‹ De Paris a AgenChapitre 64 sur 154 · GARGILESSE · texte numérisé non relu

GARGILESSE

groupent autour de l'église, plantée sur le rocher central, et s'en vont en pente par des ruelles étroites jusque vers le lit d'un délicieux petit torrent, dont à peu de distance les eaux se perdent encore plus bas dans la Creuse.

a C'est un petit chef-d'œuvre que l'église romano-byzantine. La commission des monuments historiques l'a fait réparer avec soin. Elle est parfaitement homogène de style au dehors et charmante de proportions. A l'intérieur le plein cintre et l'ogive molle se marient agréablement. Les détails sont d'un grand goût et d'une riche simplicité. On descend par un bel escalier à une * crypte qui prend vue sur le ravin et le torrent. Mais des curieuses fresques que j'ai vues autrefois dans cette crypte, il ne reste que des fragments épars, quelques personnages vêtus à la mode de Charles VII et de Louis XI, des scènes religieuses d'une laideur naïve et d'un sens énigmatique ; ailleurs quelques anges aux longues ailes effilées, d'un dessin assez élégant et portant sur la poitrine des écussons effacés. Malgré la sécheresse de la roche, l'humidité dévore ces précieux vestiges. Quelque source ' voisine a trouvé assez récemment le moyen de suinter dans le mur, où j'ai encore vu, il y a trente ans, les restes d'une danse macabre extrêmement curieuse. Les personnages glauques semblaient se mouvoir dans la mousse verdâtre qui envahissait le mur. C'était d'un ton inouï en peinture et d'un effet saisissant.

t Le Christ assis, nimbé entièrement, qui surmonte le maître autel de la nef supérieure, est d'une époque plus primitive, contemporaine, je crois, de la construction de l'église. On jugerait d'une fresque exécutée d'hier par un de ces peintres gréco-byzantins qui, en l'an 1000, parcouraient nos campagnes et décoraient nos églises rustiques.

« Le tombeau de Guillaume de Naillac seigneur du lieu au sur» siècle, représente un personnage couché, vêtu d'une longue robe, Taumônière au flanc, la tête appuyée sur un coussin que soutiennent deux angelots* Sa colossale épée repose près de lui. A ses pieds est le léopard passant de son blason. Il y a trente ans, ce sévère personnage était encore en grande vénération, sous le nom

Page 1