‹ De Paris a AgenChapitre 7 sur 154 · CHOISY-LE-ROI · texte numérisé non relu

CHOISY-LE-ROI

Choisy, sur les bords de la Seine. Ce fut dans ce château, où elle avait tant de fois pleuré l'absence de Lauzun, détenu à Pignerol, qu'elle donna au jeune duc du Maine son duché d'Aumale, son comté d'Eu et sa principauté de Dombes, en échange de la grâce de son amant, grâce qui avait été obtenue à ces conditions et que lui apportait elle-même Mme de Montespan, la mère du duc du Maine. Mais le chagrin l'avait tellement changée que Lauzun n'eut pas assez de reconnaissance pour lui rester fidèle. De l'abandon il osa môme en venir à l'outrage.

Entre Choisy et Ablon.

A la mort de la grande Mademoiselle, comme l'appelait Bossuet, le château de Choisy devint successivement la propriété du grand dauphin, de Mme de Louvois, de la princesse de Conti, du duc de la Vallière, et enfin de Louis XV, qui le fit démolir pour en construire un autre plus agréable, destiné à lui servir de petite maison. Choisy- Mademoiselle s'appela dès lors Choisy-le-Roi. Dans cette résidence favorite, pour laquelle il dépensa des sommes énormes, Louis XV venait souvent oublier sa royauté et la faire tristement oublier aux autres. Aussi l'auteur de Y Art d'aimer,

Gentil Bernard, fut-il pourvu d'une véritable sinécure, lorsqu'on lui confia la bibliothèque de ce séjour du plaisir.

Le château a été détruit; des fabriques l'ont remplacé. Choisy n'y a point perdu; Pindustrie et le commerce y sont florissants, surtout depuis l'établissement du chemin de fer, aussi la population, qui ne dépassait point 3000 âmes il y a une vingtaine d'années, dépasse-t-elle aujourd'hui le chiffre de 5000.

Ghoisy-le-Roi communique avec la rive droite de la Seine par un pont construit en 1810. Sa belle verrerie fondée en 1820 n'existe plus; mais il possède encore une manufacture de faïence (dans les ruines du château), des fabriques de maroquin, de soude, de produits chimiques, de toiles cirées, etc.

Le cimetière renferme le tombeau de Rouget de Lisle, Fauteur de la Marseillaise, né àLons-le-Saulnier en 1760 et mort à Ghoisyle-Roi le 27 juin 1836.

On a aperçu un instant la Seine, près de Ghoisy-le-Roi, mais elle disparaît bientôt pour ne se remontrer qu'aux environs d'Ablon. On laisse ensuite sur la droite le hameau de Grignon, puis Orly, village de 659 hab., toujours fier de la belle résistance qu'opposèrent, en 1360, deux cents de ses habitants à l'armée anglaise , et enfin Villeneuve-le-Roi, v. de" 403 hab. ( menhir de Pierre-Frite ; fontaine de Saintot alimentée par un canal souterrain de 100 mètres ; découverte de huttes gauloises souterraines; portail d'une abbaye du xni e siècle ; église de plusieurs époques et surtout de la fin du xiu« siècle, renfermant de belles boiseries du xvii° siècle et dos tableaux en relief sur bois; château — il n'en reste qu'un pavillon — bâti en 1697 par le ministre Claude le Pelletier). Sur la rive opposée de la Seine on voit de loin le joli bourg de Villeneuve' Saint-Georges (169 hab.), côtoyé par le chemin de fer de Lyon.

Entre Orly et Villeneuve-le-Roi, on est sorti du département de la Seine pour entrer dans le département de Seine- et-Oise.

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