'admiration.

On sort de Vierzon en passant sous la route de Toulouse, puis dans une profonde tranchée qui contourne la ville et aboutit à un tunnel de 222 mètres, dont l'entrée et l'issue, construites en

Tunnel de Vierzon.

manière de fortins, sont couronnées de mâchicoulis. A trois kilomètres de la ville, vis-à-vis du Briou, centre d'exploitation qui alimente de terre à porcelaine. les manufactures de la ville, on traverse presqu'à la fois la route impériale, l'Yèvre et le canal du Berry, à l'embranchement môme de la voie de Bourges. Au loin, à droite, sur la pente de la colline, au delà du Cher, on aperçoit le château de Chaillot , qui appartenait aux Bénédictins d'Iasoudun et près duquel on va passer. A perte de vue, et des

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deux bords du chemin, on plane sur d'admirables prairies entrecoupées d'arbres et de rouges maisons; les lignes de peupliers, se resserrant à mesure que Ton s'éloigne, bordent le paysage et forment à l'horizon des massifs lointains de toute magnificence. Une courbe rapide conduit au Cher, que franchit un viaduc de 143 mètres de long sur neuf arches dont sept de 13 mètres d'ouverture. Au sortir d'un petit bois, une profonde tranchée coupe et gravit le plateau qui sépare le Cher de l'Arnon. La vue, dès qu'elle se dégage, plonge au loin, bientôt bornée à gauche, mais dominant à droite, au-dessus des fermes et des maisons bourgeoises, toute la vallée marécageuse, la Noue et son château féodal rebâti au xvir 3 siècle, le manoir bien conservé à'Avtry, Mêreau (713 hab.) et sa petite église, perdus, comme en pleine Sologne, sur un sol entremêlé de cailloux et de gravier, le château de Chevilly, en avant d'un pauvre village, à quelques mètres de l'Arnon, qui, né dans la Creuse, près de Boussac, après avoir traversé un cojn de l'Allier, reçu la Joyeuse, le Portefeuille, la Simare, devient navigable à Charost et se jette dans le Cher à 4 kilomètres en aval de Vierzon. On traverse î'Arnon sur un pont de cinq arches, au-dessous d'un petit étang, aux abords mêmes de la station de Chéry.

1S kiL de Vierzon. —215 kil. de Paris. — 185 kil. de Limoges.

Chéry est un assez gros village (381 hab.) bâti sur la rive gauche de l'Arnon, derrière la gare, partie en plaine, partie sur la pente d'un^petit coteau. L'église s'élève sur le bord d'un ruisseau qu'il faut franchir, ainsi que l'Arnon et un autre de ses affluents, pour gagner (1 kil.) le chef-lieu de la commune, Lury, que traverse la route impériale de Limoges. Le chemin qui s'ouvre au débarcadère y conduit d'ailleurs en droite ligne.

Lury (784 hab.), aujourd'hui simple chef-lieu de canton, est une petite ville très-ancienne, jadis défendue par de profonds fossés et une enceinte , où Ton pénétrait par deux portes dont une reste presque entière. Dès le xn e siècle (1196), son château eut maille à partir avec Richard Cœur de Lion, qui le ruina. 11 appartenait alors aux seigneurs de Vierzon, qui ne trouvèrent

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