REUILLY
dinal de Jouffroy, évêque d'Alby, s'y arrêta pour mourir. — Ce n'était plus au xvnr 8 siècle qu'un modeste bénéfice ecclésiastique annexé au séminaire de Saint-Suîpice de Paris, dont les supérieurs avaient les droits de seigneurs de la paroisse. Dans le bourg même on visitera avec intérêt un grand édifice en pierre, du style de la Renaissance, appelé vulgairement la Grandmaison, sans autre tradition qui permette d'en soupçonner la destination. La façade nue, terminée par un pignon que surmonte une croix sculptée, est éclairée de trois étroites fenêtres
La Perté-Reuilly.
superposées dont la première surtout est remarquable pour la délicatesse de son ornementation.
Le château de la Ferté-Reuilly est à 2 kilomètres de Reuilly et sur la commune de Lazenay (904 hab.), vis-à-vis du point môme où la voie de fer pénètre à nouveau dans le département du Cher, dont il domine l'extrême confin. La terre de la Ferté, passée par alliance de la maison de la Châtre dans celle du duc de Vitry, avait été acquise en 1656 par Jacques de Lafond, qui, en 1659, confia à Mansard la reconstruction de sa demeure seigneuriale. Le corps principal du bâtiment, très-simple d'aspect
114 D'ORLÉANS A LIMOGES
et d'un seul étage , est flanqué de deux ailes en retour, que terminent, à l'angle gauche, deux tours rondes, à droite, des dépendances et une tour plus petite surmontée, comme les précédentes, de clochetons. Une grille donne accès dans la cour d'honneur, que précède un pont de pierre de deux arches. De vastes terrasses couronnent de larges fossés qu'une haie de beaux peupliers borde à l'extérieur. Ils sont à plein baignés par les eaux de la Théols, qui, née près Saint-Christophe-en-Boucherie sous le nom de la grande Thonaise, va, à un kilomètre de la Ferté-Reuilly, se jeter dans l'Arnon, après 68 kilomètres de parcours. Le château a été acheté en 1866 par Mme de Montijo, mère de l'impératrice Eugénie.
La voie laisse à droite le château de la Ferté, à gauche le parc, une vieille ferme, et un peu plus loin, une papeterie, puis se développe à travers les prairies, les champs ensemencés, les vignobles. A k kilomètres 1/2 de Reuilly, on quitte définitivement le département du Cher, qui n'a été entamé que sur un parcours de 5337 mètres , et l'on rentre dans l'Indre vis-à-vis de Diou (454 hab.), petit village dont l'église se dresse à droite et sur l'autre bord de la Théols, et que l'histoire ne mentionne guère qu'à l'occasion du massacre- de treize jeunes protestants inoffensifs par les paysans soulevés au son des cloches (8 mai 1562). En passant sous le bois de la Mouche , qui couronne la crête à gauche, une tranchée aboutit à un coude de la Théols, que l'on traverse deux fois. Dans l'angle se montre en bas le petit village de Chambon. Une seconde et très-courte tranchée débouche devant YEchardon t espèce de ferme d'apparence singulière, qui borde la voie à droite, un peu en avant de Sainte-Lizaigne que l'on dépasse pour sortir de la % vallée trop souvent inondée.
33» STATION. - SAINTE-LIZAIGNE.
10 kil. de Reuilly. — 108 kil. d'Orléans. — 229 kU. de Paris.
171 kil. de Limoges.
Sainte-Lizaigne (1155 hab.) fait face à la station, sur la rive gauche et dans la vallée de la Théols. Son église avait été donnée, dès le vn e siècle, par une pieuse dame, au monastère Moyen
ou Moutermoyen de Bourges, qu'elle venait de fonder. La Théols y dessert une papeterie et l'importante forge de Boissy, tout à côté du hameau. A 8 kilomètres vers le nord se trouve la petite ville de Charost (1562 hab.), sur un coteau, au bord de PArnon, qui coupe la commune du nord-est au sud-ouest en offrant sur tout son parcours de gracieux paysages. On l'y traverse sur un pont de pierre. Charost était au moyen âge ville forte, et au midi, tout près de l'église, s'élevait un château entouré autrefois de profonds fossés et d'épaisses et hautes murailles, dont il reste encore de larges pans brisés et une grosse tour massive. Il dépendait primitivement de la seigneurie d'Issoudun et passa, en 1217, dans la suzeraineté directe de la couronne. En 1589, la ville soutint un siège contre le ligueur ia Châtre. Le château fut escaladé par les assaillants, le chef de la garnison, Marsault, pendu, le reste rançonné et la ville pillée à merci. La terre, acquise en 1608 de la maison Chabot de Mirebault par Philippe de Béthune, devint, en 1672, un duché-pairie en faveur du comte Louis de Béthune, dont la famille Ta possédée jusqu'au dernier siècle.
La voie ferrée, coupant de légères ondulations de terrain, continue, le long des saules et des peupliers, à remonter la Théols, qui se multiplie en innombrables ruisselets , chargés d'usines et de moulins; on laisse à droite la forge de Boissy ) à gauche la ferme deNohant, tout sur le bord du chemin, un moulin à drap, des maisons bourgeoises et des jardins, le moulin d'Autry, et plus loin celui de Saint-Laire, dans l'angle formé par la voie et la "route impériale, à l'entrée du faubourg de la Croix-Rouge et des premières rues d'Issoudun.