NEUVY-PAILLOUX
puis page chez la marquise de Romagnési, en dernier lieu greffier des vivres à Versailles et avocat consultant à Issoudun ; — enfin du Père Guillaume-François Berthier (1704-1782), continuateur de l'histoire de VEglise gallicane du P. Brumoy, rédacteur du journal de Trévoux, mais que ses modestes travaux eussent laissé mourir dans l'oubli, si Voltaire n'eût pris la peine de l'enterrer tout vivant dans une de ses facéties où il a raconté dévotement à sa manière la Maladie, la confession, la mort et Vapparition du révérend père. — Le célèbre tragédien Baron,
Du Théâtre-Français, l'honneur et la merveille,
tient aussi à Issoudun par son père, tanneur de la ville, qui s'éprit d'une comédienne et se mit de la troupe pour suivre sa belle.
Si la ville offre un air d'aisance et de bien-être, le paysage qui l'entoure et que son coteau domine, s'égaye aussi de la verdure des vignes, des noyers, des peupliers épars le long des ruisseaux; mais bientôt l'aspect change. Un tiers à peine de l'arrondissement d'Issoudun est entrecoupé de ruisselets, de haies, -de bois; c'est, comme on dit, le Bois-Cliaud. Le reste, tout différent de température, de mœurs, de culture, est la triste Champagne, pays plat, nu, sans arbres, coupé en grandes exploitations, où se promènent à l'aise les nombreux troupeaux qui fournissent cette laine fine et douce, trésor des fabriques d'Issoudun et de Châteauroux.
A moins d'un kilomètre de la gare, on traverse, sur un pont de Marches de 5 mètres 95 de long, le ruisseau de Saint-Jean-Varenne, qui donne son nom au village voisin et qu'on longe à gauche jusqu'à sa source. On dépasse successivement divers groupes d'habitations, une Ubine, le village de Saint-Jean sur une petite ondulation de terrain; — et un peu plus loin, toujours à gauche, le gros bourg de Thizay (530 h.) avec son église, termine le plateau nu. La voie ferrée se continue à travers la vallée plate et marécageuse, qu'exploitent des maraîchers.