CROZANT
propriété royale, où vint quelques heures séjourner Henri IV avec une brillante troupe de dames et de gentilshommes (1605), et que Louis XIII engagea, en 1639, avec faculté de rachat, à Gabriel Foucault, seigneur de Saint-Germain-Beaupré, pour le prix de dix-huit mille livres. Depuis longtemps ce n'était plus alors qu'un gîte inhabitable et abandonné.
Vis-à-vis de Grozant, sur l'autre bord de la Sédelle, se cache derrière le plateau le petit château des Places, en partie reconstruit au xvn e siècle par un des derniers seigneurs de Grozant et de Saint-Germain. Une chapelle de Notre-Dame y attire encore chaque année de nombreux pèlerins.
V église de Grozant n'offre de remarquable que le chœur, plus étroit que la nef et formé de deux arcs doubleaux à ogive, dont Tare intérieur retombe sur une colonne à chapiteau de feuillages entrelacés. Le portail principal est percé d'une baie ogivale composée de trois voussures cannelées avec quatre feuilles et de deux tores nus que supportent des colonnettes à chapiteaux ornés de bourgeons. Au-dessus, sur toute la surface soutenue par deux contre-forts bas, court une corniche avec moulures, reposant sur des modillons à figures d'hommes ou d'animaux. Le pignon est éclairé par un oculus moderne. A gauche, près de la porte restent accostées debout une colonne et une colonnette à chapiteaux romans, qui ont dû faire partie, comme les deux piliers du chœur, d'un édifice antérieur. Devant le portail se dresse le socle d'une croix très-antique en granit dont un débris, tout près de là perdu dans un amas de pierre, représente à mi-corps le Christ grossièrement sculpté. Il vaudrait la peine d'être recueilli.
Il faut s'arrêter pour déjeuner chez Lépinat, Au rendez-vous des touristes. L'enseigne extérieure, au-dessus de la porte d'entrée, représente une vue de Grozant, peinte à la truelle par M. Charles Donzel, visiteur assidu des paysages du Limousin et de la Creuse, qui s'est plu à décorer dans la même auberge un des panneaux de sa chambre. Dans la salle du premier étage se remarquent aussi des dessins au fusin (1861) de Lansyer qui a obtenu une médaille au salon de 1865.
Si l'on ne tient pas à revenir à Éguzon, il est facile, sans allonger sa route, de gagner Saint-Sébastien (7 kil.). On franchit la
D'ORLÉANS A LIMOGES
Sédelle, sur un pont de bois pittoresque, au moulin de la Folie, et Ton gravit, en suivant le ruisseau à mi-côte, un joli chemin accessible aux voitures, qui, passant à travers un bois de chênes, de charmes et de châtaigniers, aboutit en pleine lande. Le sentier, coupant la route de Dun, s'engage dans une allée ombreuse, jusqu'à un carrefour. En prenant à droite le chemin battu, qui monte des Places, on laisse bientôt, à sa droite encore, VAge- Quatremaux et Ton n'a plus à se détourner pour arriver, en passant par Marainan (à g.) et Vaussujean, jusqu'à la station de Saint-Sébastien.