‹ De Paris a AgenChapitre 58 sur 154 · STATION. — LOTHIERS · texte numérisé non relu

STATION. — LOTHIERS

5 kil. de LuanU - 280 kil. de Paris. — tao kil. de Limoges.

Lothiers n'est qu'un petit hameau (109 hab.) de la commune de Luant, placé à un kilomètre et demi au nord-est de la station, au

point où s'embranche, au milieu d'étangs, la route de Poitiers sur celle de Toulouse.

A mesure qu'on s'éloigne de Lothiers l'horizon s'agrandit et le paysage s'égaye. Après une courte traversée de landes et de taillis, dès la descente du plateau, le terrain devient plus accidenté et la contrée se peuple de vieilles fermes où l'aisance reparaît. Plusieurs tranchées se succèdent à travers de petits mamelons, la dernière en plein roc, pour aboutir au tunnel des petites roches, long de 1040 mèt. , au sortir duquel éclate tout à coup une saisissante perspective sur la riante vallée de la Bouzanne, toute couronnée vers le sud de hautes collines boisées et que Ton domine du faite d'un magnifique viaduc de 12 arches, qui se termine à la gare même de Chabenet.

39* STATION. — CHABENET.

9 kU. de Lothiers. — 5 kiï. d'Argenton. — 2S9 kil. de Paris.

111 kil. de Limoges.

La station de Chabenet (295 hab.), ham. de la commune de Saint-Marcel, dessert les nombreux fours à chaux situés tout aux alentours et au pied môme du viaduc , et qui alimentent, par un travail de jour et de nuit, les départements de la Vienne et de la Creuse , déshérités sur leur plus grande étendue de marne et de pierre calcaire. Elle doit son nom à un vieux château féodal, autrefois enceint de quatorze tours et de formidables fossés, rebâti au xv« siècle et tout récemment restauré par le propriétaire, M. de Poix. On aperçoit de loin dès l'arrivée, sur la droite, cinq des tours dont une, à l'angle, carrée; —sur l'extrémité opposée vers l'ouest, se détachent du groupe deux autres tours rondes accouplées, sans toits, couronnées d'une blanche ceinture de créneaux et de mâchicoulis, — et derrière, comme un faisceau noir de toits pointus.

A 2 kil. du village, la route d'Argenton à Saint-Gaulthier traverse la Bouzanne, qu'elle suit presque jusqu'à son confluent dans la Creuse. Du pont où s'abrite modestement la charmante et pittoresque chapelle, à porte ogivale flamboyante, de Pont-Chrétien, ancien prieuré de Saint-Gildas, appartenant, comme Chabenet, à M. de Poix, on aperçoit dans la presqu'île formée par la rencon-

CHABENET* 143

tre de la Bouzanne et de la Creuse, le château de Bronte avec les débris de son enceinte et ses quatre tours, dont trois rondes, l'autre carrée, qui dominent la route, — plus loin sur la rive gauche de la Creuse, le manoir de Conive, habitation moderne enclavée entre deux vieilles tours rondes, qu'entourent des fermes. — Par delà la route et la Bouzanne, dans l'angle formé par la route de Poitiers, qui s'écarte dans la direction du nord-est, se cachent les châteaux du Saulier et de Montusson, derrière des bois, sur la commune de Chasseneuil. En inclinant à gauche, la route du Pont-au-Cluseau , une des plus pittoresques du pays, conduit en quelques minutes à Saint-Gaulthier (3 kil.), où un pont suspendu traverse la Creuse. L'église, curieux spécimen de l'art romanobyzantin, est en plein cintre, à piliers massifs carrés, surmontés d'étranges chapiteaux , avec un lourd clocher carré que termine une flèche aiguë. — (Pour l'excursion des rives de la Bouzanne, voir Argenton, p. 149).

Au sortir de la station de Chabenet, on s'engage dans une tranchée perreyée, à l'endroit même où, pour le piéton, une rampe rapide, qui suit la voie de fer, à droite, ouvre sur la vallée une échappée splendide, à peine entrevue par le train en marche ; une vaste prairie entrecoupée d'eaux vives encadre dans un admirable rayon de verdure, d'une part des bois penchés sur la colline, de l'autre une forêt pressée de peupliers, — des taillis, et par-dessus le tout, la masse imposante et tout en saillie du château avec sa terrasse d'enceinte surplombant sur le vallon; — au fond, le petit prieuré de Pont-Chrétien, et plus loin, à l'extrême horizon, la flèche de Saint-Gaulthier. Bientôt à droite reparaissent les coteaux et la vallée de la Creuse, le moulin de Saint i/onn, et, sur une éminence voisine, le castel à tourelle grise de Palis. On pénètre de nouveau dans une tranchée calcaire et la voie ferrée décrit une courbe en rasant le pied du coteau et des vignes de Saint-Marcel. C'est la commune dont dépend Chabenet, et un des points les plus intéressants du parcours, que Ton peut également visiter à l'aise, soit de Chabenet qui n'en est distant que de trois kilomètres, soit d'Ârgenton dont on aperçoit devant soi le clocher blanc et tout dentelé, à l'extrémité du long et droit sillon de la voie ferrée bordée de vignes.

D'ORLÉANS a limoges

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